A toutes les gloires de la France.

Bébert
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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Bébert »

Emp_Palpatine a écrit :
ven. janv. 31, 2020 11:22 am
Bébert a écrit :
ven. janv. 31, 2020 10:39 am
Bon, et sinon, elle en est où la rente? Parce que c'est ça qui compte au final! :chicos:
Avec l'élection du bureau de la Chambre et la nomination d'une Commission exécutive du Parti de l'Ordre, la rente a fait un bond notable. :o:
Il est donc temps d'acheter quelques terrains autour de la maison de monsieur de Balzac, près des limites de la seigneurie de Passy...cette colline en bord de Seine est promise à un grand avenir!
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Chef Chaudard
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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Chef Chaudard »

Bébert suit au pied de la lettre les préceptes de Guizot !
- On se bat, on se bat, c'est plutôt qu'on est comme une espèce de poste avancé, quoi. Dans le cas que... comprenez, une supposition, que les Allemands reculent, crac, on est là!
- Pour les empêcher de reculer...
- Non, pour euh..., la tenaille quoi.

Coelio
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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Coelio »

Bébert a écrit :
dim. févr. 02, 2020 11:30 pm

Il est donc temps d'acheter quelques terrains autour de la maison de monsieur de Balzac, près des limites de la seigneurie de Passy...cette colline en bord de Seine est promise à un grand avenir!
Mon cher Maître,

Je me chargerais bien volontiers de vous assister dans cette petite opération.

Votre bien dévoué.

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Emp_Palpatine
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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Emp_Palpatine »

La lutte entre les radicaux et l'Assemblée nationale.

I. Stupeur et fureur des radicaux face aux résultats. Emotion envers les événements de Hongrie et d'Italie. Manifestation radicale. L'envahissement de l'Assemblée Nationale. L'Assemblée tient bon. II. Les meneurs sont arrêtés. Scrutins partiels et élection de Louis-Napoléon Bonaparte. Démission du Prince. Riposte de l'Assemblée contre les radicaux.

I.
Ce serait un euphémise que d'affirmer que le résultat des élections constituantes, la composition de l'Assemblée Nationale Constituante et de la Commission Exécutive ne satisfaisaient pas le parti radical. Les chefs républicains radicaux et socialistes avaient cruellement échoue aux élections. Pour expliquer leur déconvenue et, sûrement, pour préserver leurs illusions, ils multipliaient les excuses inventives : le suffrage universel avait menti, avait été trompé ou on l'avait faussé; il fallait dissoudre cette Assemblée réactionnaire et faire d'abord l'éducation du peuple avant de procéder à de nouvelles élections dont on espérait un résultat plus conforme aux attentes radicales. S'ils n'essayèrent pas de se défaire de l'Assemblée au moment de sa réunion, ce fut pour mieux préparer leurs attentats futurs.
Alors que l'Assemblée commençait ses travaux, les nouvelles d'Europe et particulièrement de Hongrie et d'Italie retentissaient chaque jour. Les malheurs des peuples excitent toujours en France une émotion certaine. Les meneurs radicaux y virent une occasion d'exciter les passions populaires, à tout le moins de remobiliser leurs clubs et d'exploiter l'agitation à leur profit. Ils annoncèrent une pétition en faveur de la Hongrie et de l'Italie que la masse du peuple devait porter à l'Assemblée. Le parti radical espérait ainsi atteindre son objectif en le maquillant : le peuple devrait appuyer des projets qu'il ne connaissait pas, le gouvernement et l'Assemblée se laisseraient renverser sans s'y attendre.

La manifestation avait été annoncée pour le 11 octobre. Ce jour là, vers dix heures, les clubs et les corporations s'organisèrent place de la Bastille. Une grande quantité de bannières et des drapeaux de toutes nations flottaient, donnant un air de fête à l'ensemble. La manifestation se mit en marche et descendit les boulevard, criant "Vive l'Italie!" "Vive la Hongrie!" "Vive la Pologne!". Bientôt se mêlèrent les cris de "Vive la République démocratique! Vive Barbès! Vive Louis Blanc!" La multitude arriva vers une heure sur la place de la Concorde. Un demi-bataillon de Garde Nationale et quelques deux cents gardes mobiles gardaient le pont. Devant l'avalanche radicale, le général commandant donna l'ordre de laisser passer une foule qu'il croyait pacifique. L'Assemblée fut bientôt entourée: on escalada les grilles et commença alors une scène indescriptible.

La première irruption se fit par les tribunes publiques, dont les envahisseurs connaissaient le mieux le chemin. De là, comme un essaim de sauterelles, ils se déversèrent au milieu de la salle, criant, vociférant. Ils se sont alors précipités de toutes parts, sans but apparent jusqu'à ce qu'ils parvinssent à ouvrir toutes grandes les portes principales pour recevoir leurs camarades.
Dans les travées de l'Assemblée, on avait fait circuler l'avis que tous les députés restassent immobiles à leurs places; cette attitude fut presque unanimement adoptée. La tribune était occupée par une douzaine de personnes à la fois, dont Louis Blanc, Barbès, Raspail. Ce dernier, présidant au milieu de la tribune, n'accordait la parole qu'à ceux qu'il lui convenait de laisser parler. Les représentants, toujours à leurs places, ne prenaient aucune part à cette comédie. Au milieu de ce tumulte, on avait lu la pétition de Raspail relative à la Hongrie et à l'Italie. De toutes parts éclatèrent les cris de "Blanqui à la tribune!". Il y parut. Ses premiers mots furent pour les nations soulevées, il demanda la guerre générale et bientôt parla république démocratique et de socialisme.

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Mais voici alors que le tambour se fit entendre. C'était la garde nationale et la garde mobile qui accourraient pour défendre l'Assemblée. Le temps se faisant compté, Barbès exigea que l'Assemblée se mêlât au peuple, qu'elle votât le départ de l'armée en Italie et en Hongrie, un impôt d'un milliard, le ministère du Travail. Louis Blanc fut quant à lui entouré et porté en triomphe. Alors que le tambour se rapprochait, un radical barbuy, figure familière de ces événements, monta à la tribune et fit entendre ces paroles :
"Au nom du Peuple français

trompé par ses représentants,


nous déclarons l'Assemblée nationale dissoute! :P "

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Des exclamations bryantes éclatèrent, Barbès est porté en triomphe tandis que les insurgés écrivent sur les bancs des représentants des bulletins de vote pour nomme un gouvernement provisoire. Un ouvrier, à la tribune, énonça la liste suivante : Barbès, Louis-Blanc, Ledru-Rollin, Blanqui, Huber, Raspail, Caussidière, Etienne, Arago, Albert, Lagrange. D'autres voix ajoutèrent Raspail et Proudhon. On plaça sur le bureau du président un drapeau et une épée surmontés du bonnet rouge. Un pompier s'en empare, monte sur la table et agite le drapeau dans tous les sens.

A ce moment, un cri retentit de divers côtés : "La garde mobile! la garde mobile!" Le tambour bat en effet la charge à l'intérieur même du palais, dans les couloirs, dans la salle. Baïonnettes brillantes, les mobiles se précipitent par les portes béantes. D'autres envahissent les tribunes et braquent leurs fusils sur la salle.
Les envahisseurs reculent.
Une légion de la Garde Nationale paraît, la salle se remplit de représentants, l'hémicycle de Gardes Nationaux. Le président Dupin remonte à la tribune, à côté de lui, le colonel de la Garde Nationale dit d'une voix ferme "Au nom de la Garde Nationale tout entière, je proteste contre la violation qui vient d'avoir lieu". Lamartine monte à la tribune, plusieurs membres de la Commission exécutive derrière lui. Les tambours battent le ban. On remercie la Garde nationale en quelques mots et bientôt on appelle à marcher sur l'Hôtel de ville pour se saisir des factieux.

Barbès et Albert s'y trouvaient déjà. Se croyant victorieux, ils avaient quitté l'Assemblée avant l'arrivée de la Garde Nationale et attendaient le retour des autres vainqueurs en rédigeant une proclamation confirmant la dissolution de la Chambre, dissolvant la Garde Nationale et ordonnant le soutien immédiat à la Hongrie et à l'Italie.
Tout à coup, ils sont interrompus. Un officier de la Garde Nationale paraît.
"Que voulez-vous?" lui dit Barbès
- Que faites vous là? dit à son tour l'officier.
- Je suis membre du nouveau gouvernement provisoire, je vous ordonne de vous retirer.
- Eh bien moi, au nom de l'ancien, je vous arrête.
Les gardes entrés à sa suite s'emparèrent de Barbès et d'Albert qu'on garda à vue.
On entendait rouler le canon sur la place de l'Hôtel de ville, cerné de toutes part. On procéda aux arrestations, dont cette de Raspail et de Blanqui. L'Assemblée ayant voté des remerciements à la Garde Nationale et à la Garde Mobile se sépara. La journée du 15 mai était terminée mais tous les partis allaient bientôt chercher à prendre leur revanche, fusse au prix d'une bataille.

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Arrestation de Blanqui

II.

L'Assemblée, irritée de l'outrage que lui avaient infligé les factieux, entendait poursuivre activement la répression de l'attentat et de tout ceux qui lui semblaient en avoir été complice. Face à sa pire crainte, être ballotée comme la Constituante de 1791 le fut, être soumise aux clubs comme la Convention, elle entendait bien réagir. Le lendemain de sa violation, elle autorisa les arrestations et les poursuites contre les meneurs du 11 octobre. Les chefs radicaux, arrêtés, furent déchus de leurs mandats tandis que ceux qui avaient échappé à la répression pendant l'émeute furent saisis chez eux ou tentant de fuir.
Il fallu alors compléter le nombre des représentants, purgés des éléments qui avaient tenté de renverser l'Assemblée. Leur résultat à Paris offrit de singulières contradictions : triomphèrent à la fois des champions de l'ordre, plébiscités par la bourgeoisie et des champions du communisme, tel que Proudhon qui était resté prudemment à l'écart de l'envahissement.
Mêlé à tous ces noms, un autre intrigua : le Prince Louis-Napoléon Bonaparte fut élu dans trois départements. Cette élection troubla la Commission comme la majorité. Les plus intelligents comprirent vite le poids que le nom de Napoléon pouvait peser. Profitant de l'outrage de l'Assemblée, Lamartine essaya d'emporter par un vote un décret de bannissement contre le Prince Louis-Napopléon. D'une élection partielle survenait un événement majeur et bientôt on n'entendait plus qu'un seul nom, celui du Prince. Le jour où le Prince devait prendre son siège, la Commission fit entourer le Palais Bourbon d'un grand appareil militaire et celà ne fit qu'exciter encore plus la curiosité déjà vive de la foule. On parla d'incidents, de début d'émeute, de cris de "Vive l'Empereur!". Marquant l'échec des tentatives pour réactiver la loi d'exil des Bonaparte, le prince fut admis à siéger.
Cependant, informé des incidents et de l'hostilité de la Commission exécutive, le Prince Louis-Napoléon écrivit au président de l'Assemblée une lettre dans laquelle il renonçait à son siège, ne voulant pas être le prétexte de troubles supplémentaires. Le Prince annonçait repartir à Londres mais également se ternir prêt à servir si la France persistait à lui imposer des devoirs et s'engageant à rentrer quand les troubles seraient apaisés.

Ça n'était là qu'une des affaires importantes qui préoccupaient l'Assemblée et la Commission exécutive. Concentrée sur leur riposte au radicalisme, les autorités étaient décidées à en extirper les racines et à éliminer les sources, perçues ou réelles, de l'empoisonnement d'une partie de l'opinion alors que l'incendie semblait couver. On décida qu'il fallait se délivrer des milliers d'hommes des Ateliers Nationaux, embarras quotidien pour les finances et péril perpétuel pour la sécurité publique, ainsi que des clubs qui encourageaient au soulèvement et faisaient planer l'ombre de la grande Terreur. L'Assemblée demanda ainsi la dissolution des Ateliers Nationaux et la levée des lois exceptionnelles prises par le Gouvernement provisoire au lendemain de la révolution de mai. Un décret fut pris, enjoignant les membres des Ateliers à cesser d'en faire partie ou de s'enrôler dans l'armée. Les Ateliers Nationaux avaient vécu.
Simultanément, l'Assemblée vota une limitation des activités des clubs s'apparentant à une interdiction de fait de ces derniers. la mèche était allumée.
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Vous pensez tous que César est un con? Vous pensez que le consul et son conseiller sont des cons? Que la police et l'armée sont des cons? Et vous pensez qu'y vous prennent pour des cons? Et vous avez raison, mais eux aussi! Parce que depuis le temps qu'y vous prennent pour des cons, avouez que vous êtes vraiment des cons. Alors puisqu'on est tous des cons et moi le premier, on va pas se battre.

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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Chef Chaudard »

Honte aux fossoyeurs de la liberté du peuple !!!
Vive Blanqui !
La Griffonerie appelle à l’insurrection, droit le plus sacré du peuple quand il est opprimé !
- On se bat, on se bat, c'est plutôt qu'on est comme une espèce de poste avancé, quoi. Dans le cas que... comprenez, une supposition, que les Allemands reculent, crac, on est là!
- Pour les empêcher de reculer...
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Emp_Palpatine
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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Emp_Palpatine »

La guerre civile de Novembre 1848

Inéluctabilité de l'affrontement. La fermeture des Ateliers nationaux fait fermenter les milieux radicaux. Premiers rassemblement. Premières barricades. Stratégie du Général Cavaignac. Premiers combats, détermination de l'émeute. L'Assemblée vote la dictature du général Cavaignac. Progrès contre l'émeute. Dévouement et mort de plusieurs notables. Prise du Faubourg Saint-Antoine. Paris après les combats. Le radicalisme écrasé.

A tout esprit lucide, la chose était apparue comme évidente : comme ses prédécesseurs de la Grande Révolution, l'Assemblée Nationale ne ferait pas l'économie d'une épreuve de force avec les clubs et autres mouvances radicales qui maillaient la capitale, qui avaient été excités et revigorés par les événements de mai. La violation de l'Assemblée, le 11 octobre, fut perçu à juste titre comme une déclaration de guerre.
L'Assemblée riposta en préparant la fermeture des Ateliers Nationaux et en adoptant une législation venant limiter les activités des Clubs politiques. Ces mesures excitèrent la plus vive fermentation au sein des milieux concernés. Déjà, les radicaux avaient été échauffés par l'arrestation de leurs chefs. l'annonce de la fermeture des ateliers porta la colère à son comble.
Bientôt, le 12 novembre, on vit se former les premiers rassemblements. Un millier d'hommes se réunit place Saint Victor et parla de se rendre au Luxembourg, menés par un exalté du nom de Pujol. Arrivée au Luxembourg, la discussion entre la multitude et les autorités tourna court devant inconciliabilité des positions. Pujol quitta les lieux avec sa foule vociférante qui se dirigea vers le Faubourg St Antoine. Le soir, elle s'était réunie place du Panthéon, considérablement grossie. Pujol fit une harangue au cours de laquelle il promit au peuple la vengeance pour le lendemain.
Le lendemain, les agitateurs furent fidèles au rendez-vous, une foule tumultueuse et menaçante s'était rassemblée sur la Place du Panthéon. Elle se disposa à marcher sur le Luxembourg lorsque la 11ème Légion de la Garde Nationale l'arrêta. La foule changea de direction et s'empara alors de la place de la Bastille. De là, les émeutiers se répandirent dans les quartiers environnants et les premières barricades s'élevèrent. Sur un grand nombre étaient des brigadiers des ateliers nationaux et des des gardes nationaux des quelques légions les plus suspectes. La Commission Exécutive et l'Assemblée comprirent que la bataille était inévitable. Elles l'acceptèrent.

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Pour se prémunir d'une cacophonie similaire à celle du mois de mai, le commandement fut centralisé : la Ligne, la Garde Nationale, la Garde Républicaine, la Garde Mobile furent mises entre les mains du Général Cavaignac. Ce général était l'homme du moment. Républicain modéré, il garantissait le soutien de quasiment toute l'Assemblée et permettrait de se défendre de l'accusation à venir de répression réactionnaire. La Commission exécutive lui avait offert le portefeuille de la guerre au lendemain de l'invasion de l'Assemblée. Homme d'ordre auréolé de sa carrière africaine, Cavaignac avait serment de ne pas laisser l'armée être humiliée comme en mai. Sa stratégie s'appuyait sur les leçons des deux dernières révolutions: il s'appliqua à maintenir les communications, à protéger l’Hôtel de Ville et l'Assemblée. Il décida, également, de laisser l'insurrection se développer, sûr de l'écraser plus efficacement et peu soucieux du coût humain. Le plan fut appliqué scrupuleusement, le quartier général était à l'Assemblée et à aucun moment les communications ne furent coupées. Les ordres comme les vivres et les munitions arrivèrent toujours rapidement. En 1830 on avait manqué de tout.

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Louis-Eugène Cavaignac

L'insurrection occupait déjà la moitié de la capitale, depuis le clos Saint Lazare jusqu'au Panthéon. Son centre était la place de la Bastille. Son but évident était de descendre des hauteurs pour prendre l’Hôtel de Ville et y proclamer son gouvernement puis, de là, balayer l'Assemblée. La Garde Nationale et la Mobile rassurèrent bientôt Cavaignac sur leurs intentions: presque seules elle soutirent les combats du premier jour de l'émeute. Les combats commencèrent à la porte Saint Denis. Difficilement, les gardes Nationaux commandés par Lamoricière emportèrent les barricades du lieu. Le manque d'homme empêche, cependant, de continuer le combat et le haut des faubourgs appartient toujours aux insurgés. La journée du 12 n'avait eu comme résultat que de révéler le degré de résistance qui serait rencontré. Les légions de la Garde Nationale avaient cruellement souffert et plusieurs officiers et généraux tués ou blessés. Les insurgés avaient montré une résolution laissant prévoir une bataille acharnée. Aucune autorité n'avait été respectée et des représentants venus parlementer avaient été tués.

Le lendemain, dès l'aurore, le canon grondait et la fusillade retentissait partout. A la faveur de la nuit, les insurgés s'étaient fortifiés et pourvus en munitions. Ce matin là, l'Assemblée vota une proclamation expliquant sa résolution et sa volonté de ne pas reculer. Cette proclamation annonçait une grave mesure, commandée par les circonstances : la dictature était confiée à Cavaignac qui pouvait concentrer, au détriment de la Commission Exécutive, tous les pouvoirs qu'il estimait nécessaire au rétablissement de l'ordre. Ce fut à partir de ce moment qu'il agit avec vigueur.
Paris fut mise en état de siège. Les rues étaient occupées militairement, les maisons closes, les passages gardés. Personne ne pouvait circuler. Il fallait cette rigueur pour empêcher les communications des insurgés qui redoublaient de ruse pour s'approvisionner.
L'action se concentra autour du Panthéon, de l’Hôtel de Ville et des Faubourgs Poissonnière et du Temple. L'événement décisif de la journée fut la prise du Panthéon, point central de l'insurrection. En en s'emparant, on la coupait. Les combats furent acharnés et meurtriers, ils coûtèrent la vie au général Damesme. Le soir du 13 novembre, Cavaignac avait donc obtenu des résultats : le Panthéon, la rue Saint Antoine, les faubourgs Poissonnière et du Temple avaient été reconquis. Partout, les offensives des émeutiers avaient été repoussées.

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Prise des barricades du Panthéon.

Le lendemain, le meurtre atroce du général Bréa, parlementaire, alors qu'il venait négocier excita encore plus la répression et un combat acharné ensanglanta le centre de Paris. Au début de l'après-midi, la troupe avait progressé et avançait vers la place de la Bastille. Certains généraux avaient enlevé jusqu'à 78 barricades depuis la veille. La place de la Bastille était immense et paraissait déserte : elle était fermée par d'immenses barricades et sur la colonne de Juillet flottait le drapeau rouge. Les combats étaient lents et acharnés, on se tirait dessus depuis les fenêtres, le canon, ne pouvant détruire les barricades, ciblait les maisons contre lesquelles étaient appuyées ces fortifications.

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C'est en chargeant cet espace balayé par le plomb que tomba le général Négrier. On est frappé, si l'on compare ces événements avec la révolution de Mai et celle de 1830, par la violence des combats et par le nombre d'officiers et d'officiers généraux qui tombèrent dans ces terribles combats de rue. A la liste des généraux s'ajoutaient des représentants du peuple, souvent assassiné et celui d'un pontife illustre. Mgr Affre, archevêque de Paris avait pris la résolution, comme pendant les journées de Mai, d'aller exhorter les combattants à la paix, au besoin en s'interposant. Prévenu par Cavaignac du danger de sa mission, le prélat répondit "Ma vie est si peu de chose!" en se mettant en route. Quittant l'Assemblée, l'Archevêque se dirigea vers la Bastille, consolant les blessés et absolvant les mourants. Arrivé devant la barricade Saint Antoine, le prélat profita d'une accalmie pour s'avancer. Mais, ayant à peine fait une quinzaine de pas, le feu recommença et l'Archevêque tomba. Ramassé par les insurgés, on lui prodigua les premiers secours puis, fut transporté au plais de l'Archevêché par un cortège qui traversa toute la ville au milieu des démonstrations de la plus sincère consternation. Il expira deux jours plus tard.

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La mort de l'Archevêque Denys Affre.

La nuit du 14 au 15 novembre fut calme, comme sonnée par la blessure fatale de Mgr Affre. Cependant, des provinces affluaient les Gardes Nationaux, bien résolus à ne pas laisser une fois de plus s'imposer une révolution par la capitale. l'insurrection, qui désespérait du succès, essaya à son tour de parlementer. Cavaignac exigea une capitulation sans conditions. Les combats devaient donc aller jusqu'à leur terme. Le Faubourg Saint Antoine était le dernier bastion de l'insurrection, à 10 heures du matin, une attaque concentrique débuta. A onze heures et demie, le général Cavaignac annonça la prise du faubourg, les émeutiers, vaincus, avaient capitulé. La troupe occupa dans le même mouvement les communes de La Chapelle et de Belleville, puis celle de la Villette après la prise d'une dernière barricade.

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L'aspect de Paris était lugubre. La moitié de la ville avait servi de champ de bataille pendant quatre jours. Partout, des traces de boulets, des obus; les colonnades, les frontons, les façades, les églises sont mutilés. De nombreuses maisons sont détruites. Dans toutes les rues campent les Gardes Nationaux. L'armée avait perdu plus de généraux que dans une bataille de l'Empire; on estima le nombre de victime à 2529, sans compter les innombrables blessés.

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La dévastation règne en ville.

Alors que les combats cessent, on procède à des perquisitions sévères, on enlève les armes, on arrête. De longs convois de prisonniers s'acheminent vers les forts, leur nombre est estimé à neuf mille. Le général Cavaignac ordonna également la suspension de douze journaux Le radicalisme était écrasé.

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La Garde Nationale écrasant le radicalisme, imagerie populaire.
Modifié en dernier par Emp_Palpatine le jeu. mars 26, 2020 1:14 pm, modifié 3 fois.
Vous pensez tous que César est un con? Vous pensez que le consul et son conseiller sont des cons? Que la police et l'armée sont des cons? Et vous pensez qu'y vous prennent pour des cons? Et vous avez raison, mais eux aussi! Parce que depuis le temps qu'y vous prennent pour des cons, avouez que vous êtes vraiment des cons. Alors puisqu'on est tous des cons et moi le premier, on va pas se battre.

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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Emp_Palpatine »

J'ai repris le nom donné par les contemporains à ces événements, dont Marx et pas mal de mes sources pour l'AAR : guerre civile. C'est justifié considérant l'ampleur des opérations et le nombre de victimes.
Le terme de "journées de juin" (ici Novembre) est sans doute venu plus tard, quand ce fut relativisé, remis dans une certaine continuité et éclipsé par la Commune. :o:
Vous pensez tous que César est un con? Vous pensez que le consul et son conseiller sont des cons? Que la police et l'armée sont des cons? Et vous pensez qu'y vous prennent pour des cons? Et vous avez raison, mais eux aussi! Parce que depuis le temps qu'y vous prennent pour des cons, avouez que vous êtes vraiment des cons. Alors puisqu'on est tous des cons et moi le premier, on va pas se battre.

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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par stratcom »

Plus anecdotique mais si j'en crois cet article, c'est lors des "journées de Juin" que furent prises les deux premières photographies illustrant un article de presse.

https://www.liberation.fr/medias/2002/0 ... ges_403350

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griffon
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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par griffon »

Chaudard c'est perdu !

J'ai pu négocier 3 places à fond de cale sur un navire qui quitte le Havre pour Philadelphie

dans 3 jours ...

C'est notre seule chance ! :sad:
SOL INVICTVS

Au printemps, je vais quelquefois m'asseoir à la lisière d'un champ fleuri.
Lorsqu'une belle jeune fille m'apporte une coupe de vin , je ne pense guère à mon salut.
Si j'avais cette préoccupation, je vaudrais moins qu'un chien


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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Chef Chaudard »

On pourrait pas filer en Belgique, comme Badinguet ?
- On se bat, on se bat, c'est plutôt qu'on est comme une espèce de poste avancé, quoi. Dans le cas que... comprenez, une supposition, que les Allemands reculent, crac, on est là!
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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Emp_Palpatine »

Les suites de la guerre civile et le commencement des travaux de l'Assemblée.

Reconnaissance de l'Assemblée envers le général Cavaignac. Il prend la tête du gouvernement. Service funèbre des victimes de l'insurrection. Principe et action du gouvernement Cavaignac à l'intérieur. Position du gouvernement Cavaignac à l'extérieur. Début des discussions sur la Constitution. Confirmation des décrets du gouvernement provisoire. Préparation d'un premier projet. Nature familière du projet de Constitution.

Voyant l'ordre rétabli dans la capitale, le général Cavaignac vint déposer à l'Assemblée ses pouvoirs illimités. L'Assemblée, par acclamation, déclara qu'il avait bien mérité de la Patrie. Comme il était l'homme nécessaire et comme on craignait les dangers d'un gouvernement trop collectif dans le cas d'une nouvelle urgence, la Constituante décida de se séparer de la Commission Exécutive et de revêtir le général de l'autorité exécutive en attendant l'achèvement de la Constitution. Le général Cavaignac fut donc nommé Président du conseil, en lui laissant le soin de choisir ses ministres. La Commission Exécutive avait vécu, elle n'avait duré qu'un mois.
Le même jour eut lieu la revue des Gardes Nationales accourues de tous les points de la France pour assurer le triomphe de la cause de l'ordre et de la Constituante. Plus de cent mille Gardes Nationaux passèrent devant les représentants et le général Cavaignac, rassemblés devant la grille du Palais Bourbon. Enthousiastes, les gardes nationaux tendaient les mains aux représentants qui les pressaient avec la plus grande effusion. Le défilé dura trois heures puis les gardes nationaux gagnèrent leurs cantonnements respectifs dans la capitale.

Image
Cantonnement de troupes à Paris. La ville n'est plus qu'une garnison gigantesque.

Quelques jours plus tard fut célébré un service funèbre en l'honneur des victimes de l'insurrection. Un autel avait été élevé sur la place de la Concorde, surmonté d'une croix, supporté par quatre colonnes et couronné par un magnifique dais. Le tout n'avait pas moins de vingt mètres de hauteur. La façade de l'Assemblée Nationale et celle de la Madeleine étaient tendues de noir. La foule était immense mais maintenue par la troupe.

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L'Autel installé Place de la Concorde.

Après le service religieux, un cortège se mit en route vers la Madeleine et les morts furent descendus dans les caveaux de l'église, en attendant que les caveaux de la colonne de Juillet fussent mis en état de les recevoir. Pendant plusieurs jours, les convois funèbres se succédèrent. D'abord, celui de Mgr Affre, suivi avec affliction et admiration par la population, puis celles des généraux tués pendant les combats. Paris conserva longtemps un aspect morne, renforcé par la prolongation de l'état de siège demandée par le général Cavaignac à l’Assemblée.

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Le char funèbre à La Madeleine.

Cette décision illustre bien les quelques mois du gouvernement du général Cavaignac : un vide d'événements, une prostration seulement soucieuse d'assurer la sécurité au dedans. Il n'y eut ni plans arrêtés, ni vues élevées, ni grands desseins. Le désir et l'action du général Cavaignac convergeaient vers un seul but : conduire le pays, sans secousse, jusqu'à l'achèvement de la Constitution et aux prochaines élections. Certain d'avoir un rôle national à jouer dans le futur, le général Cavaignac crut inutile de se faire un programme, de fixer une tâche ou de proposer un but hormis son républicanisme modéré et l'enracinement du gouvernement républicain dans le pays. Il ne se rendait pas compte des obstacles à cet affermissement : aveuglé, comme beaucoup de républicains, par les événements de Mai, il sous-estimait la force qu'avaient conservée les opinions monarchiques et le poids de ces dernières, affirmées ou dissimulées, au sein même de la Constituante. C'était un bon militaire, ce n'était point un homme politique.
En plus de la divergence idéologique avec la majorité de la Constituante, ce qui mit le plus à l'épreuve cet attentisme du général Cavaignac fut la tournure que prenaient les affaires extérieures. La révolution se propageait et continuait en Europe et en certains points, touchait directement aux intérêts de la France. C'était surtout en Italie où les regards et les passions françaises se portaient. Charles-Albert y rencontrait ses premiers succès : les armées piémontaises, renforcées de volontaires patriotes italiens, avançaient vers Brescia tandis que dans le milanais les armées royales avaient franchi la ligne frontière du Mincio et battaient les Autrichiens aux portes de Milan. Des cohortes vénitiennes remontaient l'Adige et s'aventuraient jusque dans le Trentin. Le général Cavaignac chaussa les bottes de Lamartine ; il eût pu jouer et faire jouer à la France un beau rôle en Italie, il se contenta d'observer et parfois de vaguement négocier.

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Offensive des Piémontais dans le Royaume Lombard-Vénétien. Les Vénitiens avancent dans la vallée de l'Adige

Pendant que les événements continuaient en Italie, en Hongrie, au Danemark et en Allemagne, la France était paralysée : ses gouvernements se sentaient provisoires et ne faisaient rien. Ils ne désiraient point agir tant que des institutions restaurées n'auraient pas conféré la légitimité suffisante pour se lancer dans des aventures extérieures.

Il fallait pour cela une constitution et, près de deux mois après son élection, la Constituante se mit enfin au travail. D'ardentes palabres occupèrent les représentants pendant de longues journées. Ils commencèrent par confirmer les décrets du Gouvernement provisoire, principalement le suffrage universel, gain essentiel et difficilement contestable de la révolution de 1848. Les équilibres partisans sur les autres questions étaient clairs : le parti de l'Ordre dominait, grâce à son alliance de fait avec les Légitimistes. Du fait de la composition et des vues de cette majorité, les travaux de la Constituante prirent une orientation qui, si elle suscita l'ire de l'opposition, ne surprit guère.
Que comportèrent ces premiers projets d'articles votés par la Constituante ? Les représentants avaient émis le souhait d'un régime bicaméral, dont la chambre basse serait élue et la chambre haute nommée. La responsabilité ministérielle devant les Chambres et devant le chef de l’État fut l'objet d'un autre vote. D'autres vinrent arranger l'initiative législative ou les pouvoirs gouvernementaux.

Ce projet, qui n'avait pas de nom, tout le monde le reconnaissait. C'était la Charte. Projet silencieux sur la forme du régime et sur la nature du chef de l’État, esquisse arguant de la tradition du libéralisme institutionnel français pour justifier des institutions nouvelles qui ressemblaient à celles qui venaient de chuter. C'était bien la Charte. Cela n'allait pas sans les protestations et les contre-attaques de la minorité républicaine de la Constituante qui, à coup d'amendements ou de propositions d'articles, essayait de pousser le Parti de l'Ordre si ce n'est à la faute, du moins à la sincérité. Et pourtant, malgré les démonstrations et la colère des républicains de la veille, l'embarras de certains républicains du lendemain, la Charte ressuscitait de ses cendres, petit à petit, patiemment réanimée, article après article, par la majorité des représentants de la Constituante.
On l'a dit, ce projet, bien avancé courant décembre, restait habilement, si ce n'est hypocritement, silencieux sur la nature du régime et celle du chef de l’État. Les hérauts du Parti de l'Ordre le présentaient comme un projet parmi d'autres, citant les "contre-propositions" du centre et de la gauche républicaine.
Arriva un temps où les esprits poussant ce projet devaient cependant franchir le Rubicon politique et abattre leurs carte. Ce fut l'occasion d'un des événements les plus marquant de cette année 1848 et de notre histoire politique.
Vous pensez tous que César est un con? Vous pensez que le consul et son conseiller sont des cons? Que la police et l'armée sont des cons? Et vous pensez qu'y vous prennent pour des cons? Et vous avez raison, mais eux aussi! Parce que depuis le temps qu'y vous prennent pour des cons, avouez que vous êtes vraiment des cons. Alors puisqu'on est tous des cons et moi le premier, on va pas se battre.

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Chef Chaudard
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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Chef Chaudard »

Cavaignac avec des pouvoirs illimités ? Mais c'est Brumaire qui recommence !!!
- On se bat, on se bat, c'est plutôt qu'on est comme une espèce de poste avancé, quoi. Dans le cas que... comprenez, une supposition, que les Allemands reculent, crac, on est là!
- Pour les empêcher de reculer...
- Non, pour euh..., la tenaille quoi.

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Emp_Palpatine
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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Emp_Palpatine »

La délégation s'était constituée à Paris autour de figures monarchistes du Parti de l'Ordre, bien décidées à dépasser les luttes intestines et la division. Le projet constitutionnel des représentants de la majorité était arrivé à un point de non retour : le pas devait être franchi, dans un sens ou dans l'autre. Il était temps de franchir le Rubicon institutionnel et d'aider la Constituante à le faire en lui mettant la décision sous les yeux.

Le "Comte de Chambord", petit fils de Charles X, s'était opportunément rapproché de la France en prenant fort diplomatiquement les eaux à Wiesbaden. Ça n'était qu'à quelques jours de train de Paris. Etait-ce une main tendue?
Les monarchistes, réunis dans le "Comité de la Rue de Poitiers" s'accordaient sur le principe. L'aval sur la personne l'avait été donné par Louis-Philippe lui-même à mots couverts, visité par quelques fidèles. Il était vrai que la stérilité de l'épouse du Prince, Marie-Thérèse de Modène, était connue dans les cours. Si Henri V régnait, le Comte de Paris lui succèderait.

La délégation se mit en route.

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Le voyage fut court et fructueux. Le chef des Bourbons avait reçu avec courtoisie et grande attention les parlementaires. Il avait écouté avec gravité leur rapport sur l'état de la France et l'exposé du projet institutionnel. Il l'avait accepté sans réserve, copnscient de la responsabilité historique qui lui incombait et de l'appel venu des profondeurs du pays.
Les télégrammes avaient fusé vers Paris tandis que la délégation s'était mise en route vers la France, ramenant un bien auguste bagage.
A l'arrivée du train princier en gare de Strasbourg, on avait joué "Le retour des Princes français" tandis que le régiment local présentait les armes à l'aînée de la famille royale, visiblement ému de retrouver le territoire national.
Le voyage vers Paris fut un triomphe populaire. A chaque étape, le train était accueilli par la troupe ou la garde nationale, la foule pavoisait de drapeaux tricolores frappés des armes royales ou du drapeau blanc de la dynastie.
La délégation fit son entrée à Paris à pied, le prince devant retourner dans sa capitale à cheval.

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Portrait d'Henri de Bourbon, "Comte de Chambord", à cheval, retournant en son royaume.

C'est à ce moment que la Constituante vota les articles déclarant la France monarchie constitutionnelle et appelant au trône Henri, Charles, Ferdinand, Marie, Dieudonné de Bourbon, duc de Bordeaux. Le parcours du Roi à Paris devait s'achever au Palais Bourbon, après avoir traversé une ville pavoisée et en liesse, pour s'adresser à la Constituante dans l'émotion et prêter serment à la nouvelle Loi Constitutionnelle. Henri V était le nouveau Roi constitutionnel d'une France renouant volontairement, par le vœux du suffrage, avec ses institutions traditionnelle.


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C'était du moins ainsi que cela devait se passer, dans l'esprit des plus optimistes des émissaires.
Vous pensez tous que César est un con? Vous pensez que le consul et son conseiller sont des cons? Que la police et l'armée sont des cons? Et vous pensez qu'y vous prennent pour des cons? Et vous avez raison, mais eux aussi! Parce que depuis le temps qu'y vous prennent pour des cons, avouez que vous êtes vraiment des cons. Alors puisqu'on est tous des cons et moi le premier, on va pas se battre.

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Chef Chaudard
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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Chef Chaudard »

Quelle ignominie !
Le dernier rejeton de l'arbre sec des Bourbons, qui n'ont rien appris, ni rien oublié, de retour en France, non pas dans les fourgons de l'envahisseur étranger, mais dans un train bien français !
Griffon se lamente dans une cabine à destination de Philadelphie. Et le quincailler Chaudard, qui s'est révélé incapable de diffuser ne serait-ce que quelques exemplaires de sa feuille "le Père Duchesne du XIX° siècle", se terre dans un infect galetas de Sedan, attendant une occasion propice pour passer en Belgique.
Mais les français ne sont pas des veaux ! Et le peuple saura se montrer digne de ses pères de 1793 et 1830, foutre !
- On se bat, on se bat, c'est plutôt qu'on est comme une espèce de poste avancé, quoi. Dans le cas que... comprenez, une supposition, que les Allemands reculent, crac, on est là!
- Pour les empêcher de reculer...
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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Emp_Palpatine »

Chaudard et Griffon ont été arrêtés suite aux événements d'octobre et novembre.
Ils peuvent bien rêver à une cabine, ils seront d'abord jugés. :o: :notice:
Vous pensez tous que César est un con? Vous pensez que le consul et son conseiller sont des cons? Que la police et l'armée sont des cons? Et vous pensez qu'y vous prennent pour des cons? Et vous avez raison, mais eux aussi! Parce que depuis le temps qu'y vous prennent pour des cons, avouez que vous êtes vraiment des cons. Alors puisqu'on est tous des cons et moi le premier, on va pas se battre.

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