Sitôt la victoire acquise en Masovie, les Saxons tentèrent eux aussi leur sortie. Si l'armée prussienne venait à être battue, notamment à cause de son infériorité numérique, il y aurait eu bien peu de monde pour empêcher l'invasion du Brandebourg. Seuls quelques hallebardiers et miliciens étaient restés en poste dans les casernes de Potsdam.
La ville de Dresde dans toute sa splendeur s'offrait aux regards des envahisseurs avides de s'en emparer ...
Les Saxons étaient pressés d'en découdre, leurs cavaliers galoppaient en tête pour se porter en premier sur l'ennemi.
Les Hallebardiers s'avancaient directement à leur suite ...
tandis que la milice prenait position dans les bois alentours pour se soustraire aux tirs meurtriers des canons prussiens.
Les gueux avaient bien du mal à faire face à l'infanterie de ligne du général Leopold von Anhalt-Dessau. Leurs rangs paraissaient bien vides après les décharges régulières dont les gratifiaient les mousquets des régiments du Mecklembourg.
D'ici quelques jours, tout Berlin parlera du 10e régiment de ligne ("Konrad von Rialow"), originaire de la Prignitz. Il avait essuyé l'essentiel des attaques de cavalerie qui menaçaient sans cesse le flanc droit du dispositif initial, mis en déroute la milice de Meißen, et s'était finalement jetté dans la mêlée finale, où les Saxons tentaient d'emporter la décision à la pointe de leurs baïonnettes.
Seul un peu plus du quart du régiment reviendra vivant de cette bataille! Mais couverts de gloire et acclamés par la toute la presse. Nombreux furent ceux qui eurent l'honneur de recevoir l'ordre du mérite militaire de la part de leurs officiers. Le régiment fut envoyé en convalescence pour reformation à Berlin après ce jour riche en actes héroïques.
La petite Prusse attirait lentement l'attention des grands d'Europe. Ses sciences aussi étaient bien représentées dans le cercle des Académiciens.
D'ailleurs, la guerre saxonne eut pour effet d'accélérer la vie économique et culturelle de tout le pays. La population acclamait Frédéric Ier lorsqu'il parcourait Berlin.
Tout allait donc pour le mieux, et même la construction d'observatoires royaux commença durant la guerre. Leur modèle était le Royal Greenwich Observatory, construit 25 ans auparavant dans les faubourgs de Londres.