[align=center]Caporal-camarade Lin-Tsu[/align]
Ramer, ramer le plus vite possible avant que le jour ne se lève. Ramer le plus silencieusement qu'il se puisse afin d'éviter d'attirer l'attention des soldats du KMT immanquablement postés sur l'autre rive. Et le tout en écopant l'eau qui envahissait la frêle embarcation. Ecoper le plus vite et le plus silencieusement possible. La tâche était dure, mais pas impossible pour un combattant du Peuple. Le caporal Lin-Tsu faisait partie des vétérans de la Longue Marche. A 45 ans, il faisait partie des troupes alpines, de l'élite des troupes du Parti. Trente minutes de cela, il avait aidé à la mise à l'eau de la flotille que Hsiao Chin-kwang, le chef de la "Marine", avait réussi à rassembler en vue de l'assaut. Tous sentaient que cette attaque était vitale. Cela faisait des années que les Rouges recevaient des coups. Maintenant, ils allaient en rendre. Comment? Lui, l'humble caporal ne le savait pas, mais ce qu'il savait, c'était que le camarade Mao en personne dirigeait l'attaque. Ce qu'il savait, c'est que le camarade Mao avait dépensé des trésors d'ingéniosité afin de cacher à la vue du KMT les embarcations rassemblées. Et ce qu'il savait, c'était que le Parti n'aurait pas engagé en plus des 3 divisions régulières les 3 divisions d'élite alpines juste pour délivrer la province de Tianshui de l'emprise du KMT. Lui, Lin-Tsu n'était peut-être que caporal, mais il était instituteur avant la Longue Marche. Sa géographie, il la connaissait. Et sa logique, à défaut d'être exceptionnelle, était honorable. A supposer que Tianshui ne tombe, l' Est avec ses riches provinces, serait très tentant. Mais voilà, d'ici là, le KMT se serait ressaisi. Trois divisions d'élite seraient-elles suffisantes? Mmh. Ramer, encore ramer. La rive se rapproche. Alors, quoi d'autre après Tianshui? Si ce n'est l'Est, le Sud alors? Non, impossible. Le Sud, c'était un autre seigneur de la guerre. Le Sud n'était pas amical, mais n'était pas non plus un ennemi. D'ailleurs, le Sud n'était même pas ami avec le KMT. Il lui avait d'ailleurs refusé le passage. Il restait quoi alors? l'Ouest? Lanzhou et ses montagnes? Mais pourquoi? Plus que 50 mètres à ramer. Ce mouvement sur la berge? Un animal? Un animal ne pointerait pas un fusil! Un animal ne ferait pas feu. Vite, ramer à en perdre l'haleine, pour finir les 10 derniers mètres. Plusieurs fusils faisaient feu maintenant! Pas assez pour arrêter l'élan des troupes du Peuple! 9 Juin 1936, 5 heures du matin: L'assaut sur Tianshui venait de débuter.
Retirant sa baïonnette du corps au sol du jeune soldat Nationaliste, Lin-Tsu regarda autour de lui en un rapide tour d'horizon. Le bruit de la bataille décroissait rapidement, tout en s'éloignant vers l'Est. Quoique bien retranchée, la division KMT n'avait pu résister plus de 2 heures. Broyée comme une coquille d'oeuf, elle faisait maintenant retraite vers l'Est. La journée était Rouge.
Deux jours plus tard, la Di'10 Jun et la 2ème Fangmianjun entraient dans la capitale de province.
"Ne tapotez pas. Ecrasez!" (Guderian)