Jena 1806

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DarthMath
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Jena 1806

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Prochainement sur le QG ... après un peu de travail sur le module et un rafraîchissement nécessaire sur les règles que je n'ai pas touchées depuis un moment ... :signal:
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Re: Jena 1806

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A l'été 1806, les relations franco-prussiennes s'étaient à nouveau singulièrement refroidies. Tenté à l'hiver précédent d'ajouter ses 225.000 hommes à la Troisième Coalition contre la France, le Roi de Prusse Frederic-Guillaume III avait finalement renoncé, en dépit de la pression exercée par la Russie et du déplacement peu courtois du Ier Corps du Maréchal Bernadotte par le territoire prussien d'Ansbach en Bavière en route vers le Danube, qui avait provoqué une violente protestation diplomatique de Berlin. Napoléon n'était cependant pas dupe du rapprochement effectué par le monarque prussien avec les Coalisés, et avait répondu aux félicitations officielles du Comte von Haugwitz pour l'éblouissante victoire d'Austerlitz par un laconique "Il semblerait que les perspectives entre nos deux Nations se soient très sérieusement éclaircies ... :o:"

Poussant son avantage du moment, Napoléon demanda et obtint lors de la Convention de Schönbrünn du 15 Décembre 1805 les principautés prussiennes d'Ansbach, Cleves et Neuchâtel, toutes d'importance stratégique, contre la cession du Hanovre pris aux Anglais en 1803 et convoité par les Prussiens. Cependant, cette convention ne fut jamais ratifiée, et lorsque l'Empereur des Français, ouvrant des négociations de paix avec le nouveau cabinet britannique au début de 1806, offrit de rendre l'Electorat à son possesseur légitime, le Roi George III, sans consultation préalable avec les Prussiens, ces derniers le prirent comme un affront. De plus, la création de la Confédération du Rhin le 12 juillet suivie de la dissolution définitive du Saint-Empire Romain Germanique le 06 août annonçaient très clairement les ambitions napoléoniennes concernant l'Allemagne, ce qui ne pouvait qu'irriter la Prusse.

C'est dans ce contexte que la "Parti de la Guerre", mené par le ministre Karl Hardenberg et les généraux von Brunswick et von Hohenlohe et soutenu par la belle reine Louise, prit le pas sur le francophile von Haugwitz et décida le Roi à rejoindre secrètement la Quatrième Coalition le 07 Août 1806. La mobilisation débuta dès le 10 août et pour une fois pris de court, Napoléon ne débuta ses préparatifs de renforcement de la Grande Armée que le 05 septembre par rappel de 30.000 réservistes et la levée préventive de 50.000 conscrits de la classe 1806. Enfin, le 18 septembre, l'Empereur apprit que les Prussiens venaient d'occuper militairement la Saxe, et que les officiers du régiment de la LeibGarde prussienne étaient venus ostensiblement aiguiser leurs sabres sur les marches de l'Ambassade de France à Berlin.

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La guerre allait à nouveau frapper le continent et les 33 jours de campagne effective du 08 octobre au 10 novembre rentrer dans l'Histoire comme l'une des plus brillantes de Napoléon, entraînant l'effondrement et la ruine d'une monarchie prussienne trop sûre d'elle-même et vivant sur le souvenir de sa gloire passée ...
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Re: Jena 1806

Message par DarthMath »

Les plans des belligérants.

Avis divergents, marasme intellectuel et aucune unité de commandement chez les Prussiens résultent en un mois de perdu en préparatifs, contre-ordres et jalousies interprofessionnelles. Le Roi de Prusse finit par opter pour un plan de compromis, qui ne satisfait personne et qui est déjà dépassé par les évènements de terrain.

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Au contraire, l'Empereur, meilleur manoeuvrier de son temps, décide seul et dispose d'un outil formidablement homogène en cohésion et qualité. Malgré son retard initial en terme de renseignements sur l'ennemi, il parvient à reprendre l'initiative et impose son tempo aux opérations.

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La Grande Armée, le "Bataillon Carré" en action.

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Re: Jena 1806

Message par DarthMath »

Pendant ce temps, non loin de là, un certain Ludwig composait une petite amusette grand public ... trois fois rien ... :chicos:

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Re: Jena 1806

Message par DarthMath »

Napoléon décida de franchir la forêt de Thuringe en partant de Bamberg, où se trouvait concentrée la Grande Armée, et de passer les montagnes par les routes de Bayreuth à Hof, de Bamberg à Kronach, Schleiz et Gera, enfin de Cobourg, Neustadt à Saalfeld et Weimar. S'il pénétrait rapidement dans les plaines de Thuringe et de Saxe, il tournerait l'armée prussienne et, arrivant le premier sur l'Elbe, il pourrait s'emparer de Berlin, s'interposer entre Prussiens et Russes, empêcher leur jonction et les battre séparément. Cette route permettait aussi d'observer l'Autriche, qui ne paraissait pas désireuse d'intervenir mais dont les intentions demeuraient incertaines.

Napoléon quitta Mayence le 1er octobre dans la soirée, traversa Francfort la nuit, arriva le soir à Wurtzbourg où il descendit au palais du grand-duc, ancienne résidence épiscopale. Il fut accueilli par un grand nombre de princes allemands, avec lesquels il s'entretint en manifestant une charmante humeur. Pendant ce temps à Erfurt, un conseil de guerre réunissait le Roi, le Duc de Brunswick, le Prince de Hohenlohe, le Maréchal v.Mollendorf, plusieurs ministres et généraux. Au cours de débats confus, une note diplomatique fut préparée pour Napoléon : la France était accusée de mauvais procédés envers la Prusse et ses troupes devaient évacuer l'Allemagne à partir du 08 octobre. Lorsque Napoléon la reçut, il la jeta avec dédain.

Le 08 octobre, Murat, à la tête de la cavalerie légère, passa le défilé de Kronach à Lobenstein et il marcha sur Saalburg. Tous les mouvements s'effectuaient avec une grande précision et sans rencontrer de résistance, sauf quelques engagements d'avant-postes. Quelques tirailleurs furent pris par les dragons de Murat, ils étaient pour la plupart d'une jactance extraordinaire, déclarant que les Prussiens se retiraient exprès mais qu'au premier jour, ils chasseraient les français tambour battant devant eux.
La Prince Louis de Prusse, qui était de ceux qui avaient le plus ardemment souhaité la guerre, établit ses troupes près de Saalfeld, dans une vallée assez marécageuse. Il disposa ses soldats en avant d'un ruisseau, ce qui rendait leur retraite difficile. Le vieux général Mûller, Suisse au service de la Prusse, le lui ayant fait remarquer, il déclara que pour battre les Français, il n'était pas nécessaire de prendre tant de précautions et qu'il suffisait de leur tomber dessus dès qu'ils paraîtraient. Et ils parurent dans la matinée du 10 octobre. Lannes, dont l'avant-garde était commandée par Suchet, décida de tourner la droite ennemie avec les troupes de Suchet. Augereau suivait avec son corps d'armée.

A Saalfeld, le Prince Louis, voyant les tirailleurs français sortir de la forêt, comprit dans quel danger il se trouvait. Il était trop tard pour reculer et, après avoir disposé ses troupes en échiquier, il attaqua sans résultat ; les Français gagnèrent encore du terrain. Foudroyés par l'artillerie et pressés par l'infanterie française, les Prussiens furent massacrés par deux régiments de hussards que Lannes lança dans la bataille. Le Prince Louis fut tué après avoir refusé de se rendre.

Le 13 octobre au matin, Napoléon voulait donner quelque repos à son armée. Il manquait d'ailleurs de renseignements sur les positions prises par l'ennemi. A 9 heures du matin, il apprit que l'armée prussienne forte d'environ 150.000 hommes, se présentait en bataille entre Kapellendorf et Auerstaedt. "Enfin le voile est déchiré, écrivit-il à Murat, l'ennemi commence sa retraite sur Magdebourg. Portez-vous le plus tôt possible avec le corps de Bernadotte sur Dornburg. Venez-y surtout avec vos dragons et votre cavalerie." Lannes était à Iéna depuis la veille. Il s'était trouvé en face de 15.000 hommes, qui s'étaient retirés en direction de Weimar. Berthier envoya à Lefebvre, Soult, Ney, Davout et Bernadotte l'ordre de se hâter. A la pointe du jour, le Ve Corps s'ébranla avec précaution dans une brume épaisse. Lorsqu'elle commença à se dissiper, les Français virent l'armée prussienne rangée en bataille sur trois lignes occupant, entre Iéna et Weimar, toutes les hauteurs en amphithéâtre depuis le village de Gos-Schwabhausen à droite jusqu'aux sources de l'Ilm à la hauteur de village de Kapellendorf à gauche. Cospeda, fortement gardé, constituait le centre de l'armée ennemie.
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Re: Jena 1806

Message par DarthMath »

Napoléon arriva à Iéna à 14 heures, le 13 octobre, avec la Garde à pied. Il apprit que l'armée prussienne s'était scindée à Weimar en deux grands corps d'armée : l'un, le plus considérable, sous les ordres du Roi et du Duc de Brunswick, avait pris la route de Weimar à Naumburg, et l'autre, sous les ordres du Prince de Honhenlohe, s'était dirigé vers Iéna. L'Empereur, après s'être arrêté un instant au château ducal d'Iéna, gravit, au milieu des vignes, un sentier difficile pour rejoindre Lannes. La ville d'Iéna, construite sur les rives de la Saale, est en effet dominée au nord par un haut plateau qui se nomme le Landgrafenberg. Hohenlohe ne pensait pas que les Français, qu'il savait dans le vallon d'Iéna, pussent franchir les pentes abruptes pour déboucher devant lui.

Arrivé sur le Landgrafenberg, Napoléon mit pied à terre et, inspectant le terrain avec sa lunette, il vit la chaîne de tirailleurs ennemis devant Lützeroda et Klosewitz, fortement occupés, des petits postes devant les bois d'Isserstaedt et de Klosewitz et un camp d'infanterie et de cavalerie sur le Dornberg, éminence située au nord-ouest de Lützeroda et de Klosewitz. Il estima que Lannes devait faire monter tout le Ve Corps et occuper solidement le Landgrafenberg et que la Garde à pied, commandée par Lefebvre, devait aussi y prendre position. Mais il ne paraissait pas possible de faire monter l'artillerie sur le plateau, où quelques bataillons pouvaient à peine se déployer.

Napoléon redescendit à Iéna. Ses troupes arrivaient par des chemins affreux où versaient les caissons. Il remonta sur le plateau et alla reconnaître l'ennemi, seul et à portée de fusil. Le soleil n'était pas couché, quelques coups de feu éclatèrent. Il revient vers les lignes françaises; les sentinelles, en voyant son ombre, crurent à une reconnaissance ennemie et tirèrent sur lui. Il conduisit ses généraux sur les positions qu'ils devaient occuper et, tandis que ses aides de camp et généraux, exténués, s'étaient endormis autour de lui, il étudia ses cartes, les coudes sur une mauvaise table et la tête dans ses mains, et établit son plan de bataille. Tout à coup, il se leva, jeta un coup d'oeil sur les endormis, haussa les épaules et sortit pour inspecter les bivouacs de ses grenadiers.

Les feux étaient maigres, fumeux, l'Empereur écoutait les récits gais et parfois égrillards de ses vieux soldats et s'éloignait en riant de leur attitude ahurie quand il était enfin reconnu. Deux divisions de Lannes prirent position sur le plateau, ainsi qu'une partie de la Garde à pied, mais aucune pièce de canon n'était en vue. L'Empereur, redescendant le flanc de la colline, trouva toute l'artillerie engagée dans une ravine si étroite que les fusées des essieux portaient des deux côtés sur le rocher. Il constata avec colère l'absence du général commandant l'artillerie. Il réunit ses canonniers, leur fit prendre les outils du parc, allumer des falots, éclairant lui-même les hommes épuisés de fatigue qui travaillaient sans se plaindre à élargir le chemin. Il ne se retira que lorsque la première pièce, attelée de 12 chevaux, eut été hissée sans bruit.

La nuit était belle et calme. Les deux armées, face à face, observaient leurs feux; ceux de l'ennemi s'étendaient très loin, les nôtres étaient concentrés sur un espace réduit. Les avant-postes étaient à une demi-portée de canon; les sentinelles se touchaient presque et il ne se faisait pas ou mouvement qui ne fût entendu. Le trajet étant très court, les hommes massés sur le plateau allèrent chercher des vivres à Iéna où ils trouvèrent du vin et du sucre en abondance. Ils remontèrent avec des chaudières et burent toute la nuit "à la santé du Roi de Prusse !"

La situation était dangereuse. L'Empereur paraissait calme, mais les officiers d'état-major disaient entre eux que l'ennemi aurait pu, d'un boulet lancé à la main, traverser toutes les lignes françaises, ce qui était un peu exagéré. Cependant, le lendemain, le premier boulet de canon prussien, passant par-dessus les têtes, alla, fort en arrière, tuer un cuisinier sur sa cantine.
Les corps de Soult et Ney arrivèrent et prirent position ... chez Lannes, la division Gazan fut rangée sur trois lignes à gauche du plateau, la division Suchet forma la droite, la Garde Impériale occupa le sommet. Au cours de la nuit, une gelée blanche suivie d'un brouillard rappela aux soldats la veillée d'Austerlitz. A minuit, Napoléon se retira sous sa tente et s'endormit profondément. Vers 4 heures du matin, il s'éveilla, fit appeler Lannes et donna ses instructions. Le brouillard était épais et, à 6 heures, le jour ne paraissait pas. Les Prussiens tirèrent quelques coups de canon. "Les Prussiens sont enrhumés; les voilà qui toussent. Il faut leur porter du vin sucré !", s'écria un vieux soldat d'Egypte. Lannes reçut l'ordre d'attaquer; la brigade Claparède se dirigea vers Klosewitz dans une brume si intense que, sans rien voir, Claparède entendit très distinctement les commandements des officiers prussiens. Il engagea un feu nourri de mousqueterie et d'artillerie, et le combat commença à 9 heures du matin.

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Re: Jena 1806

Message par Mik29 »

ah mince j'ai joué, enfin commencé une partie il y a un mois...
vivement la suite
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Re: Jena 1806

Message par DarthMath »

Pourquoi "ah mince" ? :confus:

Quant à la suite, je ne passe plus beaucoup de temps sur l'ordi ... il est probable que je joue plutôt la partie sur table, finalement. Enfin, si j'arrive à sortir mes doigts des gants sans qu'ils gèlent dans le quart d'heure qui suit ... :froid: :notice:
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Re: Jena 1806

Message par Mik29 »

C'est une expression que j'utilise pour exprimer mon étonnement, surprise, rien de grave si ce n'est que je suis le seul à me comprendre :lolmdr:

C'est vrai qu'en tournant autour de la table, tu feras plus d'activité physique = maintien de la chaleur corporelle :ok:

Quand je reste devant le PC je me suis confectionné une "toge ?" avec une couverture, un coin au dessus de l'épaule gauche, le coin opposé sur les pieds, serrée à la taille par une ceinture pour quand je me lève qu'elle ne tombe pas.
Un look "étonnant" mais efficace.

J'aimais beaucoup la série jours de gloire, je suis toujours tenté d'y jouer, mais tout seul, pas motivé.
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