La province septentrionale de You, aux confins de l'Empire des Han. Une région de vastes plaines et de steppes, lieu d'escarmouches régulières avec les barbares Wuhuan venus d'au-delà de la Grande Muraille. La ville de Bei Ping, préfecture du You occidental, constitue l'ultime relais de la civilisation et de la bureaucratie impériale avant les terres sauvages. Gongsun Zan en est le grand administrateur.
Gongsun Zan, nom social Bogui, est né en l'an 151 à Liao Xi, une ville proche de Bei Ping. Il fait ses classes sous la tutelle du maître Lu Zhi, un brillant mandarin de la cour de l'Empereur et se lie d'amitié avec un certain Liu Bei, descendant des Han par une branche tombée dans l'oubli. Il s'engage dans le métier des armes et est affecté dans sa province natale pour repousser les incursions récurrentes des Wuhuan. En l'an 184, lorsque la Révolte des Turbans Jaunes éclate, il participe à sa suppression en combattant le bandit Zhang Yan. Il se forge durant cette période le nom de « Général Bai Ma », le général au cheval blanc, car sa cavalerie était uniquement composée de chevaux blancs que les barbares redoutaient car considérés comme sacrés. Lorsque la vigueur de la révolte s'épuisa, Gongsun Zan fut rappelé des frontières pour être nommé préfet de Bei Ping. Nous sommes alors en l'an 190 et la dynastie Han vieille de quatre siècles traverse la plus grande crise de son existence.
Bien loin au sud, dans les Plaines Centrales, la capitale Luo Yang est le théâtre d'intrigues entre le grand général He Jin et les Dix Eunuques, conseillers impériaux. L'empereur Ling décéda l'année précédente, laissant les partis de la cour se s'entredéchirer quant à sa succession. He Jin supportait son neveu Liu Bian tandis que les Dix Eunuques choisirent son frère Liu Xie. Pour imposer son candidat au trône, He Jin fit appel à Dong Zhuo, le préfet de Tian Shui, dans les territoires lointains de Liang, à l'est de l'empire, afin de faire plier les eunuques. Apprenant que l'armée de Dong Zhuo marchait sur la capitale, ceux-ci, en désespoir de cause, encerclèrent He Jin dans le jardin du palais impérial et l'assassinèrent. Voyant que la situation tournait à son avantage, Dong Zhuo élimina les eunuques et constatant que le nouvel empereur Liu Bian, intronisé sous le nom de Shao, est faible d'esprit, le force à abdiquer au profit de Liu Xie, qui devient l'empereur Xian. Vif d'esprit mais trop jeune pour pouvoir s'opposer à Dong Zhuo, le nouvel empereur regarde celui-ci exercer sa tyrannie dans Luo Yang, mettant à mort Shao ainsi que sa mère, exécutant sommairement ses opposants et censurant les écrits critiques des mandarins.
Quand la nouvelle de la prise de pouvoir de Dong Zhuo fit écho en province, Cao Cao, héros de la guerre contre les Turbans Jaunes et préfet de la ville de Chen Liu, à l'est de Luo Yang, décida d'adresser en secret une lettre à tous les gouverneurs de l'Empire, leur demandant de former une grande coalition contre le tyran, sous l'égide de Yuan Shao, préfet de Nan Pi et illustre membre d'une des familles les plus nobles de Chine.
C'est à ce moment qu'un messager se présente au palais préfectoral et remet une missive urgente à l'attention de Gongsun Zan. Celui-ci, enfermé dans son bureau à accomplir ses tâches d'administrateur civil, est interrompu dans son travail par Gongsun Yue, son frère cadet.
« Frère, une missive frappée du sceau de Cao Cao de Chen Liu à ton attention. »
Gongsun Zan fut surpris: Qu'est ce que un préfet des Plaines Centrales souhaiterait-il quérir auprès d'un seigneur d'une ville frontalière ? Il s'empara du papier et le lut en silence. Gongsun Yue remarqua qu'au fur et à mesure de la lecture, son aîné semblait de plus en plus perturbé.
« Qu'y a t-il ? »
Le préfet enroula le papier et le tendit à son frère.
« Rassemble immédiatement le conseil. Le Chaos plane à nouveau sur l'Empire. »
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : mar. avr. 12, 2011 1:40 pm
par Maximus
ca a l'air sympa.
c'est quoi comme jeu?
Je supporte Cao Cao!
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : mar. avr. 12, 2011 1:55 pm
par Bibiking
Romance of the Three Kingdoms XI (la première image en gros, très gros). On m'ôtes l'aar de la bouche là ! Concurrence concurrence !
Je vais devoir m'y atteler dès ce soir.
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : mar. avr. 12, 2011 2:15 pm
par Maximus
ah... oui
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : mar. avr. 12, 2011 4:19 pm
par Locke
Bibiking a écrit :Romance of the Three Kingdoms XI (la première image en gros, très gros). On m'ôtes l'aar de la bouche là ! Concurrence concurrence !
Je vais devoir m'y atteler dès ce soir.
Je fais des AAR Rotk artisanaux depuis 2009 moâ Môssieur, ce serait plutôt ma personne qui devrait être outrée par le viol de mon monopole !
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : mar. avr. 12, 2011 9:46 pm
par buzz l'éclair
Pas de bagarres messieurs, sauf en duel !
Je dis juste qu'il est toujours intéressant de voir des AAR sur des jeux rares.
Bon courage !
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : mer. avr. 13, 2011 6:17 am
par Boudi
Il a quoi donc sur la tête cacao ?
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : mer. avr. 13, 2011 6:22 am
par GA_Thrawn
Cao Cao Un peu de respect pour le meilleur général et le plus fourbe des politiques de son temps.
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : mer. avr. 13, 2011 6:31 am
par Boudi
Ca répond pas à la question. J'hésite entre un mixer à persil et un grille-pain.
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : mer. avr. 13, 2011 5:48 pm
par buzz l'éclair
Boudi a écrit :Ca répond pas à la question. J'hésite entre un mixer à persil et un grille-pain.
Oh, je n'avais pas remarqué le détail !
Personnellement, je pencherai pour un accordéon pour nain de jardin.
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : mer. avr. 13, 2011 6:23 pm
par Bibiking
Grrrr. Pour la peine, je vais devoir dévoiler toute sa splendeur au glorieux Cao Cao ! Le sujet est choisi....
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : sam. avr. 16, 2011 10:07 pm
par Locke
Prologue: L'alliance contre Dong Zhuo
Gongsun Zan fit réunir séance tenante tous les officiers et fonctionnaires du palais préfectoral dans la grand-salle. Les conseillers piaffaient quant au sujet d’une réunion aussi exceptionnelle. Assis sur son modeste trône, Gongsun Zan préside l’assemblée, entouré par son clan : Yue, Fan et Xu, respectivement le frère cadet, le cousin et le fils du préfet, ce dernier venant tout juste d'avoir quinze ans.
Se tenait aussi un jeune stratège du nom de Tian Yu, reconnu pour ses mérites face aux barbares Wuhuan.
Gongsun Zan ouvrit les débats :« Messieurs ! Si je vous ai réuni en ce jour avec une telle célérité, c’est parce qu’une missive d’une extrême importance vient de m’être remise. Elle est frappée du sceau de Cao Cao, préfet de Chen Liu, dans la province de Si. La tyrannie de Dong Zhuo sur la capitale lasse notre empereur devenu otage et menace l’unité de l’empire. Il implore aux seigneurs provinciaux de s’allier sous une seule bannière, de sorte à ce que le pays soit libéré du joug de ce traître. Cette coalition serait menée par le noble Yuan Shao de Nan Pi. »
Une forte agitation s’empara alors de la salle. Cris de surprises et de protestations s’élevèrent. Parmi les dignitaires, l’un se fit davantage remarquer en s’exclamant à plein poumons :« Comment ce Cao Cao peut-il prétendre parler au nom de l’empereur ?! Ce n’est qu’un petit préfet ! C’est une honte ! Monseigneur, vous ne pouvez accepter une pareille requête ! »
Tian Yu s’avança et l’interrompit avec une grande fermeté:« C’est une opportunité unique de faire front commun contre l’unique ennemi : Dong Zhuo ! Aussi téméraire que soit l’attitude du seigneur Cao Cao, nous ne pouvons plus laisser l’empereur aux mains de cette engeance qui a pactisé avec les Qiang de l’est pour asseoir son pouvoir ! De surcroît, confier la tête d’une telle coalition à Yuan Shao est là le signe d’une grande sagesse et du souci d’en confier son commandement à un meneur d’hommes véritable ! Monseigneur Gongsun Zan, je vous suggère de répondre favorablement à Cao Cao ! »
L’ambiance électrique qui régnait dans la grand-salle fit place à un mutisme d’admiration durant le discours fougueux de Tian Yu, puis vint l’explosion d’une multitude d’acclamations et d’approbations, faisant taire les derniers récalcitrants. Gongsun Zan, impressionné par la diatribe de son stratège, se leva de son siège et rendit son verdict final:« Fort bien ! Nous allons nous joindre à la coalition contre Dong Zhuo ! Adressez sans délai ma réponse au seigneur Cao Cao, ainsi qu’à Yuan Shao ! Les préparatifs de guerre ne sauraient attendre ! »
Ainsi, en l’an 190, les seigneurs de guerre Yuan Shao, Cao Cao, Sun Jian, Liu Bei, Gongsun Zan, Yuan Shu, Ma Teng, Tao Qian, Kong Rong, Liu Dai, Kong Zhou, Han Fu et Zhang Yang formèrent une grande alliance pour restaurer l’empire des Han.
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : dim. avr. 17, 2011 9:20 pm
par buzz l'éclair
Petite question du béotien que je suis concernant ce jeu : les territoires qui, sur la carte, apparaissent ne pas être contrôlés, on peut leur sauter dessus ou ils sont bloqués ?
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : dim. avr. 17, 2011 11:13 pm
par Bibiking
On peut leur "sauter dessus"... Mais le jeu tourne autour des officiers. Si tu n'en as pas 3 au minimum par province, elle sera presque impossible à gérer. C'est une sorte de limite.
C'est aussi un des problèmes du jeu. Les puissances proches de ces territoires "gratuit" vont rapidement prendre de la puissance et écraser les autres plus faibles.
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : lun. avr. 18, 2011 9:36 pm
par Locke
Chapitre I La Menace des Yuan
L’alliance désormais formée n’allait cependant pas immédiatement passer à l’attaque. Les positions de Dong Zhuo sont trop puissantes : La porte de Hu Lao, gardée par le terrible Lu Bu, barre la route vers Luo Yang ; bien plus loin à l’est, la province de Liang, entièrement acquise à sa cause, lui assure une base arrière solide. Aussi Yuan Shao décida en premier lieu de purger la province des seigneurs ayant refusé de rejoindre l’alliance. Les deux plus notables étaient Liu Yu de Ji et Gongsun Du de Xiang Ping. Le premier, descendant de Han, était devenu gouverneur de la province You depuis le départ de Liu Yan pour Cheng Du. Une rumeur folle s’amplifia à son sujet au cours des mois, selon laquelle il aurait été approché par Dong Zhuo pour usurper le trône impérial. Quoique improbable et difficile à vérifier, il n’en fallu pas moins à Yuan Shao pour mener une campagne contre lui dès Juin 190.
Yan Liang et Wen Chou furent envoyés dans la province You pour punir le soi-disant traître. Ces deux éléments étaient là les meilleurs de l’armée de Yuan Shao. En face d’eux, Liu Yu mobilisa une armée supérieure en nombre, mais dont la trempe des généraux était bien en-deçà à celle de son opposant. Rapidement, la bataille tourna à l’avantage des forces de Yuan Shao, forçant Liu Yu lui-même à mener une unité sur le champ de bataille.
Ces renforts redonnent un court moment l’initiative aux forces de Liu Yu, mais l’ennemi s’adapte promptement, finissant par repousser de nouveau l’adversaire vers la ville de Ji. Celle-ci est assiégée pendant que l’on se bat encore dans les terres aux alentours. En Décembre, la garnison de la ville rend les armes et la bannière des Yuan est hissée sur les remparts. Liu Yu, isolé dans les plaines avoisinantes, voit son armée se disperser et doit lui-même s’enfuir pour sauver sa vie. Il s’exilera loin, dans la province de Yi, où il se mettra au service de Liu Yan et ne restera jusqu’à sa mort qu’un petit officier de second rang.
Entretemps, en Septembre 190, la coalition contre Dong Zhuo a enfin entrepris sa première action de guerre par le biais de Yuan Shu, cousin de Yuan Shao et préfet de Wan. Celui-ci a envoyé son lieutenant Yu She s’emparer de la porte de Wu, au carrefour entre Wan, Luo Yang et Chang An. L’offensive est symbolique, mais elle remplit d’espoir les cœurs des opprimés de la capitale. Dong Zhuo cependant ne compte visiblement pas en rester là, d’inquiétants signes d’activité se manifeste dans la capitale.
Gongsun Zan a silencieusement mais attentivement suivi le déroulement des opérations dans l’est, tout en supervisant celles le concernant, qui doit le conduire à la prise de Xiang Ping, à l’ouest. Cette ville est tenue par son lointain cousin Gongsun Du, qui profita de la révolte des Turbans Jaunes et de l’isolement de la région pour en un faire un territoire quasiment indépendant vis-à-vis du pouvoir impérial. Dans l’optique double de s’attirer les faveurs de l’empereur et d’accroître son territoire, de sorte à contrebalancer la montée en puissance de Yuan Shao, Gongsun Zan en a fait de sa capture sa priorité. Dès que la nouvelle de la prise de Ji par Yuan Shao lui fut parvenue, il ordonna la mobilisation immédiate de l’armée « Bai Ma ». 25.000 cavaliers dirigés par Gongsun Zan, Gongsun Yue et le colonel Shan Jing quittèrent Bei Ping pour traverser les steppes alors enneigées du pays de You. Nous sommes alors en Décembre.
Le mois suivant est marqué par les combats contre la faible armée de Gongsun Du. Une force d’avant-garde menée par son deuxième fils Gongsun Gong, davantage un fonctionnaire qu’un militaire, est balayée, puis la force principale est rapidement mise en déroute. Le siège de Xiang Ping commence dès Mars et durera jusqu’aux premiers jours de Juin.
Durant cette ellipse, les affaires de la coalition prirent une toute autre tournure. Durant le mois d’Avril, Dong Zhuo répond à la prise de la porte de Wu par une puissante contre-offensive, qu’il mène conjointement avec le général Zhu Jun, un ancien commandant Han lors de la révolte des Turbans Jaunes. La modeste garnison de la porte fut balayée en un rien de temps, et les troupes de Yuan Shu, largement inférieures en nombre, doivent désormais endurer de furieux assauts près du château de Wan.
A l’est, Cao Cao mène quelques petites escarmouches près de la porte de Hu Lao face au redoutable Hua Xiong, jauge-t-il l’ennemi avant de lancer une offensive de plus grande ampleur ?
Sur la rive nord du Huang He, la discorde née des agissements de Han Fu met à mal l'entente entre les coalisés. Pour de sombres motifs, il fait occuper la porte de Hu, située sur le territoire de Zhang Yang, par ses troupes, puis se querelle avec Liu Dai. Les deux ne tardent guère à réagir : La porte de Hu est reprise, puis le port de Guan Du est occupé. Irrité, Han Fu décide de contre-attaquer et mobilise sous le commandement de Pan Feng une large force vraisemblablement destinée à franchir le fleuve et mettre à sac Pu Yang, la préfecture de Liu Dai.
Bien loin à l’ouest, dans la province de Liang, Ma Teng harcèle les arrières de Dong Zhuo par des raids de cavalerie sur la ville d’An Ding. La défense est assurée par l’ancien commandant impérial Huangfu Song et par l’un des pires sbires de Dong Zhuo: Li Jue. Bien que sans avoir été couronnées de succès, ces attaques ont le mérite d'affaiblir sensiblement la puissance de Dong Zhuo dans la région.
Fin Juin 191, Xiang Ping est prise par les forces de Gongsun Zan. Gongsun Du et ses fils sont capturés et amenés devant leur lointain parent…
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : mar. avr. 19, 2011 10:28 am
par Lionel
Eh ben ! y'en a des nom a retenir dans cet AAR
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : mar. avr. 19, 2011 10:48 am
par Locke
Et encore, j'essaye de trier, sinon oui ya plus de 800 officiers dans la base de données Sachant que certains présents dans le X ont été omis dans le XI (des rois et officiers barbares principalement, pas une grande perte )
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : mar. avr. 19, 2011 12:47 pm
par Locke
Premier Récit L'Affaire de Deux Familles
La nuit tombait sur Xiang Ping, la chaleur des longues journées de Juin laissant petit à petit place à une brise fraîche. Gongsun Du s’appuie sur les remparts dans un profond soupir. Un énième assaut des troupes de Gongsun Zan a pu encore être repoussé aujourd'hui, mais ils ne cessent de gagner en virulence alors que les hommes et les vivres s’épuisent. Il a dépêché ses intendants pour faire le dénombrement des soldats encore valides et l’inventaire du matériel restant, mais un simple coup d’œil aux alentours permet de constater que son armée n’est plus qu’une peau de chagrin. Un mandarin accourut vers le seigneur de Xiang Ping; c’est Gongsun Kang, son premier fils :« Père, les boisseaux de riz commencent à manquer et il n’y a plus une seule goutte de vin. Si nous ne nous rendons pas maintenant, nos soldats risquent de déserter ou pire, de livrer la ville à Gongsun Zan avec nos têtes sur un plateau. »
Gongsun Du eut un second soupir, plus agacé :« Tout ce carnage pour se rendre l’échine courbée devant ce rustre… Kang, va chercher l’édit, nous en aurons besoin pour garder la tête sur les épaules… Et ordonne la réédition. »
Peu de temps après, Gongsun Zan voit les drapeaux de la ville jetés par-dessus les remparts et les portes s’ouvrir. Il ordonna à ses cavaliers d’entrer au pas, lui-même en tête du cortège. La poignée de soldats restants s’était amassé autour de la porte principale, regardant avec fascination ou incrédulité le spectacle qu’offrait le défilé des Cavaliers Blancs. La colonne s’arrêta dans la cour du palais préfectoral, où Gongsun Du et ses fils attendaient. Quand Gongsun Zan arriva à leur hauteur, il s’exclama :« Eh bien, mon cher cousin, c’est un bien beau palais que vous avez là, du moins pour une province aussi reculée. Me permettez-vous de le visiter et d’y prendre quartier, afin que nous puissions discuter avec plus aisance ? »
La question ne laissait bien évidemment aucune autre réponse que l’affirmative. La garde rapprochée de Gongsun Zan escorta les trois captifs jusqu’aux appartements de Gongsun Du. Le préfet de Bei Ping s’y installa confortablement, laissant à Gongsun Yue et Shan Jing le soin de s’occuper des affaires civiles, et demanda à ce que l’on apporte un baril de vin. S’étant servi ainsi que ses « invités », Gongsun Zan but une gorgée d’alcool et prit la parole :« Messieurs, je pense qu’il est maintenant temps pour vous de daigner expliquer la raison qui vous a poussé à refuser de rejoindre la coalition contre Dong Zhuo le tyran et d’argumenter tel Kong Fuzi quand il vint à devoir se séparer du tyran Yang Huo pour sauver sa vie, sans quoi je serais dans l’obligation de vous mettre à mort pour haute trahison. »
« Que mon cousin soit rassuré, nous n’avions aucune intention de trahir Son Altesse et les honorables mandarins de la coalition ! Mais nous étions sous le joug de cette crapule de Dong Zhuo, qui usa de ses manipulations pour lier nos mains par le biais d’un décret impérial. Mon fils, présente l’édit au seigneur Gongsun Zan. »
Gongsun Kang tendit le papier enroulé dans un étui de cuir. Gongsun Zan s’en empara et se mit à lire son contenu. Effectivement, il s’agissait d’un décret impérial, intimant l’ordre de mener campagne contre les royaumes de l’Est, de sorte à rétablir l’autorité des Han au-delà de la péninsule de Liaodong. Gongsun Du était dans le vrai, mille protestations ne sauraient remettre en cause un ordre émanant de l’empereur. Le Général Bai Ma eut un court moment de réflexion, puis se leva et tendit l’étui vers son cousin :« Eh bien, dans ce cas, sachez que cet édit est désormais caduc ! » Il le jeta par terre et le piétina sous le regard stupéfié des officiers. « Les petits tours de Dong Zhuo ne sauraient me piéger plus longtemps. Vous et votre clan allez me suivre à Bei Ping, de sorte à ce que nous informions la coalition des agissements de ce traître. La garde de la ville sera confiée à Shan Jing. »
C’est ainsi que Gongsun Du se mit au service de Gongsun Zan. Ayant rallié Bei Ping à la fin de l’été, ce dernier s’en alla consulter Tian Yu, qui était resté pour gérer la ville en son absence. Son stratège lui prodigua ce conseil :« Maintenant que les Gongsun de Liaodong ont été soumis à notre volonté, une guerre contre Yuan Shao semble désormais inévitable. En s’appropriant les territoires de Liu Yu, il nous isole du reste de l’empire et dispose d’une base suffisamment puissante pour écraser Zhang Yang, Han Fu, Liu Dai et Liu Bei, lui permettant dès lors d’unifier tout le He Bei. Gardez ceci à l’esprit et agissez en conséquence. »
Gongsun Zan garda ces paroles en mémoire, mais ne voyant aucun signe d’agressivité de la part de Yuan Shao, il porta l’essentiel de ses efforts sur la reconstruction de Xiang Ping. Quand vint les premiers jours de l’année 192. Une escorte diplomatique faisant flotter le drapeau des Yuan se présenta aux portes de Bei Ping. A sa tête, Tian Feng, le stratégiste de Yuan Shao. On l’introduisit rapidement dans la grand-salle du palais préfectoral.
« Que me vaut l’honneur de votre visite, Messire ? »lui demanda Gongsun Zan. Lui et Tian Yu, sur sa droite, intimement, en savaient la raison.
« Seigneur Gongsun Zan, mon maître s’est interrogé quant à vos agissements dans la péninsule de Liaodong et au sujet du ralliement de Gongsun Du à votre bannière. Si ce-dernier agissait comme vous nous l'avez affirmé sous ordre impérial, il aurait dû prendre en compte le fait que l’empereur Xian n’était alors âgé que de neuf ans quand cet ordre lui fut transmis. Il fut donc hautement improbable que cet édit eut été l’idée de l’empereur lui-même. Par conséquent, le seul à pouvoir dicter un tel ordre n’est autre que le soi-disant régent impérial, Dong Zhuo. Vous accueillez donc là un traître, qui sous couvert d’un zèle à remplir sa tâche, comptait s’approprier les territoires de Liaodong et au-delà pour son propre profit. Un tel acte nous force à nous poser la question de votre loyauté à l’égard de Sa Majesté, qui sait si vous avez passé avec lui un pacte, de sorte à vous emparer de ces territoires, comme Wei Man lorsque l’empereur Gaozu fonda la dynastie Han. »
Gongsun Zan bondit intérieurement. Ce diable de lettré avait réussi à faire passer un loyal serviteur des Han pour un traître, et ce en obtenant un casus belli parfait !
« Serait-ce là une déclaration de guerre ? »
Tiang Feng sourit.« Si vous appelez une guerre le fait de purger le pays de ses éléments rebelles, alors oui, nous sommes en guerre. »Il s’inclina et prit congé de Gongsun Zan avec hâte. Tian Yu, qui était jusque-là placé comme observateur silencieux, se tourna vers son seigneur :« Je vais réunir le conseil de guerre sans plus tarder Monseigneur. »
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : mar. avr. 19, 2011 2:13 pm
par Moradim
Tu va faire les duels en automatique ou non ?
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : mar. avr. 19, 2011 2:22 pm
par Locke
Non, je fais tout en manuel. Je ne provoque pratiquement jamais en duel, les seuls officiers qui acceptent sont des mégas-bourrins genre Lu Bu Dans cette partie là je n'en n'ai fait qu'un seul, mais c'était "a hell of a duel"
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : mar. avr. 19, 2011 4:12 pm
par Bibiking
Locke a écrit :Non, je fais tout en manuel. Je ne provoque pratiquement jamais en duel, les seuls officiers qui acceptent sont des mégas-bourrins genre Lu Bu Dans cette partie là je n'en n'ai fait qu'un seul, mais c'était "a hell of a duel"
Ils acceptent souvent quand ton officier est moins fort ... mais c'est un peu abuser comme technique. Si tu gagnes tu captures l’officier et détruit son armée, quelque soit son nombre d'homme (sauf armée avec officiers multiples, ce que l'ordi fait très peu).
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : mar. avr. 19, 2011 6:16 pm
par Lionel
Est ce que Lu Bu est une grosse brute ? Parce que dans tout les dynastie warrior ce fut le cas, mais dans un mode stratégie il donne quoi ?
L'appel de la montagne me force à suspendre cet AAR pour une semaine
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : ven. avr. 22, 2011 10:08 pm
par sval06
P.... c'est compliqué tous ces noms.
Il n'existe pas un mod qui renommerai tout ça en Gérard, Maurice et Thérése...
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : sam. avr. 30, 2011 4:40 pm
par Locke
Je suis de retour et prêt à reprendre
Re: L'Épopée du Général Bai Ma
Posté : ven. mai 27, 2011 8:02 pm
par Locke
L’inévitable levée des armes entre les clans Gongsun et Yuan n’est qu’une goutte de plus dans l’océan de chaos baignant l’Empire Han. Les Plaines Centrales, le He Bei et même les régions septentrionales de la province Jing, pourtant épargné jusque-là par les tumultes de la guerre, sont en proie à de terribles combats.
Dans la région de Wan, le mois de Juillet 191 marque l’épilogue de la bataille pour le contrôle de la ville entre Dong Zhuo et Yuan Shu. Les forces de ce dernier furent aisément balayées par les forces de Dong Min, frère du tyran à qui il a succédé au poste de commandant des opérations. Voyant l’étendard frappé du sinogramme « Dong » s’approcher de ses remparts, Yuan Shu, apeuré et honteux, s’enfuit en direction de Ru Nan, laissant la ville à son funeste destin. Peu après sa chute, il se mit au service de Kong Zhou en qualité de mandarin, tandis que Dong Zhuo faisait un pas important dans son objectif de devenir l’hégémon des Plaines Centrales.
Il est de surcroît aidé par l'amorphe coalition des seigneurs dont le nom résonne creux comme une coquille vide dans l’oreille des sujets impériaux, tant celle-ci s’est rapidement désintégrée. Au même moment, dans le nord, la lutte entre la coalition de Zhang Yang et Liu Dai contre Han Fu s’intensifie. Tandis que les troupes de ce dernier se battent contre celles du second aux environs du port de Dun Qiu, le premier décide de mener un raid sur la ville de Ye, capitale de Han Fu, pensant celle-ci vidée de ses troupes. Quand il vint à portée de vue des murailles, il ne put qu’amèrement constater que ce n’était pas le cas, alors qu’une colonne vrombissante d’hommes vint à sa rencontre pour livrer bataille. Dépassé, Zhang Yang retraite en catastrophe et son armée est anéantie par deux jeunes et brillants généraux : Zhao Yun et Zhang Yue.
L’arrivée de l’automne amena une période d’accalmie, seulement marquée par le retrait en désordre de l’armée de Han Fu chargée d’assiéger Pu Yang. Ses officiers, de piètres marins, eurent le plus grand mal à traverser le Huang He et ne purent mettre à sac le port de Dun Qiu. Après un hiver silencieux, les seigneurs de guerre reprirent les armes au printemps 192. Le premier à se distinguer fut Cao Cao. Vulnérable par sa position d’investigateur de l’alliance et par la chute récente de Yuan Shu, il décida d’amorcer une offensive osée contre Dong Zhuo en Mars. Une force de 15.000 hommes prend avec succès la porte de Hu Lao, tandis qu’un petit corps expéditionnaire s’empare de la région de Shou Chun, région coincée entre les territoires de Kong Zhou et Tao Qian, de sorte à ce que Cao Cao puisse disposer d’une base arrière en cas de contre-attaque.
Loin à l’ouest, Ma Teng se dispute le contrôle de la ville d’An Ding dans d’interminables escarmouches.
Au nord, Han Fu reprend l’initiative de la guerre en envoyant une armée dirigée par Zhang Yue s’emparer de Jin Yang, capitale de Zhang Yang. Celui-ci, fortement diminué après l’échec de son raid, ne peut que regarder impuissant la chute de la porte de Hu.
Mai 192. Poursuivant les débris de l’armée de Man Chong, gardien de Hu Lao, l’armée de Xiahou Dun est prise en embuscade par une force colossale menée par Li Ru, stratège et beau-frère de Dong Zhuo. Isolé et en très large infériorité numérique, il ne peut y avoir d’autre issue que la défaite…
Le mois suivant, l’écho d’une inquiétante nouvelle résonne dans l’Empire. Dong Zhuo, après s’être emparé de Wan, a pris la ville de Xu Chang et s’ouvre désormais la voie vers Ru Nan et le fleuve Chang Jiang, menaçant ainsi les provinces du Sud de Jing et de Wu. Dernier obstacle, les maigres forces de Kong Zhou, sans véritable officier de valeur à leur tête, doivent contenir les troupes du tyran qui s’avancent vers la ville.
Dans le He Bei, Liu Bei craint la montée en puissance de Han Fu et décide de s’étendre au détriment de Liu Dai. Il traverse sans encombre le Huang He grâce à l’aide de Kong Rong, préfet de Ben Hai, qui lui autorise l’accès à ses ports. Lui et ses deux frères jurés Guan Yu et Zhang Fei longent désormais la rive sud jusqu’à Pu Yang pour livrer bataille.
Revenons aux événements ayant lieu à Ru Nan. Dans un premier temps, les troupes de Kong Zhou, menées par l’incapable Yuan Yao, fils de Yuan Shu, sont débordées par le corps expéditionnaire de Dong Zhuo. Cependant, Kong Zhou trouve son salut en se tournant vers Cao Cao, vindicatif le désastre des faubourgs de Luo Yang. Depuis sa base de Shou Chun, il charge Yue Jin et Yu Jin de porter secours à Yuan Yao. Ayant eu vent des intentions du préfet de Chen Liu, Dong Zhuo réplique en ordonnant au général Gao Shun de renforcer l’armée d’assaut. La lutte pour Ru Nan capte les attentions de tous les seigneurs.
Nous sommes alors en Août 192 et Gongsun Zan achève ses préparatifs de guerre.