Depuis quelques mois, je suis l'heureux possesseur d'un Amstrad CPC. Qui était livré avec quelques jeux en bundle, dont Sabre Wulf. Ce jour là, je jour donc à Sabre Wulf, un jeu que je n'ai d'ailleurs jamais terminé. C'est un jeu d'action, on dirige un petit bonhomme avec une épée, qui permet de pourfendre différents ennemis. Mais il y a un ennemi spécial, le Wulf, une espèce de loup garou, que l'épée ne peut vaincre. La seule manière de gérer le Wulf, c'est donc de fuir.
Détail important, Sabre Wulf est un jeu écran par écran. il n'y a pas de scrolling, comme dans les équivalents modernes. Le décor le bouge pas. Le héros bouge dans un décor fixe, et quand il arrive au bord de l'écran, un nouvel écran se charge, et ou joue dans ce nouvel écran. Et, parfois, on voit le Wulf qui se balade, et on s'enfuit vite fait pour passer par ailleurs.
Sauf que ce jour là, non, le Wulf ne se balade pas tranquillement. Il spawne directement devant mon personnage, j'ai à peine une demis seconde pour réagir. transi de terreur, je ne bouge pas, et le Wulf dévore mon personnage. Game over, je suis mort. Et surtout, je suis pétrifié de terreur, je reste immobile devant le CPC, sans bougé, pendant une demie heure. Je n'ai jamais rejoué à Sabre Wulf.
Si l'histoire s'arrêtait là, la morale en serait évidente. Mais, justement, non, cette histoire a un deuxième épisode, bien plus sombre encore, qui lui donne une toute autre dimension, et une toute autre signification.
Eté 1990. Lac d'Aiguebelette. Je suis en vacances, et m'amuse à nager, plonger, et faire de l'apnée. J'adore ça, et sans être un pro, je suis plutôt bon. Le reste de la famille est au loin, ma mère traverse le lac, mon père et ma sœur regardent les planches à voile. Moi, je tombe sur un ponton en plastique beige. Je passe une première fois dessous, par curiosité. Et il me semble qu'il y a une petite cavité avec de l'air, dedans.
On est un peu téméraire à 14 ans, on prend parfois des décisions trop rapidement. Je décide de tenter un coup qui parait rigolo : aller respirer dans cette cavité. Et hop, me voilà à nouveau sous le ponton, cette fois ci à l'arrêt, essayant de respirer. Sauf que ça ne marche pas. J'ignore si c'est parce que je m'y suis mal pris, ou si c'était réellement impossible, l'espace étant trop restreint. Ce qui est sur, c'est que je me retrouve les poumons presque vides, dans une position ou je ne peux pas respirer, coincé sous un ponton, et une peur panique absolue m'envahit. La peur de la mort, la mort immédiate.
La peur de la mort immédiate? grâce à Sabre Wulf, désormais, je connais, et je sais que je dois être plus rapide que le danger pour revenir en arrière. A l'écran précédent, c'est à dire la surface du lac, à coté du ponton. Ou je respire du meilleur aire qu'il m'aie jamais été donné de gouter. Cette fois ci, j'ai échapper au Wulf. J'ai échappé à la mort. La vraie.
La morale de cette histoire, c'est que tirer une morale d'une histoire, ça me parait bien présomptueux.