Le Marchand de Venise

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Locke
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Le Marchand de Venise

Message par Locke »

Le Marchand de Venise
"Le profit est bénédiction quand il n'est pas volé."

Un AAR Rise of Venice: Beyond the Sea
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Partie Libre - Difficulté normale + consommation dynamique + toutes les villes découvertes - Production et population standards
Anno Domini 1450. La Sérénissime est au zénith de sa puissance. Sur terre, elle a repoussé les Visconti de Milan jusque sur l'Adda et prend pied dans le bassin du Pô. Sur mer, elle a repris le contrôle des ports dalmates aux Hongrois, affirme sa mainmise sur les comptoirs hellènes jusqu'en Chypre et repousse l'éternelle rivale génoise de son pré-carré de Méditerranée orientale. La cité aux canaux s'affirme comme la puissance thalassocratique incontournable de l'ancienne Mare Nostrum. Ses ports grouillants de portefaix et de marchandises témoignent d'un commerce intense et les palais de ses patriciens d'une opulence sans bornes.

De la masse grouillante du petit peuple de Venise, les plus rusés pouvaient pouvoir de la prospérité de la cité pour s'élever de leur humble condition. Les Locchini furent de ceux-là. A l'origine humble famille de bateliers, ils gravirent au fil des générations les corporations pour atteindre, sous le patronage de Salvatore, la position enviable d'épiciers, qui ouvrait à la famille le commerce en haute-mer. Salvatore Locchini avait dédié sa vie à rassembler un pécule suffisant pour se lancer dans cette lucrative et dangereuse entreprise: une petite cogue rachetée à un pisan endetté, quelques marins patibulaires en guise d'équipage, un comptoir délabré dans le Castello, quelques réserves pour graisser la patte des officiels et assurer les premières transactions. Son ambition réalisée, il se rendit compte que le poids de l'âge se faisait trop lourd sur ses épaules pour une telle aventure. La tâche fut donc dévolue à son fils aîné, Vittorio.
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Premier d'une fratrie de cinq, il était un authentique vénitien, né et élevé les pieds dans l'eau et le bagout en bouche. A vingt-deux ans sonnés, il était dans la force de l'âge, avait une condition physique tout à fait adaptée à l'éprouvante vie de marin et nourissait l'ambition de conquérir sa place dans le monde de la négoce vénitienne. Le 1er avril 1450, son père lui octroya la propriété de ses biens d'une vie. Ainsi commençait l'épopée marchande des Locchini.
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Vittorio fit dans un premier temps l'inventaire de la nouvelle entreprise: il y en avait pour 9.900 ducats de monnaie sonnante et trébuchante destinée aux transactions, 12.000 de biens immobiliers (le comptoir de négoce de Venise) et 15.000 injectés dans la modeste flotte marchande (une cogue). L'ensemble des avoirs représentait 36.900 ducats.
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La tâche s'annonçait de longue haleine pour le jeune épicier. Il doit en effet rassembler une fortune de 100.000 ducats et l'aval du Sénat pour accéder au titre plus enviable et moins rustre de négociant.
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Il lui faut se préparer à de longues journées de navigation, de sommeil difficile sur la paillasse de la cale, de repas frugaux à base de biscuits de mer rassis et de poisson séché, d'âpres négociations avec les représentants de guildes sur les quais et de solitude noyée auprès de dames de petite vertu plus ou moins vérolées, au petit bonheur la chance, dans des établissements au goût douteux. Son premier terrain d'opérations est la mer Adriatique, où les ports dalmates et albanais offrent des perspectives de démarrage intéressantes...
Elvis
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Re: Le Marchand de Venise

Message par Elvis »

Forza Vittorio !
The King Rocks Da Place !!

"-À mon avis, dans la guerre, il y a une chose attractive : c'est le défilé de la victoire. L'emmerdant, c'est tout ce qui se passe avant. Il faudrait toucher sa prime d'engagement et défiler tout de suite. Avant que ça se gâte…"
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Re: Le Marchand de Venise

Message par loda »

Ca ressemble à la série Patrician, non?

Je vais suivre ça de près... :)


EDIT : je me réponds à moi-même : oui, c'est un Patrican dans la méditerannée au moyen-age.

Le jeu est à -75% sur steam, soit 5.74€ et l'extension "Beyond the sea" à 9.99€ mais l'offre prend fin dans 2 heures :evil:
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Re: Le Marchand de Venise

Message par Elvis »

loda a écrit :Ca ressemble à la série Patrician, non?

Je vais suivre ça de près... :)


EDIT : je me réponds à moi-même : oui, c'est un Patrican dans la méditerannée au moyen-age.

Le jeu est à -75% sur steam, soit 5.74€ et l'extension "Beyond the sea" à 9.99€ mais l'offre prend fin dans 2 heures :evil:

J'ai pris !
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"-À mon avis, dans la guerre, il y a une chose attractive : c'est le défilé de la victoire. L'emmerdant, c'est tout ce qui se passe avant. Il faudrait toucher sa prime d'engagement et défiler tout de suite. Avant que ça se gâte…"
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Locke
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Re: Le Marchand de Venise

Message par Locke »

L'émoi et la fierté régnaient dans la demeure des Locchini. L'ensemble de la famille avait été conviée pour rompre le pain avant le premier départ de Vittorio. Présidant le cénacle, le grisonnant Salvatore était bien gardé par son épouse Caterina et ses deux filles Lucia et Angela. Au bout de la table siégeaient les oncles et tantes de Vittorio: Eleonora et Annabella du côté de son père, Mario du côté de sa mère. Entre eux se trouvait Angelo, le cadet de Vittorio. Tous passèrent un repas dans l'allégresse avec forces accolades et embrassades, souhaitant au nouvel épicier la bonne fortune dans ses affaires.
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Ces excès passés, Vittorio prit la route du comptoir où il devait faire un état des lieux et glaner quelques informations sur la conjoncture économique actuelle. L'entrepôt était rustique et poussiéreux. Une concierge passait sans conviction le balai sous le porche. Deux trois gratte-papiers déambulaient, documents sous le bras, entre des travées vides en mal de marchandises à accueillir. Le greffier était un ancien fonctionnaire, Gonzaga Gladiatto, lequel avait été dégradé de sa position après avoir fait preuve d'un trop grand zèle dans la défense des privilèges de sa corporation face aux patrices vénitiens. Affalé sur son pupitre, il rédigeait de la poésie entre deux paperasses. Le service de ce larron dans l'appareil mercantile en faisait un fin maître dans l'art de la collecte des ragots et l'oreille des Locchini sur la place marchande vénitienne. Il se redressa à la vue de son employeur, qui venait tromper la lenteur de sa journée.
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"Signore Locchini ! J'ai achevé ce matin même mon rapport sur les places marchandes de notre république et les opportunités que vous pourriez en tirer."

"Ottimo, Gladiatto. Dites-moi tout."

"Signore, vous n'êtes pas sans savoir que notre ville est la plus riche du monde entier. Seule Gênes peut envisager de rivaliser avec nous en termes de flux commerciaux. Notre arrière-pays nous assure une production de fruits importante, les paludiers de Sante Croce et l'artisanat de note ville produisent une importante quantité de biens de luxe."
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"Cette saison, la production de fruits a été particulièrement abondante et les prix sont bas, il y a un coup à jouer. Inversement, la prospérité de notre ville stimule la demande en céréales pour nourrir le petit peuple et les portefaix saisonniers ainsi qu'en matériaux de construction."
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"Or, il s'avère que la demande en fruits de la ville de Zara se fait forte et que nous pourrions, inversement, importer du bois pour répondre aux besoins de notre ville. La cité étant également renommée pour ses poteries, nous devrions en profiter pour en acquérir et les stocker en attendant une bonne opportunité de vente. N'oubliez pas que votre permis d'épcier ne vous permet de négocier que les biens agricoles et artisanaux les plus élémentaires: bois, briques, céréales, fruits, poteries, huiles et vin."
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Satisfait de ce rapport, Vittorio prit congé de son assistant et prit la direction de la capitainerie où la cogue de la compagnie Locchini ronflait paisiblement sur la lagune. Son père l'avait baptisée San Coelio, du nom d'un abbé de San Marco reconnu pour son désintérêt et son dévouement auprès des sans-toit et des vagabonds, et ce malgré plusieurs accusations calomnieuses de simonie. C'était une bicoque chétive mais brave, qui pouvait embarquer deux cents tonneaux de marchandises.
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A la barre, un loup de mer qui prétend avoir rejoint le Cathay via la Mer Rouge en se faisant passer pour un mahométant, Franco Donati Elvisi. Plus certainement, il a bourlingué de nombreuses années au Levant, voguant entre Alexandrie et Beyrouth pour le compte des épiciers vénitiens locaux. En plus d'une gouaille qui lui permet d'abréger les tractations avec les douanes locales pour se dégoter un quai où jeter l'ancre, il sait rafistoler un navire avec trois fois rien, réduisant ainsi les coûts de maintenance du navire.
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Les portefaix s'afféraient à monter à bord de la cogue la cargaison de fruits destinée à être vendue à Zara. L'ordre d'achat avait été promptement passé et réglé rubis sur l'ongle. L'équipage se préparait au départ, tandis que Vittorio se frottait les mains d'excitation à l'idée de ce périple, même si Zara n'était guère loin. C'était de nouveaux horizons qui s'ouvraient à lui. Peu de temps après, la petite cogue quitta la lagune sous un soleil clément et un vent quiet. Le trajet vers l'Istrie s'annonçait sans encombres...
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Re: Le Marchand de Venise

Message par loda »

Sympa la lecture :ok:

Tu as le choix de la ville de départ ? Plus globalement, quelles sont les possibilités pour varier les départs et la difficulté ?
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Locke
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Re: Le Marchand de Venise

Message par Locke »

loda a écrit :Tu as le choix de la ville de départ ? Plus globalement, quelles sont les possibilités pour varier les départs et la difficulté ?
On a -hélas- que la seule Venise comme ville de départ. Sinon il y a pas mal de paramètres de difficultés. Tu peux en premier lieu randomiser les marchandises produites dans les villes, pour des parties plus imprévisibles. Il est aussi possible de réduire l'inflation maximale des biens, modifier la vitesse de la chute des prix, les gains de réputation, la présence de pirates, d'événements naturels (famines, peste, séismes, feux de forêt, ect.)...
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Re: Le Marchand de Venise

Message par Blutch »

J'adore ces jeux de gestion à "l'allemande" (Deutsche Kalitêt). Ce qui me rebute ce sont les combats navals.
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Re: Le Marchand de Venise

Message par Bartimeus »

La gestion du commerce elle est comment ? Facile à prendre en main ou assez pointu ?
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Re: Le Marchand de Venise

Message par von Aasen »

Très bel AAR :clap: :clap: :clap:

Le jeu ne m'avait pas attiré lors de sa sortie, les commentaires et tests étaient désastreux. En-dessous de "Machiavelli - The Prince" des années 90. Voyons ce qu'il en est en pratique :mrgreen:
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griffon
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Re: Le Marchand de Venise

Message par griffon »

conviens qu'il n'est pas facile d'être au dessus de "Machiavelli - The Prince" ;)
SOL INVICTVS

Au printemps, je vais quelquefois m'asseoir à la lisière d'un champ fleuri.
Lorsqu'une belle jeune fille m'apporte une coupe de vin , je ne pense guère à mon salut.
Si j'avais cette préoccupation, je vaudrais moins qu'un chien

Elvis
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Re: Le Marchand de Venise

Message par Elvis »

AAR tres agréable à lire en effet

En plus, illustré avec de pittoresques et épiques personnages, tel ce mystérieux et séduisant capitaine Franco Donati Elvisi, ce qui ne gache rien... :ok:
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"-À mon avis, dans la guerre, il y a une chose attractive : c'est le défilé de la victoire. L'emmerdant, c'est tout ce qui se passe avant. Il faudrait toucher sa prime d'engagement et défiler tout de suite. Avant que ça se gâte…"
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Re: Le Marchand de Venise

Message par GA_Thrawn »

C'est toujours un plaisir de lire un aar de locke!
Il se murmure cependant à Venise que si ce jeune homme veut aller jusqu'à cathay ce n'est point pour la soie mais plutôt pour les jeunes filles :chicos:
« Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France : ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. »
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Re: Le Marchand de Venise

Message par jolou »

Toujours bien un AAR sur un jeu proche de Patrician et sur Rise Of Venice, j'ai hésité a l'acheter récemment
La même Idéologie pour toute l'Humanité, le Poltronisme et son prophéte El Gran Poltron !
Vive le Poltronisme!

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Re: Le Marchand de Venise

Message par Locke »

Pour sa première traversée, le San Coelio avait été chargé de quarante tonneaux de fruits et quarante tonneaux d'huiles, des denrées rares sur la côte dalmate qui saurait satisfaire une clientèle de bonne fortune pour les marchands locaux. La cargaison avait coûté environ 4.900 ducats, une bonne moitié des réserves liquides des Locchini. Vittorio espérait en tirer une bonne marge pour amortir cet investissement. Zara faisait partie de ces ports de seconde zone nageant entre deux eaux, incapables de capter un flux de navires suffisant pour faire concurrence aux gros pôles marchands tout un constituant un terreau idéal pour les petits négociants plus à même de répondre aux demandes du marché local.
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Une fois pied à terre, Vittorio s'empressa de faire écouler la marchandise au plus offrant. Les fruits et les huiles se vendent au même prix: 100 ducats le tonneau, ce qui donnait pour l'ensemble du fret une valeur totale de 8.000 ducats. Un peu plus de 30% de taux de marge, c'était une première affaire bien menée. Le nom de Locchini résonnait pour la première fois sur les places marchandes et on appréciait de voir que les petits comptoirs dalmates n'étaient pas abandonnés par les négociants du suzerain italien.
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Zara était une ville artisanale et fournissait également du bois qui s'avèrerait utile pour soutenir la demande vénitienne. Vittorio ne souhaitait pas cependant rentrer de suite à la cité-mère. Il avait refourgué ses fruits et ses huiles pour acheter des poteries, spécialités locales. Sa cale étant cependant malingre, il prévoyait de la compléter avec des briques produites à Durrës pour vendre le tout à Venise. Raguse, qui était sur la route, devait être évitée: Il avait appris qu'une épidémie de peste s'y était déclarée.

Le plan fut cependant modifié en cours de route. Elvisi avait appris auprès d'un ambulant partageant avec lui une chopine dans un troquet de Zara que le recteur de Raguse avait émis un contrat juteux, d'une valeur de plusieurs milliers de ducats, sans pour autant en savoir davantage sur sa nature. Vittorio était partagé à l'idée de prendre le risque d'amarrer dans une ville pestiférée, mais l'esprit d'aventure et la cupidité finirent par triompher de la rationalité du jeune marchand. Après avoir pris les précautions nécessaires, le San Coelio mit le cap sur Raguse.
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L'ambiance à son arrivée était bien évidemment mortifère. La puanteur des cadavres et des excréments se dégageait des remparts de la cité. Il n'y avait que quelques bateaux suffisamment téméraires pour s'y accoster, la cogue des Locchini n'eut aucun souci à se trouver une jetée. Le Stradun, l'artère principale de la vielle ville, avait été soigneusement quadrillé par le guet local pour ne pas entraver le peu de commerce qui subsistait. En le remontant pour rencontrer le recteur, Vittorio remarquait dans les rues perpendiculaires que bon nombres de bâtiments avaient leurs portes et fenêtres closes. Raguse était une ville mourante.
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On lui accorda une entrevue avec le potentat local. Celui-ci lui expliqua que les médecins de peste, dont le sinistre costume réclamait de force tissu dans sa fabrication (marchandise que Vittorio ne pouvait hélas acheter, faute de permis), manquaient également d'huile aromatiques pour tapisser le bec de leurs masques. Il fallait donc en importer une grande quantité afin de pouvoir lutter plus efficacement contre l'épidémie de peste. En plus d'une récompense de 3.500 ducats, l'assurance d'une bonne salubrité publique serait saluée par les habitants de la ville, qui considéreraient en haute estime le marchand qui les auraient aidé à mettre un terme à la maladie. Qui dit une plus grande reconnaissance dit une meilleure exposition sur les marchés. Vittorio ne retirait que des bénéfices à participer à cette entreprise.
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Il continua cependant sa route vers Durrës, s'étant entretemps débarrassé des poteries de Zara qu'il refourgua aux marchands de Raguse. Arrivé au port albanais, il fit cale pleine de ces briques qui feraient le bonheur des artisans vénitiens. C'était un investissement considérable mais qui appelle à être fructueux.
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Rentré au bercail, il écoula comme prévu les matériaux de constructions. Vittorio fut un peu désappointé de constater que la marge était moindre qu'avec des produits plus luxueux comme les fruits et les poteries, mais il en tirait malgré tout un bénéfice substantiel. Il n'y a pas de petit profit, au vu de sa modeste position.
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Il acheta enfin une cargaison de 92 tonneaux d'huiles à destination de Raguse. Vittorio pestait de ne pouvoir en acheter davantage sans que les marchands ne commencent à drastiquement augmenter leurs prix, mais il devait garder raison et ne pas céder ses profits à la promptitude. Le recteur lui avait donné jusqu'au 14 mai pour accomplir sa tâche. Au 18 avril, la moitié de la cargaison attendue est livrée. Le temps et l'argent joue en faveur l'aîné Locchini.
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