Des impudents il ne restait qu'une armée battue en Hongrie, jusqu'a ce que les princes protestants se virent trop inquiétés par la puissance de l'Empereur. Le premier a lui jeter son gant fut Christian IV du Danemark, qui préparait la guerre depuis belle lurette. Il disposait d'une armée de 20 000 mercenaires et, ce qui est bien étonnant, de quoi les payer pour plusieurs années. Le trésor royal était bien rempli grâce aux taxes du détroit du Sund, toujours dodues en raison du commerce florissant de la Baltique. Ne manquant pas de sécuriser son passage vers les territoires protestants menacés, à savoir le margravat de Brandebourg, il s'assura du soutien de Christian de Brunswick-Lüneburg. Ce dernier ne pouvait compter que sur la puissance militaire de ses vassaux, qui résidait essentiellement en un ban de serfs et de paysans libres. La coalition protestante reprenait du mordant avec cette double entrée en guerre.

La ligue catholique ne resta pas inactive, et c'est le marquis de Spinola, pressé par Don Gaspar von Aasen de Guzman, Comte-Duc d'Olivares, qui s'élança ravager le Bas-Palatinat, dont le régent avait osé proclamer l'hérésie et accepter la couronne de Bohême de la main de gueux indécents. Il n'y avait aucune troupe organisée qui aurait pu protéger ces terres, aussi les seuls obstacles de taille furent-ils les formidables places fortes de Mannheim et de Heidelberg.
La mise à sac de l'électorat de Cologne, pourtant allié fidèle de la ligue catholique, fit mauvaise presse à une juste cause. Les vétérans espagnols s'étaient pris une compensation pour les arriérés de solde devenus courants ...
Christian IV du Danemark s'était lui affairé à assiéger Hambourg pour garantir une ligne de ravitaillement continue entre de nouveaux théâtres d'opération et son royaume. Le baron Wolf et ses Bavarois auraient pu l'arrêter mais avaient négligé de s'occuper à temps de quartiers d'hivers décents, si bien que la famine, la désertion, les maladies et la révolte frappèrent durement leur armée, qui fut réduite à la moitié de ses effectifs de l'année précédente. La région de Schweinfurt fut complètement dévastée par les pillages incessants de la troupe du baron, incapable de ravitailler correctement ses hommes.

Entretemps, la Valteline avait pu être reconquise par les troupes espagnoles, qui réclamaient cependant une intervention autrichienne contre Mantoue, où un conflit avait éclaté pour la succession de Vincenzo II Gonzaga. Une troupe mixte de miliciens bavarois et de vétérans autrichiens prit la route de l'Italie sous le commandement de l'aide de camp de Wallenstein, le non moins doué Piccolomini, duc d'Amalfi.

Les troupes de l'Union Protestante en Hongrie avaient eu vent de ce départ fort inopportun de troupes autrichiennes et s'empressérent de chercher la bataille. Gábor Bethlen d'Iktar, prince de Transsylvanie et roi rebelle de Hongrie, menait ses hommes vers un Wallenstein affaibli en contournant la Moravie et la Bohême, dont les terres avaient été pillées à un point tel qu'aucune armée n'eut pu s'y ravitailler sans disposer de gros contingents de cavalerie, un luxe que personne ne pouvait se permettre. L'affrontement eut lieu à Passau, où Wallenstein s'était retranché avec une poignée de vétérans.
La plèbe qui servait d'infanterie aux protestants s'était procurée des mousquets, une arme terrible même entre les mains du plus vil ignorant. Wallenstein fit une fois de plus preuve de son talent incomparable à mener la soldatesque, mais finit par plier sous le nombre incroyable d'ennemis.
Son armée était sur le point de s'évaporer tant les régiments étaient squelettiques. On manquait de tout, beaucoup de femmes avaient déserté leurs hommes pour rejoindre les ennemis plus chanceux, ce qui compromettait la vie quotidienne de nombreux soldats. La diplomatie autrichienne vint au secours des épées brisées de l'Empire et parvint à négocier une trêve d'un an avec les Hongrois, eux aussi nécessiteux. Aveugles à la situation précaire de Wallenstein, ils firent route vers la Slovaquie et lui offrirent ainsi une occasion de reformer une armée. Celui-ci s'y employa avec une énergie incroyable, en l'espace de quelques mois le nombre d'hommes sous son commandement avait augmenté au quintuple.
Prends donc ton argent, même si tu es jeune en années;
les putains tu apprendras bientôt à connaître, de jurons tu ne devras point économiser.

Peu inquiété par la baron Wolf qui était forcé de se replier en Baviére pour lécher ses plaies, Christian de Brunswick-Lüneburg entreprit de semer la zizanie en Saxe, qui avait une loyauté douteuse envers la Ligue. Bientôt tout le pays, en feu et en flammes, bascula du côté protestant.
Christian IV du Danemark piétinait toujours devant Hambourg, allant jusqu'a tenter deux assauts en 1625, sans succès! Son incapacité à mener correctement à bien une mission mineure ne présageait rien de bon pour l'Union Protestante.