Si si, mais la suite arrive...
Au printemps 1982, des mouvements sociaux éclatent dans les principales usines des groupes Peugeot Talbot et Citroên. Les OS sont en grève, et les affrontements entre la CGT et les "jaunes" sont violents. Aulnay, Montbelliard, Poissy entre autre sont bloqués. Le mouvement s'étend bientôt à la sidérurgie, à Hayange, Thionville, Dunkerque, Fos sur Mer...
Les revendications sont similaires, "respectez-nous". On y entend également "30 minutes pour le ramadan" (ce qui est vraiment arrivé d'ailleurs, à l'époque, entre autres revendications)...
En août 1982, au cours d'une ratonnade, un certain Rachid Hamza est retrouvé mort dans une cité de Sotteville les Rouen. L'émotion est grande.
Les universités de Nanterre et de Villetaneuse, à la rentrée de 1982, votent la grève, sous l'impulsion de jeunes trotskistes qui ont infiltrés l'UNEF-SE, en particulier un certain Julien Dray et un certain Cambadélis.
Les assassins de Rachid Hamza ne sont pas retrouvés immédiatement, mais trois skinhead sont retrouvés égorgés, près de Dieppe, à l'automne. Les services des RG y voient un lien avec la ratonnade trois mois plus tôt, l'information ne sort pas dans la presse. André Rossinot reste cependant de glace...ou inerte, comme on voudra. Chaban zozotte de plus belle à l'Assemblée, Pasqua joue la surenchère sécuritaire sur les bancs de son groupe, et les grèves sporadiques dans l'industrie automobile comme dans la sidérurgie plombent les efforts du gouvernement pour redresser l'économie, malgré l'inventivité, jamais démentie, de Rocard, et la fausse bonhommie d'airain de Barre...
Dans ce climat électrique, la réforme du mode du scrutin devient compromise, d'autant que Pasqua propose une participation plus active de son groupe au gouvernement en échange d'amendements sur le projet.
Plutôt que de régler les problèmes concrets, on va vers un remaniement ministériel, alors que les municipales de mars 83 approchent. Le coup de barre est nettement à droite. M-F Garaud devient ministre de l'intérieur, à la place de Rossinot qui est envoyé au ministère du travail, et quelques jeunes technocrates rentrent au gouvernement Chaban II. Il s'agit d'Alain Juppé, issu du groupe de Pasqua, secrétaire d'Etat à la sécurité publique, François Léotard, jeune député du Var, du vieux CNI de Pinay, se retrouve secrétaire d'Etat au budget, et Alain Carignon, un autre jeune loup protégé de Pasqua entre également au gouvernement. Les équilibres précaires avec les centristes sont également préservés, avec l'entrée au gouvernement d'Edgar Faure, à la justice, sur lequel on compte pour égayer les conseils des ministres, ainsi qu'avec certains démocrates sociaux, Jacques Delors remplaçant Michel Rocard.
La confiance est obtenue de justesse.
Mitterrand, qui est arrivé à fédérer à nouveau la gauche marxiste non communiste, échoue de peu, malgré une alliance avec les communistes. Il lui a manqué les trois voies du groupe "Socialisme d'aujourd'hui" présidé par Pierre Mauroy...
VGE demande également au vieux sage Antoine Pinay (qui s'emmerde un peu à Saint-Chamond) de présider le commissariat général au plan, en lui attribuant des pouvoirs élargis, et en lui demandant de lui soumettre sous les six mois un nouveau plan de réformes.
Cela ne calme évidemment rien, des attaques racistes se multiplient dans certains quartiers de Venissieux, Trappes, Mantes la Jolie et ailleurs, les réponses de ceux que l'on appelle maintenant "les beurs" sont mieux organisées et gagnent en violence. Les mouvements de grève d'étudiants de Nanterre et Villetaneuse font tâche d'huile, Jussieu suit, Tolbiac voit des affrontements sévères entre étudiants de tous bords, de même qu'Assas, et en Province, Lyon, Toulouse, entre autre, commencent à suivre.
C'est dans cette ambiance tendue qu'arrivent les élections municipales de 1983...