AAR Dauphiné / France
Le Dauphin Charles, « Le Petit Roy de Bourges »
La guerre d’Henri V dans le Dauphiné ( 1419 - 1422 )
Janvier 1419, encore une fois l’hiver a été rude pour le Dauphiné. En ce jour de l’An, Charles avait décidé de tenir conseil à Bourges. Le Dauphin avait ressemant quémandé les services d’un breton, le Baron de Kerpezdron, descendant de chevaliers. L’analyse de la situation se fit vite :
« Sire nous sommes en guerre contre les anglois. Votre père vous a écarté du trône. Henri de Lancastre s’est lancé en quête de la royauté, et il n’y a que le perfide bourguignon pour l’en empêcher. Sur le plan intérieur, notre infrastructure est minable, notre trésor ridicule, comment donc allons gagner une guerre sans argent. Le duc de Bourbon, votre cousin possède de larges apanages (en vert sur la carte), ainsi que Charles d’Orléans votre autre cousin (en violet). Le reste est votre possession personnelle (en bleu). Sur le plan militaire, nous pouvons aligné 5000 hommes d’armes et 2000 chevaux ce qui est trop peu. L’anglois possède en Gascogne rien moins que 16 000 hommes. Voila ce que je préconise : tenir bon face a l’anglois, renforcer notre baillage pour faire rentrer les impôts, et trouver des alliés. Ensuite nous serons assez fort pour avoir un poids quelconque face a Henri de Lancastre ou Jean de Valois-Bourgogne. »
Le Dauphin promulgua des édits. Il fallait accroître l’effort de guerre. L’infrastructure se taillait la part du lion, suivit par l’armée. La marine n’eu rien.
Quelque jour après, on appris qu’Alfons V le Magnanime s’alliait avec Henri de Lancastre. Même si le Roy d’Aragon nous assurait de sa neutralité tout cela était de très mauvaise augure. En janvier l’armée partie pour le Poitou, il fallait empêcher Bedford, le général anglois de prendre pied de l’autre coté de la Garonne. Mais il envahit la Gascogne et mit le siège devant Toulouse. Choiseul, notre général décida alors d’envahir la Guyenne. En avril, le duché de Savoie d’Amédée VIII le Paisible rejoint notre alliance, alors que le Navarre rejoignait celle de l’Aragon. Apres avoir vaincu les troupes inexpérimentées devant Bordeaux, on mettait le siège devant la ville. Hélas nous étions trop affaiblis et les anglois nous délogèrent peu après avec seulement 3000 hommes d’armes. En juillet nous étions encore sous Bordeaux, alors que Bedford remontait vers le nord en ravageant et pillant sur son passage. Le duc d’Albret, Jean Ier, nous rejoignit dans la guerre peut après.
La situation du Royaume était très grave. Coupé en deux, entre bourguignons et armagnacs, avec en prime Henri V et ses 50 000 anglois qui envahissaient et ravageaient le pays. Une situation exceptionnelle, suffisante pour que Jean sans Peur et Charles le Dauphin décident de se rencontrer diplomatiquement au pont de Monterau. Rhyan de Kerpezdron avait convaincu Charles que si le duc de Bourgogne ne reconnaissait pas le Dauphin comme successeur de son père, il faudrait le tuer. Le plan de Jean était d’établir Charles après la mort du fol et vaincre les anglois, il garderait ainsi une tutelle sur le royaume et pourrait même prétendre à la couronne. Il fut donc tué a coup de hache. Les conséquences de cet acte irréfléchi n’allait pas tarder à venir. Pour l’instant Charles avait accrut sa légitimité et son pouvoir. Maintenant la victoire sera totale ou ne sera pas.

Ici on peut voir Jean sans Peur quelques mois avant sa mort
A la Noël, les anglois fêtaient leur prise du Mans, alors que Bordeaux tenait toujours. Il était évident que Henri de Lancastre était un maître en stratégie. En mai 1420, Bedford redescendit avec 16 000 hommes. Enfin en juin, Bordeaux tomba, la victoire était notre. L’armée se dirigea vers l’Anjou pour la reprendre. Mais Louis III d’Anjou conclu une paix séparée en sa défaveur (92 ducats a payer, soit 3 fois notre réserve en or, riche Louis d’Anjou), libre a lui, ça nous arrange. Bedford atteignit l’Albret et mit le siège devant Pau. Mais en janvier 1421, Bedford fut rappelé dans le nord. Effectivement cela avait l’air de mal se passer. Les bourguignons jouant un double jeu risqué avaient levé 15 000 hommes en Champagne.
On eu alors une heureuse surprise. Jacques Ier Stuart, Roy d’Ecosse était retenus prisonnier par Henri V de Lancastre. Murdoch Stuart, son frère dirigeait le royaume en son absence. Depuis longtemps la France aidait l’Ecosse contre les anglois. Murdoch avait compris qu’une victoire de l’Angleterre n’était pas souhaitable. En tout logique il venait d’envoyer son meilleur général en France pour nous aider, Earl de Buchan avec ses 7000 hommes d’armes. Notre armée comptait à présent 10 000 hommes et 2 000 chevaux, l’offensive pouvait reprendre.
En septembre 21 avait lieu la première victoire sérieuse de notre armée en Vendée contre la cavalerie angloise. En octobre, Warwick et son armée de 14 000 hommes était défaite elle aussi à la bataille de la Porte de la vallée du Lay. Le 17 du même mois, Murdoch Stuart nous rejoignait dans la guerre contre la perfide Albion. En décembre, première bataille navale et victoire pour nous. Le moral de Charles était au beau fixe. La victoire allait peut être changer de camp.
En mars de l’an de grâce 1422, Earl de Buchan délogeait les 4000 anglois en Guyenne, encore une victoire. Pourtant Henri ne restait pas inactif, il devait se couvrir face aux écossais et avait visiblement changer de plans : vaincre le Roy de France Charles VI le plus vite possible. Effectivement 40 000 anglois assiégeaient Orléans en mai, un host énorme, si proche de Bourges.
Le 2 septembre, la nouvelle tomba, Henri V de Lancastre venait de mourir, la volonté divine était la. Comme si cette nouvelle n’était pas assez bonne, on savait que son fils Henri VI était un sombre abruti. Maintenant personne de compétent ne semblait être en mesure de commander l’armée angloise, alors que nous nous avions Earl de Buchan. Rhyan de Kerpezdron proposa alors un plan d’une folle audace : porter la guerre chez l’ennemi, aller en Angloiterre, faire ce que Charles V lui-même n’avait pas fait. Earl l’écossais fut pour bien sur, mais ce n’était pas l’avis de tous les généraux françois. Le plan fut approuvé, le baron Rhyan jouait la sa place.
Le plan n’eu pas hélas le temps de se préparer, Henri VI acceptait nos pourparlers de paix. Il est évident que ce roy minable venait de comprendre qu’il ne pourrait pas gagner contre tout le monde. Voici un court résumé du traité :
« Par la grâce de Dieu, et empreins d’une volonté indéfectible de paix, Henri VI de Plantagenêt, Roy d’Angloiterre et des Galles, Roy d’Irlande, et duc de Normandie, et le Dauphin Charles de Valois ont décider d’arrêter les hostilités dans les conditions de ces termes suivants :
1 – Le Roy d’Angloiterre reconnais l’occupation du Domaine Royal de France au sud de la Loire par le Dauphin Charles fils du Roy Charles VI de Valois.
2 – Le Dauphin reconnais l’occupation du Domaine Royal de France au nord de la Loire par le Roy d’Angloiterre.
3 – Le Dauphin rend au Roy d’Angloiterre Bordeaux et la Gascogne.
4 – Le Roy d’Angloiterre donnera à la coalition du Dauphiné la somme de 50 ducats pour indemnité de guerre. »
Comme on peut le voir, les 2 premiers articles consacrent une ligne de démarcation entre Armagnacs et Anglois. C’est une très grande concession de la part du Dauphin, mais aussi de Henri VI qui finalement reconnaît Charles comme potentiel héritier. Ceci est surtout motivé par le fait que le Dauphiné n’a pas les moyens de soutenir une guerre et qu’il faut vite renforcer l’Etat Royal - sans Roy cela dit.
En octobre de l'an de grâce 1422, Charles VI dit le fol mourut…seul. Cela allait donc ouvrir une grave crise de succession entre Henri VI et Philippe le Bon….