Après le fiasco de Toto I, les reproches fusaient (

) contre von Jagoul. Celui-ci n'était d'ailleurs plus apparu en public depuis cette date.
Après de longues semaines d'absence, il surgit finalement comme un diable des toilettes du centre spatial (expliquant par la même les nombreuses plaintes des concierges

).
Eurêka !
(d'autres sources affirment qu'il aurait en réalité dit : "j'ai fait caca" ...)
De cette longue méditation dans les toilettes avait aboutie une conclusion mûrement réfléchie.
La fusée a besoin de bien plus de puissance et von Jagoul n'est pas du genre à faire dans la démesure.
Le monstre imaginé par von Jagoul comporte pas moins de 25 moteurs-fusées à ergols liquides dont 5 dégageant chacun 1500 kN de poussée.
Quand à la quantité de fuel contenue dans les réservoirs oranges, elle se passe de commentaire.
Après plusieurs semaines d'assemblages, Toto II est prêt pour le lancement. L'ingénieur en chef continue à expliquer à qui veut bien l'entendre que cette fusée pourra aisément atteindre la Lune.
3, 2, 1, allumage !
Contre toute attente, Toto II parvient à s'arracher du sol et s'élève dans le ciel !
Toute l'assemblée applaudit, les serveurs se préparent déjà à sortir les bouteilles de champagne.
Soudain, une détonation fracassante se fait entendre dans le ciel. Le moteur central a explosé à quelques centaines de mètres du sol.
Les autres moteurs et les réservoirs associés se désolidarisent et s'éparpillent dans de multiples directions en réalisant de grotesques loopings.
A peine ai-je le temps de me retourner vers von Jagoul que celui-ci s'est déjà éclipsé.
Le salopard ! Plusieurs centaines de millions de dollars viennent de partir en fumée au dessus de nous.
