La Grande GueAAR [AAR Darkest Hour]

Code 44
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La Grande GueAAR [AAR Darkest Hour]

Message par Code 44 »

En 1914, le royaume d'Autriche-Hongrie est stable, comparé à ses voisins européens : l'Empereur François-Joseph règne sur les terres autrichiennes depuis 1848 et le pays s'est revelé de la défaite de la guerre de Sept Semaines en 1866.
L'Empire s'est agrandi avec l'ajout des terres hongroises en 1867 et a tissé des liens d'amitiés avec ses ennemis d'hier, l'Allemagne et l'Italie, formant la Triple Alliance.

Mais des troubles agitent les Balkans. La ligue balkanique soit la Serbie, la Bulgarie, la Grèce et le Monténégro chassent l'Empire Ottoman sur le déclin, hors de l'Europe. La seconde guerre balkanique voit la Bulgarie vaincue par ses anciens alliés et le renforcement de l'amitié russo-serbe.

Pour autant, à l'été 1914, la Double Monarchie n'a pas les Balkans à l'esprit.
Elle n'a d'yeux que pour l'héritier de la couronne, le neveu de l'Empereur, le prince François-Ferdinand.
Le 28 juin, ce dernier se rend à Sarajevo en Bosnie pour y assister à des manoeuvres militaires. Il n'en reviendra jamais.
Crna ruka, une organisation nationaliste serbe, rêvant d'unir tous les peuples slaves dans un seul état-nation, la Yougoslavie, arme de jeunes étudiants bosniaques pour assassiner le futur Empereur.
Malgré des complications et des problèmes de logistique, un des étudiants, Gavrilo Princip parvient à tirer à deux reprises sur François-Ferdinand et son épouse.

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L'assassinat de François-Ferdinand, le 28 juin 1914.

A ces deux coups de pistolets feront écho beaucoup d'autres dans les Balkans, dans l'Europe et dans le monde entier.
C'est le début de la plus grande boucherie du début du XX° siècle.
C'est le début de la Première Guerre Mondiale.
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Re: La Grande GueAAR [AAR Darkest Hour]

Message par Code 44 »

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L'ultimatum n'est pas pleinement accepté par la monarchie serbe
Karl leva les yeux de son verre de schwarzbier pour voir arriver son ami Gustav comme un beau diable au Café Central, manquant de bousculer un habitué qui allait siroter son verre de bière au soleil. Karl maugréa en voyant Gustav se précipiter à sa table, un journal plié en quatre sous le bras. Inutile d'être grand-clerc pour savoir qu'il allait encore vouloir parler politique. Pour l'amour de l'Empereur, n'avait-il rien de mieux à faire en ce bel été ?
Flâner sur les berges du Danube au bras d'une jolie maîtresse par exemple. Karl ne lui en aurait nullement tenu rigueur. Sûrement pas quand lui-même était en train de faire découvrir Vienne à Karolina, une jeune danseuse de Budapest, venue se frotter à l'excitation de la ville des Habsbourg.
Elle était charmante Karolina avec sa robe bleue et son chapeau un peu de guingois. Karl lui trouvait un je-ne-sais-quoi d'élégance française. Ou en tout cas, c'était ce qu'il glissait à l'oreille d'une Karolina ravie d'être à la mode de Paris.
Karl allait demander à la jeune femme de l'excuser afin qu'il puisse parler en privé avec son ami mais Gustav ne lui en laissa pas le temps. Ce dernier s'assit brusquement sur une chaise de bois polie, juste en face du couple et sans même marmonner un bref salut à la danseuse et à son ami, il déplia son journal d'une main fébrile.
Karl aurait aimé rappeler à Gustav qu'on ne se conduisait pas comme le dernier des goujats devant une dame, à plus forte raison si l'on était autrichien. Diable, nous étions des gens civilisés, pas le dernier des paysans russes !
Mais les leçons de politesse qu'avait apprises Gustav pourtant enseignées à grands coups de cannes par ses précepteurs semblaient fondre comme neige au soleil depuis l'assassinat de François-Ferdinand.
Les deux amis sortaient du Volksoper après une représentation de la Chauve-Souris de Johnann Strauss quand ils avaient appris la nouvelle de l'attentat de Sarajevo, par le biais d'un homme qui hurlait dans les rues à tout-va. Profondément désintéressé de la politique, Karl n'y avait pas vu de raison particulière de s'inquiéter. Après tout, des hommes mouraient tous les jours dans le Monde. La noblesse ne protégeait en rien ses membres de la maladie ou de l'assassinat. Au contraire, Karl y avait vu une nouvelle raison de se maintenir dans son mode de vie hédoniste actuel : alcool et cigares de luxe, jeunes filles à séduire, que demander de plus pour être heureux ?
Gustav au contraire, qui passait ses journées à éplucher les journaux et ses nuit à assister à des débats et des réunions politiques, s'était littéralement effondré sur les rues pavées de Vienne. Karl l'avait relevé à grand-mal - c'était qu'il pesait son poids, l'animal ! - et l'avait poussé dans le premier café qu'ils avaient trouvé. Devant son Verlängerter qu'il toucha à peine, Gustav avait tout juste murmuré : "la guerre...c'est la guerre".
Cela faisait presque un mois et ils ne s'étaient pas revu depuis. Karl avait pensé qu'il fallait un peu de temps à son ami pour se remettre de ses émotions, peut-être un peu de repos pour reprendre du poil de la bête et redevenir le Gustav de toujours, un des plus brillants jeunes avoués de Vienne.
Mais à voir Gustav aujourd'hui, la sueur perlant au front, la moustache en désordre et mal brossée, Karl devait avouer qu'il s'était peut-être trompé.
_Qu'est-ce qui te met dans cet état mon ami ? demanda Karl en relevant sa paire de lunettes nacrée sur son nez aquilin. Au passage, je te présente mademoiselle Bettelheim, en visite dans notre bonne ville de Vienne.
Karolina tenta un timide "bonjour" de sa petite voix flutée mais Gustav n'en tint nullement compte. Il continuait de fouiller son journal, le nez presque collé aux caractères d'imprimeries avant de s'arrêter brusquement et de tendre une des pages du journal à son ami, toujours sans un regard pour la jeune femme qui l'accompagnait.
_Lis-ça, souffla d'une voix morne Gustav. Lis-ça et tu comprendras.
En vérité, la journal était si près que Karl avait du mal à déchiffrer correctement les mots et les phrases qu'il avait sous les yeux. Après avoir éloigné le journal de quelques centimètres, il put se mettre à lire correctement.
_"La Serbie refuse le dixième point de notre ultimatum et ordonne la mobilisation générale."
Karolina qui s'était penchée par dessus l'épaule du viennois, put lire également.
_Et alors ? demanda Karl en repliant le journal et en le rendant à son ami. Les Serbes jouent les gros bras pour nous impressionner, la belle affaire.
_Mais ne comprends-donc tu pas ? geignit Gustav en lui arrachant le journal des mains. Les Serbes ont le Tsar de leur côté. Il a lui aussi décrété la mobilisation.
_Et bien quoi, tu crains la guerre ? demanda Karl en buvant une gorgée de schwarzbier. Nicolas II n'est pas fou, dit-il en reposant le verre sur la table nacrée. Il n'ira pas au devant d'un conflit alors que nous avons l'Allemagne et l'Italie avec nous.
_Ca ne marche pas comme ça, déclara Gustav en se prenant la tête entre les mains. Les Russes sont les amis des Français, qui sont les amis des Anglais. On va se retrouver au devant d'une guerre gigantesque...inimaginable.
_Allons, l'encouragea Karolina en posant sa petite main gantée sur celle de l'avoué. Personne ne veut d'une guerre. Elle n'éclatera pas. Et si même cela devait arriver, tout serait réglé très vite. Je veux dire, nous ne sommes plus des animaux, n'est-ce pas ? On pourra s'entendre entre gens civilisés.
_Je...j'espère que vous avez raison, bredouilla Gustav avant de se muer dans un silence épais.
Décrétant que le spectacle avait assez duré pour la hongroise, Gustav posa quelques couronnes sur la table et aida Karolina à se lever. Il enfila son chapeau, prit sa canne et tapotant l'épaule de son ami d'un geste rassurant, lui promis que dans quelques jours, ils iraient se reposer tous deux à la montagne, dans sa maison de campagne, au pied des Alpes.
Karl prit le bras de Karolina en sortant du café tout en s'engageant dans les rues de Vienne. En sentant le frêle corps de la jeune femme près de lui, le viennois sentit les quelques doutes qu'avait réussi à instaurer Gustav en son cœur se dissiper.

Non, décidément, la hongroise avait raison : qui en 1914, voulait d'une guerre européenne ?

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Déclaration de guerre de l'Autriche-Hongie à la Serbie
Modifié en dernier par Code 44 le mar. sept. 20, 2011 9:18 am, modifié 1 fois.
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Maréchal Joukov
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Re: La Grande GueAAR [AAR Darkest Hour]

Message par Maréchal Joukov »

Bonne chance, les empires centraux ne sont pas gâtés dans DH.
Urial
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Re: La Grande GueAAR [AAR Darkest Hour]

Message par Urial »

tres jolie plume ! :clap:

bonne chance je vais suivre cela avec interet ! :signal:

tu as bien fais de venir par ici Fernando Torres, l'un des dev de DH est parmis nous ^^ du coup si tu as des questions n'hesite pas a les poser dans la section DH, il y répondra surement :)
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Emp_Palpatine
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Re: La Grande GueAAR [AAR Darkest Hour]

Message par Emp_Palpatine »

Très original et bien écrit! :ok:

Je me permets de faire quelques petites remarques pour améliorer encore plus l'ambiance: la monnaie de la double monarchie était la Krone (Couronne). :signal:
Et la Couronne de St Étienne était déjà Habsbourgeoise avant 1867, elle est juste sur un pied d'égalité avec celle d'Autriche après cette date. :siffle: Mais je chipote.

En tout cas c'est plaisant, il me tarde de découvrir la suite.
Vous pensez tous que César est un con? Vous pensez que le consul et son conseiller sont des cons? Que la police et l'armée sont des cons? Et vous pensez qu'y vous prennent pour des cons? Et vous avez raison, mais eux aussi! Parce que depuis le temps qu'y vous prennent pour des cons, avouez que vous êtes vraiment des cons. Alors puisqu'on est tous des cons et moi le premier, on va pas se battre.
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Re: La Grande GueAAR [AAR Darkest Hour]

Message par Code 44 »

Merci, j'ai corrigé ;)

Dire que j'ai relu la Part de l'Autre y a pas si longtemps et j'ai même pas flashé que quand il vit à Vienne, Hitler utilise la couronne ^^
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Re: La Grande GueAAR [AAR Darkest Hour]

Message par Code 44 »

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La guerre prend de l'ampleur
Les mains posées sur sa canne nacrée, lissant avec soin un mauvais pli dans sa veste d'été, le Freiherr von Rosen observait avec attention le père Fijal exorter le peuple viennois par son prèche endiablé. Le père Fijal avait choisi de s'exprimer non pas dans son église mais en place publique, au sens le plus propre du terme puisque ses enfants de choeur avaient installé une sorte d'estrade sur la Heldenplatz où depuis plusieurs heures désormais, il poussait les rares hommes qui ne l'avaient pas encore fait à se porter volontaires pour la guerre.
_Ce conflit est une mission divine ! cracha le religieux en agitant une bible à bout de bras. Dieu nous a choisi nous, les autrichiens, héritiers du Saint Empire Romain Germanique ainsi que nos amis allemands pour pourfendre la bête slave !
Fijal marquait des pauses régulières dans ses diatribes pour permettre à la foule de s'imprégner de ses paroles. Et à lui même de boire discrètement quelques verres d'eau.
_Ne vous y trompez pas ! Qui se dresse devant-nous sinon des bêtes qui seront justement châtiées par le fouet de la civilisation européenne ? La Serbie est une nation d'assassins ! N'ont-ils pas tué notre futur Empereur, le bon François-Ferdinand et sa malheureuse et innocente épouse ?
Le Freiherr aurait pu corriger le prêtre en lui précisant qu'au fond, personne ne savait vraiment si la Serbie avait aidé les assassins de l'archiduc. Et que c'était justement le refus serbe de recevoir les policiers austro-hongrois qui avait mis le feu aux poudres, quelques jours auparavant.
_La Serbie veut asservir les peuples des balkans dans un gigantesque Etat qui affaiblirait l'Empire ! Dieu et ses plus fidèles sujets, les autrichiens, ne peuvent l'accepter !
Des cris d'encouragement montèrent de la foule. Fijal sourit et reprit de plus belle.
_Le Fils de notre Seigneur le dit lui-même : "je ne suis pas venu apporter la paix mais l'épée." Et qui mérite plus de se saisir de ce glaive que la glorieuse nation autrichienne, pour la plonger dans le ventre fumant de la vermine slave ?
Nouvelle nuée d'applaudissements. Il n'échappait pas à von Rosen que le père Fijal allait au plus vite, arrondissait les angles et gommait les détails afin d'électriser la foule. Pas la peine qu'il précise par exemple que les tous premiers combats, quand l'armée autrichienne avait voulu marcher sur le Monténégro, allié de la Serbie afin d'attaquer le pays ennemi de toutes part s'était soldé par un douloureux échec. Ni qu'à l'est, les premières divisions russes avaient prises les austro-hongrois de vitesse, occupant déjà certaines provinces.
_Mais nous ne sommes pas seuls dans cette glorieuse croisade ! reprit Fijal après un verre d'eau. Dieu guide aussi le bras du kaiser Guillaume II. Que peut faire la nation de paysans qu'est la Russie face à la civilisation allemande et autrichienne en marche sinon s'y plier de gré ou de force ?
Il était vrai que les allemands avaient progressé plus rapidement que leurs alliés autrichiens sur le front de l'Est. On murmurait que les hussards du kaiser étaient déjà à Varsovie et que les marins allemands allaient quitter Konigsberg pour débarquer directement à Sébastopol et faire tomber le tsar.
Mais en vérité, le Freiherr von Rosen savait que ça ne serait pas aussi simple. L'essentiel des troupes allemandes était à la frontière française, sachant parfaitement que ce derniers n'attendaient qu'une occasion pareille d'honnorer leur alliance avec la Russie pour reprendre l'Alsace-Lorraine. Comme la plupart des austro-hongrois, le baron espérait que les troupes du kaiser pourraient contenir les français le temps qu'ils remportent la victoire en Russie. Certes, l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie étaient de puissants empires mais même un grand conquérant comme Napoléon s'y était cassé les dents.
_En vérité, je vous le dis, la victoire nous tend les bras. Il ne nous reste qu'à l'étreindre avec la bénédiction du Seigneur. L'Empereur n'a t-il pas promis que ses soldats seraient rentrés avant la chute des feuilles ?
Nouveau cri de joie dans la foule chauffée à blanc. Le père Fijal avait parfaitement réussi son pari de pousser encore davantage le désir de guerre dans la tête des jeunes viennois.
Le Freiherr allait rester encore un peu sur la place quand il sentit son domestique particulier, un croate à son service depuis des lustres lui glisser à l'oreille :
_Monsieur le baron, nos amis allemands ont déclaré la guerre aux français.
Von Rosen eut un mouvement d'épaules, l'air de dire "mon pauvre ami, c'est une nouvelle qui n'étonne personne".
Pourtant, le visage de son valet, si habitué à rester flegmatique, semblait étrangement nerveux.
_Ce n'est pas tout monsieur le baron...le kaiser a aussi envoyé ses troupes marcher sur la Belgique et le Luxembourg.
On pense que la principauté tombera avant la nuit.
Le Freiherr comprit sans attendre que les choses allaient se gâter à l'ouest. Les anglais garantissaient la neutralité de la Belgique. Si cette dernière se retrouvait aux côtés de l'Entente, il y avait fort à parier que George V ne serait pas long à déclarer la guerre à la Triplice.
_Mais pourquoi a t-il fait cela ? demanda le Freiherr à son valet.
_A ce qu'on raconte monsieur le baron, c'est un plan de l'Etat-Major allemand. Ils veulent passer par la Belgique pour frapper les français dans le dos, faire tomber Paris et forcer l'ennemi à se rendre rapidement. En signant la déclaration de guerre, le kaiser aurait promis à son cabinet que ses hommes fêteraient Noël sur les Champs-Elysées ou à Berlin, à leur bon vouloir.
Le Freiherr von Rosen mordilla sa lèvre inférieure un court instant, comme pour relativiser. Bon. Les militaires n'étaient pas des imbéciles. Le plan était audacieux mais il devait sûrement pouvoir réussir. Guillaume II n'aurait pas risqué l'entrée en guerre des anglais pour si peu.
Finalement, ce n'était pas si terrible. Une fois la France à genoux, les allemands pourraient concentrer leurs forces toutes entières sur la Russie. D'ici là, l'Empire en aurait bien fini avec cette maudite Serbie et ce méprisable Monténégro.
La guerre serait courte. Après tout, comme le préchait si bien le père Fijal, ils avaient Dieu avec eux.
Et si ça ne suffisait pas, ils avaient plusieurs millions d'hommes et autant de canons.
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Re: La Grande GueAAR [AAR Darkest Hour]

Message par GA_Thrawn »

C'est bien écrit et agréable à lire. :D
Bienvenue parmi nous. :signal:
« Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France : ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. »
Marc Bloch
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Re: La Grande GueAAR [AAR Darkest Hour]

Message par Code 44 »

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Avant le début du conflit, l'Empereur ordonne des recherches sur une nouvelle arme. Parallèlement, le docteur Freud est approché comme médecin et conseiller personnel du cabinet impérial.
Jusuf Gordana transpirait à grosses gouttes dans son bleu de travail alors qu'il martelait inlassablement une plaque de métal. Les hauts fourneaux crachaient une chaleur telle dans tout l'atelier que la plupart des ouvriers étaient à moitié nus. Pas Jusuf. Pas parce que tenu par une certaine pudeur mais parce qu'il savait que s'il se brûlait, ses habits pourraient toujours lui apporter une certaine protection. Protection dérisoire certes mais mais toujours supérieure à celle de la peau nue.
Un mois. Plus d'un mois que des cadences de travail avaient plus que doublées pour satisfaire la production de guerre.
La plupart des ouvriers étaient partis sous les drapeaux défendre l'Empire laissant leurs collègues assurer une charge de travail supplémentaire phénoménale.
Jusuf leva les yeux vers les verrières entrouvertes de l'atelier, comme si le vent de septembre pouvait venir rafraichir son corps usé par la sueur et le sel.
Quelle idée de faire la guerre en été !
Par chance l'automne n'était pas loin. Mais ce n'était pas comme si les usines d'Austro-Daimler ne semblaient pas hors des saisons depuis peu.
Jusuf se souvenait encore de la tête de sa famille quand il avait trouvé cet emploi. Austro-Daimler pour fabriquer des automobiles ! Les Gordana faisaient leur entrée dans le XX° siècle !
Qui aurait cru que depuis la déclaration de guerre à la Serbie, le travail de Jusuf changerait encore à ce point ? L'entreprise avait été approchée par le cabinet de recherches de l'Empereur lui-même afin de mettre au point une toute nouvelle arme, une sorte de canon monté sur voiture, le tout recouvert d'épaisses plaques de tôle. Jusuf n'avait pas l'instruction nécessaire ni tout simplement l'envie de comprendre les détails de cette guerre. Il savait juste qu'en fabriquant cette nouvelle arme, il contribuait autant à l'effort de guerre que ses fils, en combattant en Serbie.
Un sifflement retendit dans toute l'usine, à la grande joie des ouvriers. La pause. Quelques minutes pour boire un coup et manger un morceau, pour discuter entre camarades avant de reprendre le boulot. Jusuf les chérissait ses moments là.
Ils étaient de plus en plus rares.
L'ouvrier laissa là le morceau de métal qu'il travaillait depuis le matin et son marteau pour se rendre dans la salle commune de l'usine, prenant dans sa besace un morceau de saucisson et un bout de pain. Pas un grand repas mais ça devrait le caler en attendant le soir et la soupe populaire.
Dans la salle commune, les camarades s'attablaient, débouchaient des bouteilles de vin et s'empressaient de discuter, conscients que dans très peu de temps, ils ne sortiraient pas de l'atelier avant le soir.
Jusuf rejoignit Filip et Jovo, deux hommes comme lui, nés dans des petits villages perdus dans les Diranides qui avaient fui la misère de leurs régions natales pour tenter leur chance dans les grandes villes de l'Empire. Le hasard les avaient conduits dans les quartiers populaires de Vienne puis à Wiener Neustadt pour y travailler pour Austro-Daimler.
Filip comme à son habitude, profitait de la pause pour fumer ses cigarettes bon marché et Jovo déchiffrait tant bien que mal le journal qu'un buraliste de sa connaissance lui offrait de temps à autre.
_L'Empire...O...O...tto....man...re...rejoint notre...
_Donne-moi ça ! lui ordonna Filip en soupirant en lui arrachant le journal des mains.
Des trois amis, parce qu'il avait été élevé quelques temps chez les prêtres avant de s'enfuir, Filip était celui qui savait le mieux lire et écrire.
_Bon, déclara t-il en parcourant les gros titres. Si je résume, les Ottomans se rallient à la Triple Alliance.
_Les Turcs ? s'exclama Jovo d'un air surpris. Qu'est-ce qui ont à faire là dedans ?
_J'en sais trop rien, avoua Filip en tirant sur sa cigarette. Ils disent que leur sultan veut honorer son amitié avec les allemands. M'est avis qu'y serait surtout pas contre récupérer les Balkans ouais...
_Comment est-ce qu'ils vont nous aider ? demanda Jusuf, la bouche pleine de saucisson. Entre eux et la Serbie, y a la Bulgarie.
_Y peuvent attaquer les russes par le sud, lui fit remarquer Filip. Et pousser les anglais hors d'Egypte. Si y prennent le canal de Suez, ça pourrait peut-être pousser les anglais et les français à demander une paix blanche avec nous.
_Y feraient mieux de débarquer sur la côte pour nous aider contre le Monténégro et la Serbie, lâcha amèrement Jovo. On a avancé nulle part en un mois. Par contre, les serbes eux, ils nous ont piqué Bečkerek. Et les russes continuent d'avancer à l'est.
_Sois pas défaitiste Jovo, dit Filip en reposant le journal. A ce qui paraît, les généraux ont fait exprès de laisser les serbes trop s'avancer dans Bečkerek pour qu'ils dégarnissent Belgrade. Nos unités vont les contourner et prendre la ville dans leur dos. La Serbie, ça sera bientôt plié et avec le Monétégro. Et là, on pourra se mettre à discuter avec les russes.
Jovo n'ajouta rien. Jusuf non plus mais parce qu'il avait la bouche occupée à mâcher du pain.
Les trois amis ne dirent rien pendant un court moment comme s'ils sentaient au fond d'eux que cette guerre qui durait depuis le rejet de l'ultimatum par les serbes allait être bien plus longue que prévue. Oh il n'y avait pas de doute que l'Autriche-Hongie, l'Allemagne et maintenant, la Sublime Porte ne triomphent. Mais dans combien de temps ?
Les cris du contremaître résonnèrent dans toute la salle commune. La pause était terminée, le travail reprenait.
Jusuf retrouva son marteau et sa plaque de métal qu'il martela avec zèle.
Oui, les Empires Centraux gagneraient. Ces premiers revers n'étaient rien. Tout s'arrangerait avec le temps.
Et Jusuf continua de marteler et de marteler encore. Pour le bien d'Austria-Daimler et celui de l'Empire.
Et de marteler encore.
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L'Empire Ottoman rallie l'Allemagne et l'Autriche-Hongie
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Re: La Grande GueAAR [AAR Darkest Hour]

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Sur le front Ouest, le plan Schlieffen permet une progression profonde des allemands en Belgique. Les premières lignes françaises cèdent.
Geralt s'assit sur un tas de caisses branlantes et tira une cigarette de sa poche après avoir posé son fusil Mannlicher à ses côtés. Il déposa le petit rouleau de papier au coin de ses lèvres, gratta une allumette et alluma le tout. Le tabac était de mauvaise qualité, même pour quelqu'un comme Geralt qui n'avait jamais que connu une vie de basse extraction. Hormis ses années dans l'armée impériale. L'Armée avait été tout pour lui. Elle l'avait arrachée à la misère des faubourgs de Budapest, elle lui avait donné un toit où dormir, lui avait rempli le ventre avec un repas chaud par jour. Il s'était fait aussi de solides camarades au sein de la troupe et en permission, le port de l'uniforme n'était pas pour déplaire aux jeunes filles.
Durant toutes ces années, Geralt avait fait le serment que le jour où l'Armée aurait véritablement besoin de lui, il la servirait avec zèle et écraserait les ennemis de l'Empire.
Du reste, ce n'était guère compliqué : on se rendait au plus près du champ de bataille en train et on marchait jusqu'au combat avec les camarades. Sur la ligne de front, on se bornait à bouger quand on en recevait l'ordre et à tuer quand c'était nécessaire. Pas de décision à prendre. Pas la peine de réfléchir. On se reposait sur le sergent, le lieutenant et les autres officiers.
Geralt ôta son képi et passa une manche de son uniforme vert sur son front imbibé de sueur. C'était peut-être le plus désagréable dans cette guerre : la chaleur. Rien qu'ici, en automne, sur la ligne de front monténégrine, on crevait de chaud en quelques minutes. Geralt se demandait comment faisaient leurs camarades turcs pour arriver à se battre dans le désert. En tout cas, malgré le sable et la chaleur ou peut-être à cause d'eux, l'Empire Ottoman avait été le premier des Empires Centraux à remporter une victoire un tant soit peu importante sur l'alliance franco-russo-britanique. Un minuscule pays arabe allié aux anglais dont personne n'avait jamais entendu parler, le Koweït, avait été gobé par le sultan comme un grain de raisin. La Triplice savait que ca ne changerait rien au cours de la guerre mais ça faisait quand même du bien d'avoir de bonnes nouvelles. Surtout qu'après que les slaves de Szeged, soutenus par la police secrète du tsar avaient réussi à prendre le contrôle de la région, derrière la ligne de front serbe. La perte de la ville avait porté un coup au moral des troupes. On arrivait déjà pas à marcher sur Belgrade depuis des mois même si on s'en rapprochait doucement. Pire, les armées impériales enfoncées en Russie s'étaient retrouvées piégées après que les troupes du tsar eurent pris Przemyl.
Tant que la Serbie et le Monténégro ne tomberaient pas, les russes auraient le champ libre à l'est. Et les deux monarchies tenaient bon, hélas, malgré les efforts de Geralt et de ses camarades.
Alors qu'il baissait les yeux, Geralt vit une gourde qu'on lui tendait. Il se hâta de la prendre, de coincer sa cigarette entre deux doigts et de boire quelques gorgées. Une fois sa soif apaisée, il regarda plus attentivement le camarade qui lui avait offert de l'eau. A découvrir la coupe de l'uniforme et surtout, la pointe qui surmontait le casque de son bienfaiteur, Geralt sur immédiatement qu'il faisait face à un allemand.
_Merci camarade, dit l'autrichien en fouillant dans sa poche pour en tirer un nouveau rouleau de papier et de tabac. Tu veux une cigarette ?
_C'est pas de refus, répondit le soldat du kaiser avec un accent bavarois prononcé.
Les deux hommes ne dirent rien pendant un instant, savourant leurs cigarettes. Puis, tiraillé par l'interrogation, Geralt lui demanda :
_Qu'est-ce que tu fais là camarade ? Tu devrais pas être en Russie ? Ou en train d'attaquer les français ?
_Le général von Molkte veut écraser les slaves de tous les côtés. Et ça passe aussi par la Serbie et le Monténégro.
_Ca fait des mois qu'on essaye tu sais, rétorqua Geralt en tirant sur sa cigarette.
_Mais maintenant, on est là en renfort ! gloussa l'allemand avec un grand sourire. On va commencer par attaquer le Monténégro et après, on coupera la Serbie en deux ! Puis, on marchera à l'est, on fera jonction avec les camarades qui sont en Pologne et on repoussera les russes jusqu'à Petrograd !
Geralt ne répondit rien. Pas qu'il était en désaccord complet avec l'avis de son allié allemand mais que depuis quelques mois, il sentait bien que la victoire à Noël serait dure à avoir.
Les deux soldats discutèrent de choses et d'autres, comme pour éloigner le conflit de leur esprit. Mais les ordres de charger aboyés par les sous-officiers en uniformes rutilants qui parcouraient les rangs leur remis bien vite en tête leur serment de fidélité à leurs Empereurs respectifs, comme le claquement des oriflammes impériales au vent et le roulement martial du tambour.
De même pour les balles monténégrines et serbes qui ne tardèrent pas à siffler à leurs oreilles dans un chaos total et à faucher les rangs de leurs compagnons d'armes.

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Enhardis par l'arrivée des troupes du kaiser, les soldats de François-Joseph s'élancent sur le Monténégro.
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Re: La Grande GueAAR [AAR Darkest Hour]

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La Bulgarie rejoint les Empires Centraux
_Victoire !
Les badauds se retournèrent les uns après les autres, intrigés par le spectacle de ce petit homme qui cavalait dans tous les sens sur la place du marché, bondissant à travers les étals, manquant de renverser les laitiers ou les maraîchers qui apportaient de lourdes caisses avec leurs employés.
A bien y regarder, est-ce que le petit homme ne portait pas l'uniforme chamarré des hussards ? Certes il n'avait ni cheval, ni sabre mais enfin, la toile rouge de son pantalon ne pouvait enduire en erreur, de même que son kepi à plume.
Les conversations sur les derniers potins de l'Empire s'arrêtêrent d'elles-mêmes, tout comme une dispute qui avait éclaté entre un boucher et un poissonnier pour une histoire de place habituelle. Le peuple sentait que cette fois-ci, les informations étaient d'importance et que pour une fois, la vent du front porterait peut-être de bonnes nouvelles.
Chacun se demandait bien ce qu'était la "paix" annoncée par le soldat. Est-ce qu'on avait enfin enfoncé le Monténégro et qu'on allait frapper la Serbie dans le flanc ? Est-ce que l'armée du Kaiser s'était emparée de Paris ? Ou de St Petersbourg ?
Le hussard grimpa sur une fontaine de pierre toute proche, manqua de déraper en posant son pied sur le granit détrempé et tenta de se relever de toute sa hauteur pour faire face à la foule qui l'observait.
Même depuis sa position surélévée, il semblait minuscule. A se demander comment il avait pu être accepté dans les rangs de la cavalerie légère. Un artisan souffla à bon mot à sa femme, demandant si l'armée impériale montait des poneys désormais. Cette dernière indiqua à son mari de se taire d'un coup de coude dans le ventre, désireuse de savoir la grande nouvelle, comme les autres gens qui travaillaient ou qui flânaient dans le marché.
Après un temps qui leur sembla infini, le hussard se mit à crier :
_La Serbie demande la paix !
Pendant quelques secondes, la foule ne réagit pas, se demandant si elle avait bien entendu. Etait-ce possible ? Après presque quatre mois de quasi statu quo que les choses bougent enfin ?
Voyant que la foule voulait d'avantage d'explications, l'orateur précisa :
_Effrayé par l'entrée en guerre de nos amis Bulgares, Pierre Ier a envoyé une lettre à l'Empereur le suppliant de retirer nos troupes de Serbie en échange du nord du pays ! Sa Majesté a accepté et a signé une paix blanche avec les russes ! Les hommes vont rentrer du front !
Un cri de joie frappa la foule qui se mit à applaudir et à crier des "vive l'Empereur" à qui mieux mieux ! La guerre était finie et l'Empire s'agrandissait en descendant vers la mer. La Serbie n'aurait jamais assez de territoires pour fonder sa Yougoslavie et l'armée austro-hongroise n'aurait pas à se battre en Russie en hiver !
Alors que les couples s'embrassaient et que les enfants laissaient éclater leur joie dans tous les sens, un vieillard tout de noir vêtu leva timidement la main, comme s'il avait peur de déranger la liesse de la foule.
_Et la France ? demanda le vieux monsieur assez fort pour que le soldat l'entende.
_La guerre continue contre eux et contre les anglais monsieur, répondit le hussard avec un sourire pincé. Mais il ne faut pas s'en faire. Nous allons pouvoir renvoyer toutes nos forces sur le front Ouest pour soutenir les troupes du kaiser et pendant ce temps-là, le sultan turc marche sur le Caire et sur Suez. Notre paix avec les russes est la plus mauvaise chose qu'il pouvait arriver à l'Entente, lâcha le soldat en souriant de façon plus franche.
La foule se mit à nouveau à rugir de plaisir à la fin de l'annonce du hussard. Les nuages noirs qui se dressaient dans le ciel autrichien avaient été balayés d'un seul coup de vent. Il ne restait que l'Angleterre et la France à mettre à genoux. La tâche serait ardue mais la Triple Alliance pourrait désormais consacrer tout son effort de guerre au front Ouest.
Les plus optimistes se demandaient même s'ils auraient le temps de rappatirer leurs troupes de Serbie jusqu'en France avant que leurs alliés allemands ne mettent la main sur Paris.
Les plus pessimistes tentèrent de tempérer leur ardeur, leur faisant noter qu'il faudrait malgré tout garder un oeil sur les Italiens, de crainte que ces derniers ne se rallient à l'Entente pour faire main basse sur le Trentin. Mais la foule, ivre de joie, ne les écouta pas.
En cette fin d'automne 1914, la victoire totale semblait plus proche que jamais et le moral était à nouveau celui de l'été et du début du conflit.
Peut-être que la Grande Guerre serait véritablement une guerre courte en fin de compte.
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La paix est signée avec les slaves. Fin de la guerre sur le front Est.
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griffon
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Re: La Grande GueAAR [AAR Darkest Hour]

Message par griffon »

Home Before the Leaves Falls ? :cry:
SOL INVICTVS

Au printemps, je vais quelquefois m'asseoir à la lisière d'un champ fleuri.
Lorsqu'une belle jeune fille m'apporte une coupe de vin , je ne pense guère à mon salut.
Si j'avais cette préoccupation, je vaudrais moins qu'un chien

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Re: La Grande GueAAR [AAR Darkest Hour]

Message par Code 44 »

griffon a écrit :Home Before the Leaves Falls ? :cry:
Au moins sur le front Est, on pourrait presque dire que l'Empereur a tenu sa promesse de boucler la guerre avant la chute des feuilles.
Certes, c'était pas loin du début de l'hiver mais mine de rien, on était toujours en automne. Faut croire que dans cette partie de DH, François-Joseph est un homme de parole ^^

N'empêche que je suis surpris de voir les serbes se rendre aussi rapidement après l'entrée en guerre des bulgares. Et là où je sauve les meubles, c'est que la Russie n'ayant pas assez avancé chez moi, la Roumanie a pas eu le temps de rejoindre l'Entente.
Dans 99 % de mes parties DH 1914, ça se termine par une lourde défaite des Centraux. Peut-être que là, je vais réussir à m'en sortir, qui sait ?
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Re: La Grande GueAAR [AAR Darkest Hour]

Message par Code 44 »

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L'Italie, ancien allié de la Double Monarchie, rallie l'Entente pour s'emparer du Trentin.
Hugo Möller leva son verre de vin à hauteur du visage et observa le miroitement de la lumière de la lune au travers du liquide rouge sang. Ca l'amusait toujours de voir comment la lueur de l'astre nocturne pouvait changer à ce poient l'aspect d'un bon verre de vin. Depuis que Möller avait rencontré un oeunologue lors d'un voyage d'affaire à Pressburg, il y a une dizaine d'années, il s'était passionné pour le vin. Il avait habitué son palais à des grands crus, s'était acheté des champs de vigne en Espagne et bien sûr, s'était rendu à de nombreuses reprises à Bordeaux, en France. Ne plus pouvoir se rendre dans ce qui était devenu sa ville d'adoption était devenu une véritable souffrance. Mais enfin, il ne pouvait pas raisonnablement pester contre la guerre. Elle faisait sa fortune depuis bientôt un an en vérité, depuis que Steyr Mannlicher fabriquait des fusils et des armes à foison pour l'Empereur.
Möller avait espéré la guerre. Depuis toujours, il savait que un conflit européen serait une aubaine pour l'industrie moderne. Les usines tournaient à plein régime, de la Bretagne à Vladivostok. Elles vomissaient chaque jour de nouveaux fusils, des véhicules, des aéroplanes. Pour chaque jour qui passait, les industries produisaient et vendaient encore plus à leurs nations respectives.
Möller reposa son verre sur la nape blanche et remarqua que son invité n'avait pas touché au sien.
_Vous ne buvez pas lord Cantor ?
L'anglais eut un haussement d'épaules fataliste.
_Je dois vous confesser que je n'aime pas beaucoup le vin. Bombay m'a trop habitué au masala chai pour que je puisse revenir à des boissons plus européénnes.
_C'est du thé épicé, est-ce exact ?
Cantor eut un petit geste de tête admiratif.
_Ma foi monsieur Möller, vous me semblez bien renseigné sur ce que l'on boit dans le nord des Indes.
_Je n'ai aucun mérité, avoua en souriant l'interessé. J'ai beaucoup voyagé pour le compte de mon entreprise, tout comme vous je suppose et j'ai passé quelques semaines à Calcutta, pour signer un contrat.
_L'Inde est décidement un pays magnifique, soupira lord Cantor d'un air rêveur. C'est sans nul doute le Joyau de l'Empire Britanique.
_Je ne peux pas vous contredire sur ce point, souffla Möller avec un petit rire.
Les deux hommes arrêterent de parler un instant, savourant la viande hors de prix qui se trouvait dans leurs assiettes. Le spectacle aurait peut-être choqué un homme du commun, de voir deux hommes appartenant à des nations en guerre, attablés comme si de rien n'était à l'hôtel particulier de l'un deux bâti au bord du Danube. Mais les coulisses du conflit était bien différentes du spectacle de la guerre lui-même.
_Vous savez que vous avez surpris l'Etat-Major Impérial en allignant l'Italie, déclara Möller après avoir fini son assiette de viande.
_A ce point-là ? demanda l'anglais en laissant le serviteur de son hôte prendre les plats et les rapporter en cuisine.
_L'essentiel des généraux pensait que Victor-Emmanuel resterait neutre. Qu'avoir quitté la Triple Alliance était déjà tellement scandaleux en soi que les italiens n'iraient pas plus loin.
_Et bien, il fallait réagir. Votre victoire sur la Serbie et la paix blanche sur le front est a terrifié bien des gens à Londres. Surtout quand l'Allemagne s'est emparé de Reims. Vous imaginez si le kaiser avait poussé jusqu'à Paris ? La paix aurait pu être signée alors que la guerre durait depuis moins d'un an.
_Cela aurait été affreux, l'appuya Möller en faisant signe à son serviteur pour qu'il apporte les fromages. Les usines commencent à peine à chauffer. Il y a encore tellement d'argent en jeu...
_Certes, déclara prosaïquement lord Cantor. Une chance que le ralliment de l'Italie à l'Entente se fisse aussi subitement. Que ce soit du côté de l'Entente ou de l'Alliance, la guerre semble partie pour durer.
_Je l'espère, déclara scincérement l'autrichien. Les révoltes à l'est de l'Empire ne suffisent pas à écouler nos fusils. Le front alpin est une formidable opportinuté.
_D'ailleurs mon cher, je pense avoir une information qui pourrait profiter à Mannlicher comme à Enfield.
_Je vous écoute.
_D'après ce que m'ont rapporté mes amis de l'Amirauté, l'Italie rassemble une puissante flotte dans le Golfe de Venise afin de protéger ses flancs . Si les bateaux autrichiens venaient à naviguer sur l'Adriatique...
_Je vois. Perdre notre flotte obligerait l'Empereur à la rebâtir à prix d'or. Mes amis des chantiers navals pourraient fortement en profiter. Mais pour l'instant, les bateaux dorment à Pola, en sécurité.
_Pola est très proche de l'Italie. Il ne faudrait pas aux troupes de Victor-Emmanuel à avancer de beaucoup dans vos terres pour que le port tombe. Je suis sûr que certains amiraux penseraient qu'il serait plus sûr de déplacer votre flotte de Pola à Split.
_Et ce faisant...
_Elle croisera les navires italiens, dit lord Cantor, finissant la phrase de son partenaire d'affaire à sa place. Le temps que le théâtre de guerre maritime se retrouve à nouveau sur le devant de la scène, nous aurons le temps de vendre encore plus de fusils à nos rois.
_Brillant.
_N'est-ce pas ? demanda Cantor en levant un sourcil. Je vous le dis, nous fêterons très bientôt les un an de la guerre. Si Dieu le veut, nous pouvons encore la faire durer.
_Puisse t-Il vous entendre, mon ami, espéra Möller en se signant. Puisse t-Il vous entendre...prendrez vous du dessert ?
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Supérieure en nombre mais inférieure d'un point de vue technologique, la KuK Kriegsmarine se fait presque anéantir dans le golfe de Venise.
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Antonius
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Re: La Grande GueAAR [AAR Darkest Hour]

Message par Antonius »

Pfff pas mieux que victoria. Ca ne me plait vraiment pas darkest hour...
La Serbie n'aurai jamais signé une paix pareil. Elle n'aurai jamais capitulé. :crouge:
"Cuius testiculous habes, habeas cardia et cerebellum"
Quand vous avez leur pleine attention , le coeur et l'esprit suivent.
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L'été n'est pas qu'une époque de l'année. L'été est un être animé qui aime descendre passer l'hiver dans le Sud.
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