Tour 1.2. Bartimeus et la bataille des Thermopyles
Après avoir rassemblé ses hordes devant Pella, Antipater réalisa qu’il détenait à présent, depuis la défaite de Leonnatos, probablement l’armée la plus puissante du monde hellénistique. Pourtant, sa prudence légendaire (celle des vieillards affirmaient les mauvaises langues

) était telle qu’il décida d’aller assiéger Athènes en empruntant non pas la voie terrestre, bloquée par l’armée Grecque révoltée, mais bien la voie maritime. Les hordes embarquèrent et adressèrent aux soldats Grecs retranchés dans les Thermopyles quantités d’injures et signes moqueurs : « Pourrissez donc dans vos gorges nauséabondes, nous partons pour Athènes nous occuper de vos femmes

! »
L’euphorie des soldats d’Antipater stoppa cependant au large de l’Eubée, quand une violente tempête s’abattit sur les navires macédoniens : les vents déchainés venaient de la vallée du Nil dit-on

et leur force était telle que Bartimeus, contrit et furieux, fut contraint de faire demi-tour. Une consolation attendait cependant le malheureux envahisseur à Pella : Philippe III avait échappé à ses gardiens et venait se placer spontanément sous la protection du Régent, Antipater, Strategos d’Europe. « Ma Légitimité s’en trouve renforcée et rivalise désormais presque avec celle de Panzerdiccas ! Il me faut la monter encore… Ecrasons les Grecs et mon prestige sera plus grand encore

! ».
Et les hordes repartirent, non pas par la voie maritime, la tempête Egyptienne était pourtant calmée (les oiseaux de mauvais augure, toujours eux, affirmèrent cependant que la flotte Ptolémaïque avait pris position en Crête, à portée d’Athènes

), mais bien par terre. Les soldats Grecs, apercevant leurs ennemis, perdirent toute retenue : ils étaient en effet persuadés que les hordes d’Antipater revenaient d’Athènes, après avoir violé comme il se devait leurs épouses et filles (cruel est le monde des Diadoques, vous étiez prévenu

).
L’assaut vengeur des hoplites fut irrésistible et les phalanges macédoniennes cédèrent sous le choc, la déroute était proche, et Antipater hurla sa rage :
« ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?
Mon bras qu'avec respect toute la Macédoine admire,
Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire,
Tant de fois affermi le trône de son roi,
Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ?
ô cruel souvenir de ma gloire passée !
Oeuvre de tant de jours en un jour effacée ! »
Et les vaillants soldats du Régent, honteux du déshonneur qui frappait leur chef suprême, se reprirent enfin, firent front et mirent en déroute les Grecs efféminés, mais Antipater sentit passer fort proche de lui le glaive de la mort, il s’en fallut de peu qu’il ne laisse la vie

dans ce qui se révéla au final son plus grand triomphe : l’armée Grecque était vaincue, mais les cités-états restaient à conquérir et le Régent ne semblait pas être le seul à lorgner sur la Grèce riche et grasse (le monde a bien changé, admettons le

)
Plus à l’est, Cratère se mit lui aussi en marche, lentement, posément, et envahit la Cappadoce sauvage, qu’allait-il donc chercher là bas ? La gloire peut-être ? Car là aussi, une armée s’était révoltée contre l’Empire du défunt Alexandre….