Les armées ennemies semblaient apparaitre partout où il y avait du gain à obtenir. La Sagartie déployait son activité le long des côtes, la Perse sur le plateau iranien, de pair avec la Drangiane, et les Séleucides complétaient les effectifs de ses satrapes.
Le royaume égyptien était apte à soutenir les coûts énormes de cette guerre. Ptolémée V pouvait compter sur la richesse sans nom de ses provinces.
Il fallait être persévérant. Pour chaque chaque soldat ennemi tué, un autre apparaissait.
Consolider les positions au Nord était une priorité, Rhaga s'y trouvait encore en mains Perse. La province de Rhaga était essentielle pour former une avancée continue en territoire perse, car son contrôle permettrait de former une ceinture allant de la Mer Caspienne à la Mer Érythréenne.
Avantage supplémentaire, le royaume Pahlava n'avait pas l'air de vouloir se mêler de cette guerre, effarouché par les rivalités séculaires qui l'opposaient à la Perse. Il s'agirait donc d'une frontière relativement sûre.
Après un dernier regard sur les finances et l'ordre public ...
L'attaque pouvait prendre place! Rhaga tomba comme un fruit mûr, mais les Séleucides avaient profité de l'attention portée à cette province pour marcher sur Susa. Un retrait tactique des troupes plus avancées permettrait de protéger cette ville, offrant en contrepartie une belle cible sans défense, Gor, à la Sagartie. Celle-ci était aux prises avec les royaumes arabes, ce qui limitait le risque de la voir pousser le long des côtes iraniennes.
Les Arabes commençaient d'ailleurs à s'installer un peu trop largement dans la région ... des rumeurs de raids plus à l'Est encore, dans le désert de Gédrosie, nous étaient parvenus. Ce genre d'alliés n'est pas fait pour durer, l'Égypte n'a à long terme aucun intérêt à tolérer une autre puissance en Arabie ou en Perse.
Il n'y avait pourtant pas grand-chose à opposer à cette évolution pour l'instant. La victoire de Rhaga s'avérait éphémère, les Mèdes offrirent l'asyle à deux armées perses, menaçant constamment nos conquêtes. Trop faibles pour guerroyer contre la Médie, les généraux devaient s'arranger avec cette situation aussi délicate que dangereuse.
Deux armées immobilisées à Rhaga donc, et ce alors que la Carmanie s'avérait être un joyeux nid de guêpes. Une ribambelle d'armées ennemies mobilisées pour contrer l'avancée égyptienne, et pour gratiner le tout quatre réseaux d'espions rendaient impossible toute manoeuvre coordonnée.
Rajoutons un peu de malchance, et voilà que les Pahlava offrent libre passage aux mercenaires séleucides, qui sont à leur aise pour menacer Rhaga, sans que nous puissions les forcer au combat. En même temps, Hormuz retombe dans les mains des satrapies séleucides.
Après, plusieurs années d'immobilisme forcé, profitant d'une diversion de nos alliés chypriotes décidement très actifs, un raid sur Hormuz prend place.
Quatre armées de Sagartie y sont détruites, mais surtout, le pouvoir royal s'en trouve enfin assez renforcé pour permettre la levée de nouvelles troupes égyptiennes.
Les obélisques radiants se forment en Mésopotamie pour soutenir les efforts futurs ...
Les bonnes nouvelles arrivant rarement seules, la 3e reprise de Rhaga au profit de l'Égypte a lieu, rongeant un peu plus les ressources séleucides.
Voilà déjà les Séleucides demandant la paix, ce qui leur est bien sur refusé. Nous nous sentons assez forts pour rappeller le général Antipater en Basse-Égypte: il y mettra au point une réforme militaire en profondeur, prenant en compte nos expériences en Perse.
À peine cette sensation de puissance apparue, la voilà déjà qui s'évapore. La Médie annule son traité de non-agression, et les Parthes écrasent leurs voisins Pahlava à notre frontière, pour s'empresser de continuer leur mouvement belliciste en notre territoire. Leur première attaque, plus symbolique qu'autre chose, est repoussée par la garnison de Rhaga.
Leur deuxième attaque est moins aisée à parer ...
Pour la septième fois en vingt ans, Rhaga change de mains.