Une bonne nouvelle vint soulager les épaules accablées d'Aristarque: les Arméniens proposaient la paix!
Les Leucosyriens redoublèrent d'efforts à l'annonce de cette funeste décision, et tentèrent rien de moins que la reprise de Nicomédie:
Gyras de Sardès, largement supérieur en nombre et en qualité, mis facilement en déroute cette armée de pouilleux téméraires, si bien qu'il ne resta qu'une poignée de survivants qui s'empressèrent de se disperser dans les champs alentours. Voilà un général qui a de l'avenir!
Et il en faudra, des généraux ... les Egyptiens sont de retour à Damas, qu'ils avaient épargnée il y a quelques mois pour des raisons inconnues, rompant un siège long et épuisant. La garnison de la cité est conséquente, mais provient uniquement de la levée de milice. Des Grecs formés rudimentairement à l'art de combattre en phalange, sans matériel lourd ni armure autre qu'un casque en bronze. Le rapport de force n'est pas vraiment convainquant ...
De nombreux membres de la famille impériale étaient présents, et galvanisaient les défenseurs des lourdes portes destinées à arrêter l'envahisseur. Les Nubiens que l'ennemi jetait à notre encontre furent miraculeusement défaits, mais les effectifs pléthoriques de l'armée égyptienne pesaient lourdement sur l'issue potentielle de la bataille. Malgré la résistance héroïque des hoplites, la garde du général pût passer, ne rencontrant que des restes d'unités épuisées ...
Restait à prendre la villa du gouverneur, là où tous nos fuyards se regroupaient. En concentrant une dernière fois les éléments épars ayant survécu, le général put être mis en fuite. En effet, sa phalange n'était pas en mesure de faire face à quelques hoplites de face et une attaque de cavalerie sur ses arrières en même temps; le moral flancha et le désordre s'ensuyant fit le reste. Cette victoire est digne de Séleucos Ier !
Là ne s'arrête pas le récit de cette féconde année, le Pont tentant une ultime attaque sur Tarsus, où la majeure partie de l'armée d'Antioche était venue assister une garnison maigrelette. Pour une fois, les Séleucides pourraient compter sur la force du nombre. La qualité elle, se trouvait du côté leucosyrien. Des mercenaires sarmates, un général compétent et avisé, le roi en personne! Et que dire de son fils, héritier du thrône, l'accompagnant? Jamais un aussi grand rassemblement de vipères ne fut observée devant cité grecque ...
La milice hoplite défendant la porte fut balayée en un rien de temps.
Les cavaliers s'engouffraient dans la ville, sécurisant l'artère menant au lieu convoité: la villa du gouverneur, siège de l'administration séleucide et symbole des puissants de cette terre.
Justement, les troupes d'Antioche se mettaient en position là-bas, épuisées par le trajet les menant des collines avoisinantes au centre de la cité, mais toujours prêts à manier la sarisse!
Le massacre fut court et violent. Le roi du Pont frappa sauvagement les lances menaçant de lui ôter la vie, et il fallut bien admirer son courage et ses qualités de guerriers, car nombre de piquiers furent contraints à quitter ce monde à la force de son bras. Son cheval blessé à mort ne parvint pourtant pas à le mener en lieu sur, aussi périt-il piétiné par nos conscrits enthousiastes. Le Pont subit une nouvelle défaite écrasante.
Les Ptoléméens profitent de l'absence des glorieux hoplites pour assiéger en toute quiétude Antioche. On ne peut leur porter assistance qu'en contournant le fleuve qui la sépare de Cilicie.