A toutes les gloires de la France.

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Chef Chaudard
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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Chef Chaudard »

C'est parti comme en l'an II !!!
- On se bat, on se bat, c'est plutôt qu'on est comme une espèce de poste avancé, quoi. Dans le cas que... comprenez, une supposition, que les Allemands reculent, crac, on est là!
- Pour les empêcher de reculer...
- Non, pour euh..., la tenaille quoi.

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stratcom
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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par stratcom »

On a failli attendre. :o:

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jmlo
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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par jmlo »

Les images du site ibb ne s'affiche pas chez moi :?
Reste à avoir bon cœur et ne s'étonner de rien (Henri II)

AAR Décisive battles :Fall Gelb 1940

Si, à 50 ans, t'as pas vu Fargo t'as raté ta vie :o: :o:

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Emp_Palpatine
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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Emp_Palpatine »

Hmmm...

Quelqu'un d'autre à ce problème?
Et si tu rafraîchis? Et les autres pages plus anciennes? :?
Vous pensez tous que César est un con? Vous pensez que le consul et son conseiller sont des cons? Que la police et l'armée sont des cons? Et vous pensez qu'y vous prennent pour des cons? Et vous avez raison, mais eux aussi! Parce que depuis le temps qu'y vous prennent pour des cons, avouez que vous êtes vraiment des cons. Alors puisqu'on est tous des cons et moi le premier, on va pas se battre.

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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Dolfo »

Pas de problème avec les images.
En revanche, l'admirable prose du rédacteur gagnerait à être présentée avec une taille de police plus importante :chinois:
Contente-toi de peu, amuse-toi de tout.

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Emp_Palpatine
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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Emp_Palpatine »

Ce sont les réglages de base du forum. Je ferai des essais dans les futurs posts. :o:
Vous pensez tous que César est un con? Vous pensez que le consul et son conseiller sont des cons? Que la police et l'armée sont des cons? Et vous pensez qu'y vous prennent pour des cons? Et vous avez raison, mais eux aussi! Parce que depuis le temps qu'y vous prennent pour des cons, avouez que vous êtes vraiment des cons. Alors puisqu'on est tous des cons et moi le premier, on va pas se battre.

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jmlo
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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par jmlo »

Emp_Palpatine a écrit :
dim. nov. 17, 2019 3:28 pm
Et si tu rafraîchis? Et les autres pages plus anciennes? :?
Aujourd'hui ça fonctionne même si j'ai l'impression d'avoir un modem 22,5K :o:
Sinon je plussoie pour la qualité de la prose :clap:
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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Boudi »

jmlo a écrit :
dim. nov. 17, 2019 3:46 pm
Aujourd'hui ça fonctionne même si j'ai l'impression d'avoir un modem 22,5K :o:
Pareil. :confus:
« Et c’est parti ! (Поехали! [Poïekhali!]) »
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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Emp_Palpatine »

J'ai testé ce week-end en chargant avec mon téléphone et j'ai vu que c'était irrégulier, effectivement. :o:

Mais irrégulier ça veut dire que dès fois, ça marche. :lolmdr: :mrgreen:

En toute franchise, j'ai un peu la flemme de refaire un nième compte d'image chez un nième fournisseur. :goutte:
Vous pensez tous que César est un con? Vous pensez que le consul et son conseiller sont des cons? Que la police et l'armée sont des cons? Et vous pensez qu'y vous prennent pour des cons? Et vous avez raison, mais eux aussi! Parce que depuis le temps qu'y vous prennent pour des cons, avouez que vous êtes vraiment des cons. Alors puisqu'on est tous des cons et moi le premier, on va pas se battre.

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griffon
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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par griffon »

Sur l'ordinateur ici pas de soucis , je n'ai pas essayé sur téléphone .....
SOL INVICTVS

Au printemps, je vais quelquefois m'asseoir à la lisière d'un champ fleuri.
Lorsqu'une belle jeune fille m'apporte une coupe de vin , je ne pense guère à mon salut.
Si j'avais cette préoccupation, je vaudrais moins qu'un chien


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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Emp_Palpatine »

La tourmente de 1848 et son impact en France.

I. Situation en Allemagne. Le mouvement national paralyse les cours. L'assemblée de Francfort. La contestation Rhénane excite l'opinion radicale. II. Affaiblissement de l'Empire d'Autriche. Revendications hongroises. Le soulèvement de juillet 1848. La nouvelle se répand dans le royaume Lombard-Vénitien. Soulèvement de Venise et action de Daniel Manin. Proclamation de la République. Les 5 jours de Milan. Les Autrichiens chassés de Milan. Intervention Sarde au nom de l'idée italienne. Anarchie en Toscane. III. Complications diplomatiques pour le gouvernement provisoire. Le risque de guerre en Allemagne. Le risque de guerre en Italie. La position française dans les Alpes menacées. Pression radicale sur le gouvernement provisoire. Appels à l'intervention. Crise du gouvernement provisoire. Habileté de Lamartine à l'approche de l'élection.

I.


La révolution, maladie du corps social, est contagieuse comme tant d'autres afflictions. La France n'avait pas été la première touchée, nous y reviendrons. Une fois la fièvre montée à Paris, c'est la Confédération Germanique qui vit la tempête arriver. La nouvelle de la révolution parisienne fut l'étincelle qui excita les feux qui couvaient derrière la crise économique et la frustration politique. Dans les capitales des cours allemandes, le scénario parisien se reproduisit avec plus ou moins de bonheur : les libéraux et leur ombre sinistre, les radicaux, manifestèrent plus ou moins bruyamment, plus ou moins violemment leurs volontés : une constitution dans leur État, une constitution pour l'Allemagne.
En l'espace d'un mois, la « révolution de Juin » avait fait son office : tous les États qui n'en disposaient pas encore avaient octroyé une constitution.

Image
Réunion et harangue politique, ici à Berlin mais une scène commune dans la Confédération Germanique de 1848.

Les esprits avancés ne s’arrêtèrent pas là : l'idée nationale, malgré les préventions princières et locales, progressait dans l'opinion grâce à une propagande habile, à l'illusion lyrique propre aux grands idéaux et, tout simplement, grâce à l'esprit du temps. Dans toute l'Allemagne, les partisans des idées nouvelles annoncèrent donc la convocation d'une assemblée allemande qui serait élue au suffrage universel. Les futurs députés allemands devraient se réunir à Francfort et donner à l'empire une constitution libérale.

C'était cependant sans compter aussi bien les divisions qui paralysaient l'Allemagne que les réticences des cours Allemandes qui firent de leur mieux, et avec talent, pour émasculer le parlement avant même sa convocation. Outre-Rhin bouillonnaient cependant des concepts dangereux pour la France mais, chez nous, l'opinion libérale n'avait d'yeux que pour les généreuses idées irriguant l'Allemagne et la nouvelle de soulèvements anti-prussiens en Rhénanie.

Image

Si à Berlin les Hohenzollern avaient dû céder aux habituelles revendications libérales en accordant une constitution, la contestation dans leurs provinces les plus récentes était autrement plus radicale : en Rhénanie, c'étaient des slogans anti-prussiens qui étaient scandés par les émeutes. On y réclamait au mieux pour la Prusse un Reich Allemand libéral et l'autonomie Rhénane, au pire pour les plus audacieux, la séparation pure et simple des provinces acquises en 1814 du domaine prussien. A Paris, ce genre de nouvelles, dûment amplifiées par les rêves français de révision des Traités, excitaient l'opinion et particulièrement les radicaux.
C'était là le premier casus-belli qu'ils agitaient sous le nez Gouvernement Provisoire : la Confédération Germanique est impuissante, l'Autriche occupée, la Rhénanie supplie sous le joug Prussien, l'honneur et le devoir de la République naissante étaient dans les pas des glorieux ancêtres de 1793.

II.
Lamartine, doté du portefeuille des Affaires étrangères, fut ainsi de plus en plus occupé à calmer les ardeurs belliqueuses de la capitale d'un côté, rassurer les ministres étrangers de l'autre. Dans la fournaise martiale des opinions radicales, les événements s'acharner à jeter encore plus de charbon : l'Empire d'Autriche, principal gardien des Traités, était lui-même perclus de troubles et ne donnait guère l'impression de pouvoir. Vienne, avant même la révolution parisienne, avait connu plusieurs jours de troubles s'étant achevés par l'écrasement de l'émeute. Ce signal de faiblesse ne fut pas manqué par les adversaires de l'Empire. Budapest bouillonnait depuis les émeutes et le début de la vague révolutionnaire sur le continent. L'assemblée et le gouvernement locaux, aux mains des libéraux et des radicaux, assaillaient Vienne de leurs revendications sur le contrôle des troupes, les lois, les symboles. Leurs demandes, fussent-elles acceptées, eussent signifié la fin de l'union de la Hongrie à l'Empire sous la forme qu'elle avait alors. C'était bien sûr inacceptable à Vienne.
C'est, comme il est de coutume dans ce genre d'affaire, une maladroite concession impériale qui mit le feu aux poudres. La Hongrie s'était donné de généreuses lois, acceptées à contre-coeur par l'Empereur Ferdinand (en sa qualité de Ferdinand V, roi de Hongrie), qui l'orientait vers une quasi-indépendance sous le régime de l'union personnelle. Le même Ferdinand accorda une Constitution début Juillet. La « Constitution de Juillet », si elle accordait aux libéraux des concessions notables, ne reconnaissait pas les changements intervenus en Hongrie et affirmait l'unité Impériale. Ce fut trop pour le gouvernement Hongrois qui, sous l'impulsion du radical Kossuth, mit fin à l'union avec Vienne puis, quelques jours plus tard, proclama la déchéance des Habsbourg. Le Royaume de Hongrie, prétendument indépendant, allait devoir lutter pour arracher sa liberté.

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La nouvelle des troubles en Hongrie se répandit à la vitesse de l'éclair dans le reste de l'Empire et infusa dangereusement là où la contestation menaçait déjà d'atteindre un point de non-retour. Les troubles du gouvernement central, l'indiscipline ou le retrait de troupes envoyées vers la Hongrie n'échappèrent pas aux militants du Royaume Lombard-Vénitien. Les esprits s'échauffèrent vite, d'autant plus qu'aucune mauvaise nouvelle n'arrivait d'Autriche. La faiblesse apparente de l'Empire enhardissait les Italiens. Le 4 août, à Venise, l'émeute se déversa sur la ville. Les autorités autrichiennes disparurent dans le chaos tandis que la foule, maîtresse de la ville, s'empara de l'Arsenal et libéra les patriotes emprisonnés préventivement par les autorités impériales, au premier rang desquels Daniel Manin.

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Manin, libéré par la foule et porté en triomphe.

Après avoir été portés en triomphe, les chefs libérés proclamèrent l'indépendance de la « République de Saint Marc » tout en se drapant dans les couleurs italiennes. Sur la Terre Ferme, l'autorité autrichienne disparut dans la panique. La république Vénitienne avait le contrôle théorique d'une Vénétie vide de troupes autrichiennes.

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Proclamation de la République de Saint Marc.

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Le tricolore adapté par les Vénitiens.

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Presque concurremment se soulevait Milan, capitale du Royaume Lombardo-Vénitien. Depuis plusieurs semaines, déjà, la population boycottait le tabac, privant les autorités d'une de leurs principales sources de taxation. A travers le comportement d'une violence grandissante de la soldatesque autrichienne (principalement des unités slaves), l'exaspération du gouverneur était perceptible. Le 1er Août, l'agitation dégénéra en bataille rangée. Contrairement à Venise où l'autorité autrichienne disparut dans la tourmente, elle combattit en Lombardie.

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De terribles combats urbains eurent lieu pendant cinq jours jusqu'à ce que le vieux maréchal Radetsky ordonne la retraite tout en jurant qu'il serait bien assez tôt de retour. Maître de la ville, les patriotes italiens proclamèrent, 24 heures après leurs homologues vénitiens, leur liberté.

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Les patriotes maîtres de Milan.

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Le tricolore brandi à Milan.

A Turin, les nouvelles en provenance de Vénétie et de Lombardie excitaient aussi bien les esprits radicaux que les appétits des calmes élites piémontaises. Le Statut accordé par Charles Albert satisfaisait les libéraux et les élites du Piémont : les concessions y étaient réelles mais suffisamment légères pour maintenir le poids de la dynastie et des décideurs Piémontais. Les soulèvements dans le Royaume Lombard-Vénitien offraient aux libéraux les plus avancés tout comme aux radicaux un nouvel argument, celui de la liberté italienne. C'était également pour la cour de Turin une tentation : ces révoltés ne pourraient tenir seuls. Et s'ils arrivaient par miracle, comprenons ici une intervention des puissances, à arracher leur indépendance, ils seraient à la merci d'une vengeance Autrichienne ultérieure. A Milan, on faisait le même calcul : Radetsky reviendrait et écraserait la Lombardie. A la fureur des patriotes radicaux de Mazzini, les nouvelles autorités milanaises se rallièrent à la solution de l'appel au Piemont-Sardaigne. Un rapide plébiscite fut organisé dans les zones tenues par l'insurrection, le résultat fut sans appel : partout la solution de l'union au Piemont-Sardaigne l'emporta. Début septembre, trois semaines après la victoire de l'insurrection, une délégation milanaise franchit le Tessin et alla porter au gouvernement de Charles Albert la pétition demandant l'annexion.

Image
Le document demandant l'intervention du Piémont et la réunion de la Lombardie.

A Turin, l'enthousiasme et l'exaltation patriotique étaient à leur paroxysme. Si Charles-Albert n'avait pas pris la décision que l'on connaît, sans doute eût-il été emporté par un coup d’État de ses officiers ou par un soulèvement de sa capitale. Il n'est pas plus à douter qu'il n'ait pas vu dans les événements un moyen d'agrandir les États de Savoie. Le Roi de Piémont-Sardaigne reçut donc la délégation milanaise et annonça que son Royaume ne saurait rester sourd à cet appel à l'aide. Des ordonnances royales donnèrent simultanément au royaume comme nouveau pavillon le tricolore italien tandis que l'armée se mettait en route vers Milan. Charles-Albert avait choisi la nation italienne et la guerre contre l'Autriche.

Image
Les nouvelles armoiries Sardes. Charles-Albert endosse la nation italienne.

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Pour ajouter au malheur de cette dernière, l'anarchie s'était répandue en Toscane où l'autorité du Grand Duc Léopold II, un Habsbourg lui aussi, était menacée par l'insurrection. L'Autriche devait donc se battre sur trois fronts et cela n'était pas pour arranger les affaires du gouvernement provisoire français.

Image
Caricature italienne d'époque.

(partie III. à suivre :o:)
Modifié en dernier par Emp_Palpatine le lun. déc. 30, 2019 11:55 am, modifié 1 fois.
Vous pensez tous que César est un con? Vous pensez que le consul et son conseiller sont des cons? Que la police et l'armée sont des cons? Et vous pensez qu'y vous prennent pour des cons? Et vous avez raison, mais eux aussi! Parce que depuis le temps qu'y vous prennent pour des cons, avouez que vous êtes vraiment des cons. Alors puisqu'on est tous des cons et moi le premier, on va pas se battre.

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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par griffon »

Une des plus belles périodes de l'histoire en Europe ! :ok:

L'émancipation est en marche ! :clap:
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Au printemps, je vais quelquefois m'asseoir à la lisière d'un champ fleuri.
Lorsqu'une belle jeune fille m'apporte une coupe de vin , je ne pense guère à mon salut.
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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Chef Chaudard »

Et les républiques fleurissent :clap: :clap: :clap:
- On se bat, on se bat, c'est plutôt qu'on est comme une espèce de poste avancé, quoi. Dans le cas que... comprenez, une supposition, que les Allemands reculent, crac, on est là!
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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Emp_Palpatine »

Techniquement, il n'y a que Venise et la France. :mrgreen:

(Dans cette alternative, Rome ne s'est pas soulevée. Le hasard des événements...)
Vous pensez tous que César est un con? Vous pensez que le consul et son conseiller sont des cons? Que la police et l'armée sont des cons? Et vous pensez qu'y vous prennent pour des cons? Et vous avez raison, mais eux aussi! Parce que depuis le temps qu'y vous prennent pour des cons, avouez que vous êtes vraiment des cons. Alors puisqu'on est tous des cons et moi le premier, on va pas se battre.

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Re: A toutes les gloires de la France.

Message par Emp_Palpatine »

III.

Tous ces bouleversement compliquaient considérablement la tâche du Gouvernement Provisoire. Depuis 1815 et l'humiliation des traités, les affaires extérieures étaient des affaires intérieures, surtout quand les idéaux généreux ou démocratiques sous-tendaient les événements. L'opinion était à l'affut de la moindre humiliation, réelle ou perçue, du moindre irrespect fait à notre position internationale. Alors que fleurissaient les insurrections en Allemagne et surtout en Italie, où l'influence française s'était développée sous Louis-Philippe, le Gouvernement Provisoire fut pris entre deux feux : les cris patriotiques et radicaux en faveur de l'intervention d'un côté ; les nécessités liées tant au maintien de l'ordre dans le pays qu'au maintien de notre position en Europe de l'autre.

Eviter la guerre générale et la reconstitution de la Coalition contre la France était la priorité de Lamartine depuis les journées de Mai. Il fut aidé en cela par la Providence qui répandit sur tous les continent les braises de l'insurrection mais les risques de guerre étaient nombreux. En Allemagne, le Roi du Danemark, s'était lancé dans une campagne de soumission de ses possessions du Schleswig-Holstein, à la grande fureur des patriotes allemands et de l'embryon d'assemblée de Francfort. Refusant la future séparation des Duchés allemands et du Royaume pour des questions de succession, Frederic VII promulga une nouvelle constitution qui prévoyait l'application de la loi successorale danoise aux deux Duchés membre de la Confédération germanique. Ces deux derniers se soulevèrent évidement, entraînant l'opération militaire danoise.

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Ferdinand VII, le caractériel roi du Danemark.

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Depuis le renversement de Louis-Philippe, le gouvernement de Copenhague n'avait pas encore dénié confirmer les liens d'alliance qui existaient entre les deux pays. Pour Lamartine, c'était un soulagement ! La France républicaine ne serait ainsi pas entraînée dans une guerre aux motifs on ne pouvait plus dynastiques, guerre où son intervention eût enflammée la nation allemande. En l'état, c'était surtout l'impuissance de l'Assemblée de Francfort à venir au secours des Allemands des Duchés qui frappa l'opinion germanique : le Schleswig et le Holstein étaient seuls. L'inanité du gouvernement de Francfort éclatait au grand jour : le soi-disant parlement allemand était incapable de lever des forces ou même de faire intervenir les puissances germaniques qui auraient pu le faire. La Prusse, puisque c'est d'elle qu'il s'agissait, ne désirait effectivement pas plus que nous déclencher une guerre européenne : il était évident que la France interviendrait si l'affaire des Duchés s'internationalisait et qu'une guerre générale éclaterait avec la Confédération Germanique.

Les frontières sud de notre pays n'étaient pas plus apaisées : la guerre qui commençait en Italie du Nord menaçait de nous entraîner dans un conflit avec l'Autriche, celui-là plus conforme à l'idéologie du Gouvernement Provisoire. Le Royaume de Piémont-Sardaigne était un allié fidèle et solide de la France. Sous Louis-Philippe, de nombreux traités et échanges avaient liés les deux cours, confirmés après les Journées de Mai. L'annonce de la guerre entre le Piémont et l'Autriche avait jeté la consternation parmi les modérés du Gouvernement Provisoire : la France allait-elle y être entraînée par la force de ses signatures ? Les câbles de notre ministre de Turin permit à la France de s'extirper de ce bourbier : le diplomate français confirmait à Paris ne pas avoir été consulté et que le gouvernement de Charles-Albert avait d'ailleurs émis le souhait discret de régler cette question nationale par les seules forces italiennes.
Il restait cependant évident que la France ne pourrait rester silencieuse et neutre si le Piémont, et donc la position française sur les Alpes, venait à être menacé dans son existence. La guerre venait à peine de commencer mais son déroulement et son dénouement conditionneraient la paix ou la guerre dans les mois à venir.

Rien de tout cela n'échappait aux radicaux Parisiens qui trouvaient dans ces « insurrections des peuples » de nouvelles causes à défendre, de nouvelles exigences à poser. La révolution politique étant en attente des élections à la constituante, l'opinion radicale espérait entretenir la machine révolutionnaire en menant le pays à la guerre révolutionnaire. Chaque jour, feuilles radicales, manifestations, pétitions et autres sièges du Gouvernement Provisoire réclamaient la guerre, qui pour la Hongrie, qui pour l'Italie, qui pour le Rhin, qui pour les Polonais (qui n'en demandaient pas tant). A cette époque d'orgueil national vexé, cette propagande ne laissait pas insensible les esprits plus sages : n'y avait-il pas là, après-tout, l'occasion de déchirer les Traités et de rendre au pays sa place en Europe ? Ne fallait-il pas profiter de l'affaiblissement des grandes puissances continentales ?
Ce débat traversait jusqu'au Gouvernement Provisoire. Le coup de grâce fut la visite, fort inopportune pour les modérés, d'une délégation vénitienne à Paris. Accueillie avec enthousiasme par les radicaux, c'est avec embarras que le Gouvernement louvoya pour éviter la rencontre directe. Les envoyés de Manin venaient demander la guerre à la France, l'intervention au nom des Peuples contre l'Autriche. Comment un tel langage eût-il pu laisser indifférents les radicaux ? Au sein même du Cabinet, l'intervention gagnait en partisans et une partie notable des membres menaçait de démissionner si la République Française n'assumait pas ses responsabilités politiques, diplomatiques et historiques.

Lamartine, nous l'avons écrit, avait fait du maintien de la paix la priorité de son ministère. La crainte tant de la fuite en avant révolutionnaire que de la renaissance de la Grande Coalition menait son action. En cette fin d'été 1848, les forces belligènes étaient cependant au plus haut. C'est toute l'habileté dont Lamartine pouvait faire preuve qui maintint ces forces dans les limites de la paix : Lamartine multipliait les cajoleries aux ambassadeurs et aux radicaux. La France commença ainsi à financer les ennemis de l'Autriche par des moyens détournés, discrètement mais assez peu pour que le bruit s'en répande dans les feuilles radicales à l'opinion et donne l'illusion de la solidarité républicaine. Après tout, l'intérêt national était aussi que l'Autriche fût occupée pendant que la France réglait ses affaires intérieures.

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La Hongrie bénéficie aussi de la générosité française.

Enfin, à l'opinion Lamartine répétait un nouveau mantra : il n'appartenait pas au Gouvernement Provisoire de lancer le pays à l'aventure. C'était un gouvernement issu de la volonté populaire, de toute la nation, qui pouvait prendre de telles décisions et mobiliser les forces de la Nation. Lamartine gagnait du temps. Lamartine était aussi lucide.
Vous pensez tous que César est un con? Vous pensez que le consul et son conseiller sont des cons? Que la police et l'armée sont des cons? Et vous pensez qu'y vous prennent pour des cons? Et vous avez raison, mais eux aussi! Parce que depuis le temps qu'y vous prennent pour des cons, avouez que vous êtes vraiment des cons. Alors puisqu'on est tous des cons et moi le premier, on va pas se battre.

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