La mameloukisation du monde
écrit par l'historien Djop Big'o sur la base d'archives inédites découvertes lors du déménagement du temple d'Abou Simbel
Les premières guerres du nord
En 1419, le sultanat est grand mais le sultanat est faible.
L’armée et la marine sont incompétentes, les diplomates inexistants. Les marchands ne peuvent même pas s’implanter dans le centre de commerce d’Alexandrie…
Malgré tout le sultan de l’époque (l’histoire a oublié son nom) a de l’ambition et notamment des prétentions territoriales sur la province de Nuyssaybin appartenant à Ak Koyunlu mais depuis toujours revendiquée par le sultanat.
Cependant, impossible de déclarer une guerre sans diplomates. Dans le sultanat, il n’y a malheureusement pas un seul citoyen disposant des qualités requises ?
Les troupes sont déjà massées aux frontières du nord et pourtant il faut attendre.
A peine formé, notre premier diplomate est envoyé vers Ak Koyunlu et la guerre est déclarée le 7 avril 1420.
Deux bataillons de 20000 soldats chacun déboulent chez l’ennemi, l’un assiège Nuyssaybin et l’autre Syvas l’unique province du Dulkadir, allié d’Ak Koyunlu.
En 1420, les victoires s’enchaînent pour les Egyptiens malgré une révolte des paysans libanais qui pousse le sultan à ramener au pays une partie de ses troupes.
Mais l’an 1421 démarre on ne peut plus mal, le vieux sultan décède subitement et sans descendance. Son cousin un crétin sénile (c’était l’époque de la consanguinité) nommé Muhammad I lui succède. Ce changement à la tête du pays aura deux types de conséquences. Diplomatiques tout d’abord, puisque le Hedjaz rompt sa vassalisation le 8 février et militaires ensuite puisque le bon Muhammad est tout sauf un soldat. Et au printemps, nos armées sont délogée de Nuyssaybin juste après avoir envahie la ville
Toutefois tout n’est pas complètement noir car Syvas est sur le point de tomber. Et le 23 juin, les derniers bastions de résistance cèdent, la ville est prise.
Malgré cette nette défaite Ak Koyunlu refuse de laisser la province de Nyussaybin au sultanat. Muhammad, furieux, décide alors d’annexer le dulkadir, se faisant de nombreux ennemis chez les sunnites et il envoie le reste de ses troupes sur les deux autres provinces de l’ennemi : le Kurdistan et l’Arménie qui sont sans garnison.
Lorsque le 27 octobre un diplomate se présente à la cour, le sultan pense que son voisin est enfin revenu à la raison. Il se trompe. L’émissaire vient du nord certes, mais il est arrivé par bateau de l’île de Chypre. Il propose au sultan de s’allier dans la guerre que son peuple mène avec les chevaliers de Malte contre ceux qu’il nomme les infidèles du Karaman. Le sultan qui n’est pas contre une petite extension au nord s’engage aux côtés des chrétiens. Un nouveau front est ouvert.
Aux débuts de 1422 alors que les nouvelles recrues s’apprêtent à pénétrer sur les territoires du Karaman, un message du nouveau sultan Barsbay leur parvient :
Vaillants soldats, partez confiants dans votre entreprise de conquête, la paix vient d’être signée avec Ak Koyunlu et je vous envoie en renforts les armées qui assiégeaient l’Arménie et le Kurdistan.
En effet, le 25 janvier avait été signée au Caire l’armistice au cours de laquelle le sultan reçut des mains du kurde 250 ducats. « Il était préférable d’empocher cette somme rondelette plutôt que de continuer à guerroyer sur deux fronts », dira le sultan. « De toute façon, je retournerai à Nuyssaybin », ajoutera-t-il.
Au cours de l’année 1422, les combats entre les deux camps seront équilibrés jusqu’à l’arrivée tant attendue des renforts venus de l’est. En décembre, Adana et le Taurus sont assiégés.
En 1423, des combats contre des assaillants venant de Konya retardent la prise des deux provinces côtières et ce malgré l’aide de nos alliés insulaires
C’est en 1424 que les efforts des soldats vont payer : Adana tombe le 22 mars et Taurus, la capitale le 26 avril.
Le sultan, venu au front féliciter ses hommes, continue à les motiver : « Je veux une victoire totale. Tous à Konya ! »
Malheureusement ses rêves de vassalisation sont détruits, quand, en 1425, l’allié chypriote signe la paix avec le Karaman pour 32 petits ducats et la province orthodoxe d’Adana.





