Bon je vais donner la réponse à la question deux.
Les publicains ont soutenu la
lex Manilia pour évincer Lucullus de l'Asie Mineur. Une grande partie de l'élite aristocratique était contre le maintien de Lucullus dans la région qui a mené une politique très dérangeante après avoir reconquis la péninsule anatolienne lors de la 3ème guerre Mithridatique (75-63 av JC).
Lucullus qui détenait
l'imperium dans la région et qui fut vainqueur de Mithridate VI au Granique en 73, occupa l'ensemble de l'Asie mineure durant environ 6 ans, dont la région du Pont.
Après la Paix de Dardanos de 85 (lors de la première guerre entre Rome et le Pont, entre 89/88 et 85), Mithridate fut épargné par les romains et il ne perdit presque aucun territoire qui ne lui appartenait déjà avant le début de la guerre.
En revanche, Rome avait l'intention de se venger sur les grecs d'Asie Mineure qui avaient spontanément rejoint le camp de Mithridate, facilitant par la même occasion, son offensive en direction de la Grèce. Plus grave encore, les grecs massacrèrent tous les romains présents dans la région (notamment depuis la création de la Province d'Asie en 129 faisant suite à l'exécution testamentaire du roi de Pergame Attale III mort en 133). Les sources antiques parlent de 80 000 romains massacrés (Plutarque), et plus particulièrement à Ephèse.
Avec la paix de Dardanos, les cités grecques libres alliées à Mithridate sont intégrées par Rome au sein de la Province d'Asie, (de plus en plus imposante). Les plus grandes villes de la côte égéenne sont concernées (Ephèse, Sardes...), des représailles sanglantes sont assurées par les légions de Sylla et les maitres romains, récupèrent une partie des esclaves grecs qu'ils avaient perdu.
D'énormes réparations de guerre doivent être payées par les cités grecques vaincues, qui commencent alors à s'organiser en
koinon, pour négocier avec Rome l'impôt au cours des années suivantes (exemple du
koinon de Lycie-Pamphylie).
L'Asie Mineur étant riche, des réparations de guerre représentant plusieurs dizaines de milliers de talents doivent être réglés en plus du
tributum que certaines cités ont évité durant les 5 années de guerre (de 20 000 à 40 000 talents).
La fiscalité étant une prérogative des publicains (financiers romains aux moyens colossaux) qui payent à l'avance l'impôt à prélever sur les habitants, à la cité de Rome, avant de récupérer l'argent et d'avantage pour engranger des bénéfices.
La loi étant de leur côté, les "fermiers fiscaux" et financiers romains (et parfois grecs) pressent alors comme des citrons les cités grecs d'Asie Mineur, chargées de répartir le poids de l'impôt entre les habitants de la cité. Un système de prêts gagés à des taux records (dépassant allègrement les 50% d'intérêts et même plus) est développé, poussant de nombreuses personnes à la ruine, endettant encore plus des cités dépouillées de leurs richesses (dont les plus sacrées) et menant à l'esclavage certains débiteurs.
L'armée romaine en cantonnement recevait "l'hospitalité forcée" des locaux (généralement ceux disposant de grandes habitations). Ces derniers devaient non seulement assurer le gite et le couvert mais devaient aussi offrir une tenue aux légionnaires (deux aux officiers) et leur verser chaque jour une somme d'argent de poche (j'ai oublié les sommes, mais additionnées cela représentait des sommes importantes).
Cette situation a évidemment facilité la reconquête de l'Asie Mineur par Mithridate en 75, lorsqu'il fut de nouveau prêt à combattre Rome.
En 73/72, les romains reviennent dans la région en vainqueurs, mais cette fois le général romain Lucullus opte pour une politique complètement différente de celle appliquée après les deux premières guerre Mithridatiques par Sylla et ses successeurs dans la péninsule.
Plutarque qui lui même était grec rendit hommage à Lucullus (
vie de Lucullus) qui fit le nécessaire pour ne pas assaillir la population grecque d'Asie avec de lourds impôts et semble même avoir protégé les locaux des fermiers fiscaux et financiers romains. Le gouverneur romain est en dehors des périodes de guerre, un juge qui à l'image de Ponce Pilate dans la bible, arbitre des conflits en tout genres.
C'est cette politique, qui poussa les publicains et le sénat à réclamer le remplacement de Lucullus par Pompée.
Ce fut d'ailleurs synonyme de mort politique pour le préféré de Sylla, qui ne joua plus aucun rôle de premier plan à partir de là, au sein de la République romaine.
Voilà, la réponse à la deuxième question était donc : les publicains souhaitaient en appuyant Pompée à travers la
Lex Manilia, évincer Lucullus qui menait une politique contraire à leurs intérêts financiers, en Asie Mineur.
